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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 12:50
Amis-l-INformation.jpg1ere parution en 1995.

Il s’agit de l’information que l’on recueille en faisant de l’espionnage : le renseignement eût également convenu.

 

Richard Tull vient d’avoir quarante ans. En pleine dépression. Dix ans plus tôt il a publié deux romans qui ont obtenu un succès d’estime. A présent il en est à son sixième. «  Sans titre » est un roman à problème, longue suite de monologues plus ou moins interrompus. Tous ceux qui ont tenté de le lire se sont tombés malades avant la dixième page, victimes d’un stress sévère ou de migraines aigues sinusites graves, troubles de la vision.

Richard gagne sa vie en faisant des comptes-rendus de lectures sous-payés et jalouse Gwynn Barry, son ancien mais de collège qui vend bien sa prose, passe à la télé, affiche un bonheur conjugal insolent. Richard lui, est devenu impuissant, ne parvient même pas à tromper sa femme. Obsédé par l’idée de nuire à Gwynn, il entre en relation avec Scozzy, dealer et tueur à gages avec mission de filer l’importun et de lui nuire.

 

«  The War Of Everyone Against Everyone » cet extrait du Léviathan de Hobbes concernant les rapports sociaux vaut également pour les écrivains. La littérature c’est la guerre continuée par d’autres moyens.

 

Gwynn et Barry forment un couple d’écrivains que tout oppose. Quasiment oublié, Richard envie le succès de son adversaire «  Il semblerait que Barry ait su capter une profonde aspiration collective.  Ainsi s’explique le succès de son livre qui ne doit rien à son contenu ».

 

Deux conceptions du monde s’affrontent. Richard Tull a renoncé au « roman » dans sa forme

traditionnelle. Ce dernier lui semble appartenir au monde de «  l’homocentrisme » d’un temps où l’homme se croyait au centre de l’univers ; Gwynn vit encore dans ce monde-là Du moins l’exploite t’il. Ses livres sont des utopies rassurantes, très new-age.

Ricahrd Tull a été lui, affecté par les progrès de la science de l’astronomie en particulier. Il veut témoigner dans ses écrits du fait que la place de l’homme dans l’univers est insignifiante, qu’il est passé du géocentrisme à l’héliocentrisme puis à l’idée que les galaxies s’interpénètrent et se rencontrent anonymement.

 

Ceci pur le côté noble de l’affaire. Car Richard est aussi un pauvre type qui n’assume pas ses désirs et n’est pas ou plus en phase avec l’écriture. Il tente de réduire à néant Gwynn, alors qu’il ne devrait même pas s’intéresser à lui. Imagine t’on un écrivain véritable, fût-il en panne de lecteurs, jalouser un Paolo Coelho et ses mélos pseudo ésotériques ?

En réalité les deux hommes vivent dans le même monde, ont un égal mépris des femmes, une avidité semblable de gloire vaine et d’argent facile, c’est ce qui les rapproche.

 

C’est avant tout un récit basé sur le comique de situations, de gestes, de mots, (néologismes fréquents parfois savoureux). Toutes les vaines tentatives de Richard pour réduire Richard à néant, sont autant de scènes grotesques. La satire du monde de l’édition et du journalisme fait souvent rire. Le portrait du délinquant Scozzy est assez fouillé.

L’écriture est elliptique, originale, mais trop de cynisme font tomber parfois le livre dans la dérision. Excepté les passages où Richard s’entretient avec son fils Marco sympathiques voire émouvants.

 
 
 

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