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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 00:41
LUmi--re-d-a----t.jpgLumière d’Août : retour à Faulkner.
1ere publication : 1932.
 

Le titre : Light In August : mot qui désigne des lueurs d’incendie, un incendie criminel, de fortes chaleurs étouffantes, et le moment où la colère s’embrase.

Titre de dérision car il s’agit davantage ici des ténèbres d’obscurité, et de feu d'enfer, que de lumière.


La lumière aveuglante et éclatante d’août met en relief les ténèbres de la pensée et de la vie humaine.

 

Léna Grove, 18 ans qui vient d’Alabama, arrive à Jefferson, Mississipi, enceinte de huit mois, pour y chercher le père du bébé, un certain Joe Brown, qui travaille à la scierie.

Elle y rencontre un ouvrier, Byron Bunch, qui l’héberge, et lui tait que l’homme qu’elle recherche s’appelle Lucas Burch et qu’il fricote avec Joey Christmas, métis marginal qui a travaillé trois ans à la scierie et s’y faisait remarquer. Tous deux ont quitté leur emploi, font du marché noir et pis encore.

 

Ce même jour, Joey Christmas, 33 ans, métis, orphelin, vient de quitter la maison de Miss Joana Burden, femme de 40 ans, abolitionniste militante, avec qui il vivait depuis deux ans.

Les deux amants avaient des relations tumultueuses, souvent violentes. Joana, trop tôt ménopausée, déprimée, prenait du plaisir avec Joey et ne le supportait pas. Lui non plus.

Elle avait voulu l’aider à se reconnaître comme noir  : mais Joey, qui est métis, hait son sang "noir "autant  que son sang "blanc".
Joana Burden a été étranglée, sans doute par Joey.

Il a fui.

Lucas Burch présent dans la maison de Miss Burden, et sachant ce qui est arrivé, y allume un incendie pour attirer l’attention sur la maison, faire découvrir le corps, et toucher une prime pour avoir livré l’assassin.


Pendant trois semaines Joey se cache, effectue de multiples déplacements jusqu’à Mottstown, où vivent ses deux grands-parents, les Hines, qu’il ne connaît pas.
Mr. Hines, raciste fou et hanté par l’obsession du Mal a autrefois tué le père de Joey, un forain, et Milly, sa mère, n’a pas survécu à l’accouchement.

Hines veut inciter la foule à lyncher ce petit fils maudit, qu’il avait déposé, bébé, à la porte d’une église trente trois ans plus tôt et qui a erré d’orphelinat en famille d’accueil, de Memphis à Jefferson en passant par l’Oklahoma, le Missouri… toujours chassé et persuadé d’être damné.

Mrs Hines, terrifiée par son époux, veut  tout de même sauver le fugitif. Elle s’adresse au prêtre.
Le révérend Hightower, rongé par un passé problématique (femme adultère, grand-père tué pendant la guerre alors qu’il poursuivait un poulet), marginalisé par la communauté, cache Joey, puis reçoit Léna, envoyé par Bunch, sans rien pouvoir faire de significatif pour eux.


Le fugitif est libéré par Mrs Hines.

Léna vient chez elle, conduite par Hightower, pour y accoucher de son bébé.

la vieille femme perd la raison confond Lena avec Milly sa fille, et le bébé avec Joey. Elle revit le traumatisme de la naissance de Joe ( emporté par son époux) et de la mort de Milly.

Le révérend tente d’aider Léna,  effrayée, aux prises avec une histoire dont elle ne sait rien, et qu'elle ne peut comprendre.

Mr. Hines, aidé par quelques amis racistes, sérieusement allumés, réussit à faire lyncher Joey par la foule. Joey meurt, tué par un militant d’extrême droite.


Léna et Byron Bunch se font prendre en stop dans un camion avec le bébé, par un marchand de meubles ; ils vont vers le Tennessee...


Je ne m'attendais pas à ce que que ces personnages restent en vie! je suis presque contente, malgré le pessismisme de ce roman. Pesssimisme qui n'est absolument pas exagéré, par ailleurs.

Si j'ai raconté l'histoire plutôt que de la commenter, c'est pour mettre de l'ordre. Je n'étais pas toujours bien sûre, au fil de la lecture,  de qui avait fait quoi et  quand... maintenant, oui.


C’est un roman très puissant et lourd de tous les travers des peuples : racisme, haine de soi comme de l’autre, jusqu’au crime, culpabilité étouffante, impossibilité de sublimation, solitude extrême de tous les personnages.

Un ouvrage à relire plusieurs fois. Je l'avais emprunté en bibliothèque mais je vais l'acheter.

J'ai aimé aussi " Sanctuaire" mais je le trouve moins bon... quant au "Bruit et la fureur, je suis carrément passée à côté".

Je pense que mon prochain Faulkner sera " Tandis que j'agonise" : il existe en poche dans la collection "lire en anglais" ce qui est appréciable.


24 aout 08 : cet article atteint cent visiteurs. Mais sans un seul commentaire! il ne s'agit donc que de simples clics?

Je crois que Google a envoyé des internautes sur cet article pour une émission de radio ou de télé qui porte le même titre ( Lumière d'Août) c'est malin!

 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Maël 06/07/2013 10:41

Bonjour, j'aime beaucoup votre blog. Les impressions de lectures que vous partagez sont réjouissantes et fort agréables à lire après l'effort de la lecture d'un roman. Je dois dire que j'aime énormément Faulkner, selon moi l'un des plus grands auteurs contemporains qui a révolutionné la littérature, doué d'une force d'écriture et d'une inventivité extrême... Ma sœur m'avait conseillé de le lire, car c'est aussi un de ses auteurs favoris. J'ai commencé par "Le Bruit et la fureur", et j'ai tout de suite accroché à ce roman magnifique, symphonie du désordre et du chaos si brillamment orchestrée, au recours magnifique et si poétique au "flux de conscience" dans les trois premières parties... Bref, une véritable révélation pour l'adolescent que je suis. J'ai ensuite lu "Lumière d'Août" et je l'ai trouvé d'une force incroyable. L'auteur s'inspire d'autres génies, comme Dostoievski et son "Crime et Châtiment" (récit de la genèse d'un meurtre) tout en imposant son propre style, s'attachant à la transcription des pensées des personnages. Encore une fois, tableau apocalyptique, personnage emplis de haine envers eux même et les autres, doutant de leur identité, réduits à l'état de figures pathétiques et sauvages, tels des animaux errant sans but. Je compte bien sûr découvrir d'autres œuvres de l'auteur, mais je doute qu'on puisse égaler la force et le génie des deux ouvrages cités plus hauts. Je vous invite à découvrir mon site internet. Bonne continuation à vous !

Lilly 16/05/2009 11:13

J'ai découvert Faulkner avec ce livre il y a un an, et ça a été un coup de foudre absolu ! Depuis, j'ai ajouté "Le Bruit et la Fureur" au top 5 de mes livres préférés (contrairement à toi visiblement..), j'ai énormément aimé "Sanctuaire" (mais il m'a moins marquée que "Lumière d'août" et "Le Bruit..." au final), et "Tandis que j'agonise", que j'ai beaucoup moins aimé.

Dominique Poursin 16/05/2009 11:45


Pour ce qui est du " Bruit et la fureur" c'est une lecture adolescente, mal digérée, et que je n'ai pas reprise intégralement. A la faculté, j'ai étudié Absalon, sans enthousiasme. Sanctuaire est
une de mes préférés mais n'a pas la force de Lumière d'Août.
Mon prochain sera Tandis que j'agonise... il y a des années que je le dis!


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