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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 00:59
Zadie Smith De la beauté

Gallimard, 2007, 544 pages.

Howard Belsey professeur d’histoire de l’art à Wellington, Massachusetts ; s’attaque à des idées préconçues telle que le génie, l’humanisme, l’idée du beau, en prenant pour exemple Rembrandt dont il veut prouver qu’il n’est qu’un artisan appliqué au service du pouvoir en place. Et rien de plus. Howard a un idéal sévère exempt de toute joie : il combat la figuration en peinture, et de manière générale tout ce qui pourrait donner du plaisir, dans l’art.

Ses théories ont rendu l’atmosphère de la maison quelque peu étouffante. Son fils aîné Jerome s’est même tourné vers le catholicisme ! Il a fait un stage en Angleterre chez Mrs Kipps autre professeur d’université psychorigide, mais celui-là défendant des idées ultraconservatrices. Les deux enseignants se ressemblent dans leurs intransigeances, c’est pour cela qu’ils sont ennemis.

Jerome revient chez lui, malheureux, la fille de Kipps Victoria l’ayant séduit et lâché aussitôt.

Un an plus tard, Kipps déménage à Wellington, pour y enseigner ! Howard et Kipps vont se quereller encore davantage.

En outre, rien ne va plus dans la famille Belsey. Howard a été infidèle à Kiki sa femme, et ils vivent ensemble sans se parler.

Kiki, infirmière sympathise avec Carlene la femme de Kipps : cette personne , femme au foyer, agrippée à des idées démodées, lui semble malade et toujours seule, les siens menant leur vie sans elle…

Pour compléter, j’ajouterai que nous suivrons aussi les trajectoires des enfants Belsey, Zora l’étudiante brillante, Levi le cadet passionné de rap et de slam, Vitoria la fille Kipps qui joue les femmes fatales, Claire, professeur de poésie, Carl un orphelin autodidacte… tous ces personnages sont noirs ou métis, donc en proie à la discrimination raciale ( sauf Howard et Claire qui sont blancs).

Le roman est à la fois psychologique et social, la critique s’exerce sur les universitaires, qui, à partir d’observations pertinentes, fabriquent des idéologies absurdes et mortifères, et dont le sérieux n’empêche pas de tomber dans les bras de la première étudiante bien roulée qui leur fait du charme. L’enseignante de poésie n’est pas épargnée elle non plus, dont on cite des vers ridicules ; tout cela a petit côté David Lodge, et l’auteure très douée pour la satire n’a rien à lui envier. Par ailleurs, le récit a aussi des résonances dramatiques très bien mises en scène.

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans
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commentaires

Sibylline 16/01/2016 09:42

Moi aussi j'ai fait le parallèle avec Lodge mais pour dire qu'ici, on était bien au-dessus. Et moi aussi, je trouve ce roman extrêmement bien fait, bien vu, bien écrit etc. Excellent

Dominique Poursin 22/01/2016 19:07

je ne sais pas si c'est bien au-dessus! c'est différent, leurs buts ne sont pas les mêmes...

keisha 15/01/2016 10:01

Une auteur vraiment intéressante, j'avais lu Sourires de loup et récemment des essais (que je recommande)

Dominique Poursin 22/01/2016 19:08

Je ne l'ai pas trouvé en bibliothèque. Je l'achèterai en poche, un de ces jours...

keisha 16/01/2016 15:49

Sourires a été lu au siècle dernier, bien avant le blog!

Sibylline 16/01/2016 09:39

Hello ;-)
Je n'ai pas trouvé ton commentaire de "Sourires..."

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