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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 17:56

Actes Sud, 2019,306 pages.

A l’été 1930, sur l’île Blanche, la plus reculée de l’archipel du Svalbard, une exceptionnelle fonte des glaces dévoile des corps et les restes d’un campement de fortune. Ainsi se résout un mystère en suspens depuis trente-trois ans : en 1897, Salomon August Andrée, Knut Fränkel, et Nils Strindberg s’élevaient dans les airs, déterminés à atteindre le pôle Nord en ballon à hydrogène – et disparaissaient. Parmi les vestiges, on exhume des rouleaux de pellicule abîmés qui vont tout de même devenir des images assez nettes.

A partir de ces photographies au noir et blanc lunaire  et du journal de bord de l’’expédition, Hélène Gaudy imagine l grande aventure d’un envol et d’une errance. Ces trois hommes seuls sur la banquise , très moyennement préparés, ballotés par un paysage  mobile, tenaillés jusqu’à l’absurde par la joie de la découverte et l’ambition de la postérité , incarnent l’insatiable curiosité humaine qui pousse à découvrir, parcourir, circonscrire, et finalement rétrécir le monde.

(Présentation des éditeurs)

En trois parties  et un certains nombre de chapitres titrés l’auteur imagine la chute du ballon surt la banquise et la dérive (elle durera environ trois mois de juillet à octobre ) des trois aventuriers : c’est Andrée le plus âgé qui a initié le périple , les deux autres sont encore des jeunes gens ; l’un d’entre eux, Nils est assistant à l’université des sciences, Fraenkel  technicien et Andrée ingénieur. Nils a une fiancée qui ne le reverra pas, et sur le destin de qui l’auteur s’attarde de façon un peu longuette.

Les trois hommes attendent prés de Tromsø, en Norvège, qui le vent du sud soit suffisant pour s’envoler. Le ballon est  gonflé à l’hydrogène ( ce n’est pas une montgolfière ) il n’est pas ce qu’on appelle «  un dirigeable «  bien que Andrée prétende le contraire ;  il n’est pas non plus tout neuf , il est parsemé de petits trous et il faut le regonfler fréquemment ; d’autres ont  refusé de partir avec Andrée, le voyage leur a paru trop aléatoire.  Les trois aventuriers ont attendu trois mois –tout le printemps – que le vent du sud se mette à souffler suffisamment ! 

A peine partis, au bout de  deux-trois jours, ils s’échouent sur la banquise, et vont y passer l’été à dériver, jusqu’en septembre en marchant ( mais la dérive les ramène vers le sud) et  dormant sous une tente lorsque la fatigue se fait sentir. Ils chassent l’ours, et le phoque en priorité et s’en nourrissent.  Arrivés à l’automne arctique ( très court ) ils se sont posés et ont commencé à construire un igloo : cette construction s’est  brisée lorsque la glace s’est rompue et les trois hommes ont gagné l’île Blanche tout près – une vraie île, mais inhospitalière.  Les dernières lignes écrites par Andrée dans son journal datent du début octobre. 

A la découverte des corps, on constate que Nils est mort le premier ( ils lui ont fait une tombe de fortune). On ne sait pas de quoi ils sont morts. Les photos que prenait Nils ont été développées, sont intéressantes : l’auteur montre qu’ils y posent pour la postérité. Les journaux de bord sont enthousiastes, plus que ne devrait l’être ce périple sans fin, où les explorateurs sinistrés ( le ballon s’est échoué et ils ont dû l’abandonner ) dérivent plus qu’ils n’avancent et ne savent où ça les emmène…  Cependant ils ont des vivres en abondance, ils chassent, un équipement, de quoi  cuire les aliments, des tentes, des traîneaux , des vêtements (pas assez chauds), et des boissons fortes ainsi que de l’opium et de la morphine…on aura l’impression qu’ils sont presque tout le temps shootés, et que c’est là une façon de survivre…

L’auteur ne se borne pas à raconter le périple des trois hommes, elle évoque d’autres expéditions polaires ou non qui se sont plus ou moins bien terminées : celle de Shackleton et ses marins,   Celle de Nanson et  Johansson, dans un autre bateau, qui furent secourus par miracle après un hiver passé dans un igloo…  celle de Crowhurst ( le faux tour du monde en solitaire et le probable suicide du navigateur, je la connaissais  ), celle de l’homme qui s’était fabriqué des ailes et se lança de la tour Eiffel ( c’est la plus courte, et la plus navrante !) .

On s’attache à l’histoire imaginée par l’auteur , au périple des trois hommes, entrecoupés d’autres expéditions. Le récit est bien mené. Il est un peu long, car certaines expéditions narrées en plus (autre que celles que j’ai citées) ne sont pas passionnantes.   Dans l’ensemble le nombre des bonnes pages l’emporte.  L’essai de l’auteur à nous faire partager ce que l’on ressent à dériver sans cesse sur la banquise en marchant sans fin sous le soleil de minuit est réussi.

Le nombre de romans qui se déroulent sur la banquise, témoigne de l’inquiétude des populations à qui les medias rabâchent quotidiennement que le pôle Nord est fichu, qu’il fond à une vitesse déconcertante… on connaît la chanson ! Cela nous vaut quelques récits assez bien menés

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