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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 10:38

411G8FKD7QL.-SS500-.jpg«  Les hommes qui se perdent de désirer feraient bien de s’en tenir à leurs besoins. Dans un monde où l’hubris du désir sera muselée pourra naître une organisation sociale neuve, lavée des luttes et des oppressions et des hiérarchies délétères. »

     Renée Michel, gardienne d’immeuble, qui s’annonce rageusement « la concierge », ouvre son histoire avec cette sentence et nous apprend qu’elle cite la onzième thèse sur Feuerbach dans « l’idéologie allemande » de Marx.

   Un Marx que l’on croyait dépassé, usé, mais que le programme de l’agrégation semble relancer avec un certain succès.

Et Mme Michel ajoute «  Qui sème le désir, récolte l’oppression ».

Mais comment  suivre ces conseils de sagesse, Mme Michel?
Oui, comment, M. Marx (puisque c’est lui)? Avez-vous bien réfléchi?
car les hommes ne peuvent s’en tenir à leurs stricts besoins. Ce n’est pas dans leur nature. C’est même cela qui les distingue des animaux.

Les animaux sont parfaits. Nous, pas.

Le bébé qui a déjà assez bu pour satisfaire son besoin de nourriture continue à réclamer le sein. Et parfois, c’est l’inverse, il n’en veut pas, alors que son corps le réclame.

L’homme ne veut pas avoir de relations sexuelles juste pour procréer. Et parfois, il s’en fiche de procréer… l’homme a toujours affaire au désir.

Ça commence mal ! je vais m’engueuler avec ma concierge ! On m’a toujours dit que je n’étais pas conviviale.

 
Heureusement, je ne vais pas avoir affaire à elle....
Renée Michel est la concierge des Riches.

Elle tient la loge d’un immeuble de gens hyper-aisés, dont on sent qu’ils ont pour préoccupation principale d’échapper à l’impôt sur la fortune.

 

    Renée Michel se veut une concierge différente. Depuis 27 ans, elle bouquine, des lectures très sérieuses, elle regarde des DVD de cinéma d’auteur, et malgré cet entraînement intensif, elle réussit à être concierge dans l’escalier, à  feindre d’avoir l’esprit d’escalier,   à faire reluire la rampe, et même à se fabriquer un semblant de vie de concierge à l’ancienne : vilaine mise, soupe aux choux qui mijote, TV allumée toute la journée.

Elle fait le service minimum en ayant l’air d’en assurer le maximum.

« Concierge «  doit se lire comme une métaphore «  Dans la recherche du temps perdu oeuvre d’un certain Marcel, autre concierge notoire, Legrandin est un snob écartelé entre deux mondes, celui qu’il fréquente et celui dans lequel il voulait pénétrer ».

Là je comprends bien ce qu'à voulu faire l'auteur! mais je ne suis pas sûre qu'elle ait réussi.


Mme Michel souffre qu’une virgule soit mal placée : «  Madame Michel, pourriez-vous, réceptionner les paquets » la rend malade pour la journée.

Je tremble, que, Mme Michel, ne lise, mon blog.
 

Heureusement, elle se fait des amies : Paloma, douze ans, pré-adolescente surdouée qui s’ennuie à mourir chez ses riches et stupides parents. Un monsieur japonais, qui, en dépit de son compte en banque affreusement garni, se révèle un miracle de raffinement et de distinction. Et Manuela, l’amie de toujours, qui cuisine des gloutofs.

Les thés chez Mme Michel sont amusants.

C’est bien dommage que les Bons soient d’un côté et les Méchants de l’autre…

Nous, le lecteur, ni bon ni méchant, on pense que l’on ne serait admis ni chez Mme Michel ni chez les Riches.

Où c’est que l’on va aller ?

Patatras !  A peine la jeune Paloma a t’elle  trouvé un but à sa vie «  plus tard je serais concierge » que le récit sombre dans une sorte de mélodrame trop bien connu.

Les aventures de Mme Michel prennent fin dans la rue du Bac.

Son péché c’était donc bien d’avoir étudié sans autorisation.  

Moi je ne l’aurais pas laissée mourir.

Référence : Murielle Barbery " L'Elégance du hérisson" ; Gallimard, 2006.
 
Une autre que l' Hérisson hérisse : Mlle Bille : lisez son billet, vous allez enfin rire un peu.

lisez aussi
Acide critique  sur la question, c'est  pas mal non plus.

 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

dasola 09/11/2007 16:24

Dominique, je vous trouve un peu dure sur coup là. Je ne connaissais pas Muriel Barbery, je n'avais donc aucun a priori et bien j'ai été agréablement surprise. Il y avait longtemps que je n'avais pas autant ri en lisant un roman. Le chien Neptune, c'est quand même quelque chose. Ce n'est qu'un chien même s'il vit chez les riches. Et puis Mozart dans les toilettes c'est pas banal.

Dominique Poursin 09/11/2007 23:05

le chien moi jene lui en veux pas!et Mozart dans les toilettes pourquoi pas? Cela change du poster de Guevara.Il y a des détails amusants.Mais le hérisson m'a piquée.

karamzin 03/11/2007 18:50

"Son péché c’était donc bien d’avoir étudié sans autorisation.  Moi je ne l’aurais pas laissée mourir.", le problème est que MB ne pense pas comme vous, pour elle, personne ne peut échapper à son destin, n'a droit d'exiger de la vie ce qui n'était pas dans le trousseau de départ, si je puis dire. Se trompe t'elle de bcp? Ma foi, je ne crois pas, hélas! Ceci dit, ce roman ne m'a pas emballé non plus. La beauté ne serait elle que japonaise? héhé...

Dominique Poursin 03/11/2007 21:33

Ben, je crois qu'on est d'accord sur le fond et ça me fait très plaisir parce que tout le monde me disait ah c'est génial le Hérisson de MB et j'ai été déçue j'y vois trop de clichés notamment  le japonais....Seule à ne pas aimerSans compter l'aspect mélo de la fin.MB ne conçoit aucune liberté possible.Janséniste?

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