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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 14:25

Trois livres que j'ai eu honte d'abandonner car ils sont de grande qualité...

Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice

POL, 2015 .

Abandon au milieu du livre.

A partir d’un chagrin d’amour, une femme se plonge dans les œuvres de Racine pour s’occuper.

Bientôt la vie et la formation culturelle du dramaturge lui fournit le dérivatif voulu. Elle va nous raconter Racine à la 3me personne, son éducation à Port Royal, son érudition précoce et exceptionnelle, son apprentissage ( cinq langues dont l’italien et l’espagnol en plus du latin et du grec !) ses livres défendus, son maître qui lui interdit les livres d’amour ( et se nomme… Lancelot !) le médecin Hamon, d’autres amis plus mondains qui l’introduisent à la cour, sa rencontre avec les auteurs de son temps, leurs échanges ( entre Baroque et Classicisme) comment il a lu imité et suivi les dramaturges ses aînés ( Molière, Corneille) , et comment il l’est devenu lui-même : tout un programme bien développé, et qui devrait être passionnant pour une littéraire, qui aime Racine et relit une pièce de temps à autre…

pourquoi donc m’ennuyai -je à ce point et décidai -je d’arrêter ?

Nicolas Mathieu Aux animaux la guerre

Babel Noir

Abandon au terme d'une centaine de pages.

Un roman qui ressemble à Didier Daeninkcx : la vie des gens, ( ici dans les Vosges), étude de mœurs : petits délinquants au chômage, ancien de l’OAS qui finit sa vie , sa fille et sa petite fille recluses elles aussi, et leurs réactions, une inspectrice du travail Rita, et ses journées bien remplies, une jeune fille en fuite qu’elle récupère et héberge, probablement une prostituée…

tous ces gens sont intéressants, mais l’ennui prime, car J' attends du divertissement d’un polar, et on n’a pas cela ici.

Marie N’Diaye Ladivine ***

Gallimard, 2013, 403 pages.

Abandon, page 300.

Malinka a honte de sa mère , femme de ménage, et noire. Elle s’exaspère aussi que sa mère fasse semblant d’attendre que le père de Malinka revienne.

Tôt Malinka quitte sa mère « la servante » pour devenir serveuse dans un restaurant en province ( Bordeaux). Elle l’évite, puis accepte de la voir tous les mois à date fixe, mais ne lui dit rien de sa vie. Elle a changé de nom, s’appelle désormais Clarisse et va épouser Richard Rivière qui vend des voitures. Curieusement, bien qu’on nous dise qu’elle est mariée, Richard ne sait pas qu’elle s’appelle Malinka ! Elle n’a tout de même pas pu changer de nom à l’état civil… ???

Ils ont une fille, Ladivine, et là encore la mère de Malinka ne sait rien, et Clarisse –Malinka a prétendu que ses parents étaient morts.

Mais bientôt, la malédiction s’abat sur Malinka et une partie de se descendance ; Richard la quitte, elle recueille un sans-logis, qui se révèle assassin, son beau-père se fait dévorer par un chien, et Ladivine qui s’est mariée et établie à Berlin connaît elle aussi un sort funeste : perdue avec mari et enfants dans un pays étranger ( celui dont vient Malinka, non nommé) elle disparaît ; lors du difficile retour à Berlin, sa fille Annika considère qu’elle s’est métamorphosée en chien ; ce grand chien qui apparaît souvent dans le récit. Or Ladivine s’est mariée ave un homme qui s’appelle Berger et qui est allemand ( l’allusion est plutôt grossière ???). la façon dont les noms sont distribués avec des sous-entendus trop évidents ( aussi Ladivine pour Ludivine ?? ) me laisse bien songeuse.

Une lecture éprouvante ; les êtres y sont toujours malheureux, effrayés angoissés, ils font semblant d’avoir une vie de famille normale, et le malheur leur retombe dessus, une atmosphère fantastique et des événements surnaturels font irruption ; le malaise, l’effroi, la peur, de brefs moments d’allégresse aussitôt démentis sont présents tout le temps dans le récit dans les petits détails réalistes, notamment ( ces belles sandales dorées avec des talons de pied jaunâtres et crevassés dedans, que regrette Ladivine, la fille).

Le titre désigne la grand-mère aussi bien que la petite fille : elles ne sauront jamais rien l’une de l’autre d’ailleurs. Le fait que Malinka ait rejeté et tu sa mère et son ascendance rejaillit sur la lignée comme une vengeance … divine ?

Par ailleurs, la façon qu’a l’auteur de montrer comment et à quel point les êtres se mentent à eux-mêmes est très réussie.

Abandons de lecture 6

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Published by Dominique Poursin - dans Abandon de lectures
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commentaires

Tania 04/09/2016 15:47

En résumé, la divine n'aimait pas faire la guerre aux animaux ?
En guise de plaisanterie - cela arrive et cela surprend toujours quand tant d'autres ont aimé un livre qui ne nous parle pas.

Dominique Poursin 04/09/2016 18:47

Il s'agit surtout de " Titus n'aimait pas Bérénice" que beaucoup de lecteurs ont appréciés. Et moi, non!
Quant aux deux autres ils sont très intéressants mais je n'ai pas accroché non plus. Pour Ladivine j'ai failli aller jusqu'au bout... Je vais tout de même lui faire une place dans l'index.

dasola 03/09/2016 18:08

Bonjour Dominique, les abandons de lectures sont souvent frustrantes mais compréhensibles. Le premier pas lu même si je n'ai lu et entendu que du bien. Le deuxième m'attend dans ma PAL, tu me refroidis. Le troisième ne me parle pas. Je trouve intéressant ce genre de billets. Bonne après-midi.

Dominique Poursin 04/09/2016 18:51

J'aime bien parler de ce que je n'ai pas réussi à lire en entier , ( et que je sais ne pas vouloir reprendre) pourvu que j'aie été assez loin dans la lecture , de façon à avoir un ressenti.

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