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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 00:36

Actes sud, 2005, 365 pages

Le sens de « folly » est plus proche de loufoquerie, délire fantaisiste, divagation, que de démence et aliénation mentale.

Le récit débute par « je cherchais un endroit tranquille où mourir » et la suite dément immédiatement cette affirmation. Nathan convalescent presque remis d’une maladie grave, ne cherche qu’à vivre et ne veut surtout pas de tranquillité. Installé dans un appartement à Brooklyn, il rencontre par hasard, son neveu Tom, qu’il a perdu de vue, et qui travaille à présent dans une librairie à vendre des occasions et des éditions rares et anciennes. Ce neveu, étudiant brillant, a dû abandonner sa thèse de littérature, pour gagner sa vie. Tom a pour patron Harry, dont il raconte aussitôt à Tom le passé plutôt mouvementé. Autour de Tom gravite aussi la figure d’Aurore sa sœur, dont la vie est également très agitée, et dont il a momentanément perdu la trace. Nathan de son côté cherche à renouer avec sa fille : ils se sont brouillés bêtement.

Grâce à ces personnages qu’il suit de près, et dont il partage les multiples aventures, Nathan commence à écrire un livre « de la folie humaine » fourmillant d’histoires tristes et drôles, de coups du destin relançant tout le temps l’action. Il recherche avant tout la fantaisie, la joie de vivre pleinement, le mouvement perpétuel qui entraîne les protagonistes d’aventures en aventures, non sans ponctuer ses histoires de réflexions, voire de sentences.

On a un récit aimable, bavard, triste et gai, quelquefois agaçant, quelquefois très bon.

Le maître mot de ces histoires est qu’il faut pouvoir jouir de l’instant présent comme s’il était le dernier ; « assez étrangement, je n’avais pas peur ; la crise m’avait transporté ailleurs, dans une région où les questions de vie et de mort étaient sans importance. Il suffisait d’accepter. Vous preniez simplement ce qu’on vous donnait, et ce qu’on me donnait ce soir –là, c’était la mort –j’étais prêt à l’accepter ».

En dépit de passages irritants, semblables à des anecdotes un peu faciles, l’humour et la fantaisie de l’auteur emportent l’adhésion.

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Manu 08/02/2014 20:24

Pareil que Keisha, pas mon préféré mais c'est un de ses romans les plus accessibles.

dasola 28/01/2014 12:24

Bonjour Dominique, pas lu ce roman ci, mais tu donnes envie car je n'ai pas souvenir que Paul Auster fasse beaucoup dans la fantaisie. A lire ton résumé, tu me tentes bien. Bonne journée.

dominique 28/01/2014 15:08

Celui-là je l'ai trouvé relativement optimiste. On s'efforce d'y être heureux autant que possible, et on y parvient de temps à autre. C'est le sujet du roman, en fait.

keisha 25/01/2014 06:00

Un des Paul Auster les plus aisés à lire, à part de son univers, je pense. Mais j'ai aimé quand même!

dominique 26/01/2014 09:39

je l'ai trouvé plus récréatif que d'ordinaire, mais pas franchement éloigné de son univers, ni même de sa façon de raconter.

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