Flammarion. 485p.
The Sweetest Dream, 2001.
En 1939, Frances a épousé Johnny Lennox dont elle était enceinte.
Johnny est membre du PC beau parleur, menteur, hypocrite, n’a jamais un sou.
Frances élève seule leurs deux garçons gagne sa vie comme rédactrice pour le courrier du cœur, puis journaliste d’investigation sociale et assure de petits rôles au théâtre, rêvant d’y consacrer sa vie…
Quand en 1960, elle accepte de s’installer chez sa belle-mère Julia, qui possède une maison spacieuse à Hampstead, les garçons invitent leurs amis en rupture avec leurs familles qui bientôt squattent la maison. Frances s’occupe d’une dizaine d’adolescents difficiles et paie pour eux. Elle recueille aussi les maîtresses de son mari et leurs enfants également déprimés et bientôt, s’étant tout de même trouvé un amant, elle accueille ses enfants et sa femme. Julia, sa belle-mère, s’y met aussi et s’occupe de Sylvia, une fillette anorexique qu’elle chérit …
Les années passent et les adolescents grandissent puis vieillissent et restent plu ou moins scotchés à la maison mère. Johnny est comme le chef irresponsable d’une petite communauté où il vient de temps à autre défendre les principes du communisme stalinien en dépit des exactions qui le rendent de plus en plus contestable.
Sur plusieurs générations, Doris Lessing fait vivre des personnages nombreux et « bien campés » comme en dit !! dont les activités variées lui permettent d’aborder les grands problèmes sociaux du vingtième siècle générés par les deux guerres occidentales, les guerres africaines, les idéologies socialo-communistes, les modes ésotériques des années 60, le sida, la menace atomique, l’évolution des mœurs sexuelles etc.
Doris Lessing a ses cibles : tous les garçons qui fréquentent l’école d’Eton deviennent des personnages imbuvables, les jeunes qui suivent les cours du lycée alternatif sont des ratés sympathiques.
C’est une fresque d’envergure, l’écrivain a du souffle. Mais je ne dirais pas qu’elle aborde tous ces problèmes avec un angle d’attaque neuf même si elle les met en scène avec pertinence.
Le style et l’écriture sont simples comme la construction linéaire qui déroule l’histoire en paragraphes sans chapitre.