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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 12:28
Marie N’Diaye. Mon cœur à l’étroit (Gallimard, 2007)
 
 
 

Nadia et Ange, instituteurs d’un certain âge, qui exercent leur métier avec passion, sont discrédités pour une raison que Nadia la narratrice ignore.
Ange revient de son travail, un soir blessé d'une plaie au flanc gauche, et ne peut ni ne veut bénéficier de soins médicaux. Le  couple  se terre dans l' appartement.
Nadia vit un cauchemar, elle ne sait vers qui se tourner, doit accepter l’aide d’un voisin Noget, auquel elle n’accorde aucune confiance, mais que tous appellent bizarrement «  le grand Noget ». On lui insinue aussi qu’elle devrait savoir la raison de cette hostilité profonde et agressive contre eux ; elle se sent coupable de l’ignorer et ressent aussi qu’elle ne veut pas savoir.

 

Nous avons l’impression que Nadia est juive pendant l’occupation allemande, ou arabe aux temps d’une immigration choisie et sévèrement contrôlée, ou encore première chrétienne tombée sans le savoir dans l’arène aux fauves… nous avons peur, elle se fait traiter d’ »infidèle » par quelques passants, et, sans édulcorer le sens religieux du mot, commence à s’accuser de ses manquements, réels et imaginaires, à l’égard de ses parents, son fils, son premier mari…

 
 
 

Mais voilà, quand elle demande à ses connaissances aussi bien qu’aux inconnus
pourquoi on est hostile envers elle, qui est «  le grand Noget » qui s’est imposé au chevet de son Ange, pourquoi la brume envahit Bordeaux, sa ville chérie, et tant d’autres questions insolubles, on lui fait cette réponse : «  Vous ne regardez donc pas la télévision ? »

 
Non, répond Nadia, courageuse, voire intrépide, Ange et moi ne regardons jamais la télévision, nous n’avons pas de poste.

(Et aussi, c'est plus discutable , Ange et elle ne lisent pas de journaux..).
 

Les gens s’éloignent alors, décontenancés, inquiets, réticents, et ne lui apprennent rien de plus.

 

Mais si Ange, son compagnon, ne regardait pas la télé, il semble bien connaître le programme, à la différence de Nadia, qui a toujours joué le jeu…

 

 Dès lors, faut-il continuer le combat avec ou sans Ange ?

 
 
 

Nous suivons Nadia dans son parcours angoissant et plein d’humour noir,  sa recherche ardue où il s’agit de redécouvrir ses origines,  lever un peu le voile sur le vrai visage de ses proches,  en préservant ses acquis culturels, et sa personnalité.


On apprécie de ressentir avec elle, son vécu physique et mental, ses malaises, ses errements, ses goûts et dégoûts, bref on s’identifie totalement à elle, tant le langage est bien choisi !

 

Pour un noël sans télé, avec une nourriture simple et goûteuse, et tout de même un enfant dans la crèche....

 
 
 
 
 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Sibylline 04/12/2009 11:53


Même dans ce cas, le choix de ne pas s'intéresser du tout aux infos me semble un choix possible. Ni plus, ni moins discutable qu'un autre. Juste orienté autrement.
Bonne journée à toi ;-)


Dominique Poursin 04/12/2009 14:05


A certaines époques difficiles de ma vie, je n'ai prêté aucune attention aux événements du monde. Ni journaux ni télé ... Mais ce n'était pas un choix.
Mon choix c'est de me tenir au courant à l'aide certains medias choisis, et sans adhérer naïvement à ce qui se dit.
Bien sûr je comprends que l'on puisse décrocher!

Bonne journée! voilà le soleil!


Sibylline 03/12/2009 20:19


Bonjour ;-)
Pourquoi penses-tu qu'il est plus discutable de ne pas lire les journaux que de ne pas regarder les infos à la télé?
Bise


Dominique Poursin 03/12/2009 20:53


Bonsoir Sibylline,

Je connais deux ou trois quotidiens qu'il me paraît intéressant de lire de temps à autre. Mais à la télé je ne vois aucun journal télévisé qui me satisfasse aussi peu que ce soit. Mais je ne
connais pas toutes les chaînes...


karamzin 24/12/2007 02:08

des événements étranges et qui vous écrasent, un fort sentiment de culpablité et d'extrême solitude, une instance toute puissante et à la fois mystérieuse et une totale descente en soi du héros ici une héroïne, elle semble un rien kafkaïenne cette histoire! Je me trompe?(Je note)

Dominique Poursin 24/12/2007 12:44

Oui, il y a un  côté Kafka chez Marie N'Diaye, dans celui là peut-être davantage, à cause des auto-accusations fréquentes de l'héroïnes et de la présence de personnages grotesques, tantôt inquiétants tantôt ridicules... ainsi que cette impression que le monde entier et même les objets sont menaçants vindicatifs et en tout cas incompréhensibles.Merci de me lire avec attention.

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