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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:43

Gallimard, 2014, 326 pages.

Jeune employé au bureau de l’information, Thomas Foley est envoyé à l’exposition universelle de 1958 à Bruxelles, représenter la Grande Bretagne en contrôlant un pub le » Britannia ».

Habitué à du travail de bureau sans intérêt, Thomas est enchanté de l’aubaine, bien que cette embauche ne soit vraiment pas une promotion. Son univers étriqué pèse à ce gratte-papier. Marié à Sylvia, femme au foyer, essentiellement occupée du bébé qu’ils ont eu et des travaux domestiques, il s’ennuie ferme à Tooting dans la banlieue londonienne.

Il rêve de l’Atomium cet engin nouvellement construit qui semble cristalliser tous ses rêves d’aventure.

Avant de partir, Thomas est approché par deux messieurs qui lui posent des questions, sur ses opinions politiques, et sa conformité aux normes socioculturelles en vigueur. Le lecteur voit bien que ce sont des agents du renseignement mais pas Thomas, ce qui rend la chose comique.

Une fois à Bruxelles, il rencontre un Russe qui se prétend journaliste, et rencontre un compatriote, Tony, qui s’occupe de présenter une machine « Zeta » qui doit servir à fabriquer de l’énergie thermonucléaire à des fins domestiques. On place beaucoup d’espoir dans ces recherches ( qui n’ont jamais rien donné d’intéressant à l’heure actuelle). On s’inquiète vaguement des problèmes de santé que pourrait présenter les gros fumeurs. On vante les qualités d’une nouvelle pâte dentifrice « à rayure ». Dix ans plus tard l’hexachlorophène (bactéricide contenu dans les fameuses rayures) sera interdit à l’occasion de l’affaire du talc Morhange.

Au cours d’un pique-nique, on lira l’article d’un journaliste russe décrivant la vie sur terre en 2058, cent ans plus tard ! Article qui vaut son pesant d’or…

On respire une odeur d’optimisme et de foi dans le progrès qui contraste fortement avec la période actuelle où pratiquement toutes les substances (alimentaires, pharmaceutiques, domestiques, industrielles) sont suspectes ou dénoncés comme nuisibles.

On se rend compte que l’on vit une drôle d’époque. A moins que ce ne soit les années 50 qui sonnent bizarres ?

Heureux quoique souvent pris pour sous-fifre, Thomas n’a plus envie de retourner chez lui.

Ce roman ne m’a pas tellement plu. Le personnage de Thomas est un peu trop simple, et il ne lui arrive rien de palpitant. Coe nous habitué à davantage d’intrigues enlevées, de rebondissements et d’histoires cocasses.

En tant qu’espion malgré lui, il ne joue qu’un rôle très subalterne. Ses problèmes conjugaux n’évoluent pas, ses amourettes restent superficielles. Coe a voulu photographier une partie de la société de 1958, sa foi en l’avenir, ses idées toutes faites. C’est pas mal mais loin d’être aussi fouillé que par exemple « Testament à l’anglaise » pour les années Thatcher. Il y a aussi des situations comiques assez nombreuses mais toutes ne font pas mouche. Le meilleur curieusement c’est le très beau commentaire du morceau d’Arthur Honegger, Pastorale d’été, entendu dans un concert. Dans le détail, j’ai lu beaucoup de bons petits passages mais l’ensemble n’a pas réussi à m’intéresser vraiment. J’ai nettement préféré les deux précédents ( la Vie de Mr Sim et La Pluie avant qu’elle tombe).

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Manu 13/04/2014 20:07

Tu n'es pas la seule qui semble déçue par ce roman. Heureusement, j'ai encore La vie de Mr Sim dans ma PAL :-)

dominique 14/04/2014 14:37

Il y a de bons passages, mais dans l'ensemble je n'y retrouve pas mon Coe préféré!

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