Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 17:45

Ivy-Compton-burnett.gifCOMPTON-BURNETT , Ivy (1892-1969)

 Frères et sœurs. Roman anglais.

L’émission de France-Culture ( ce dimanche soir)  sur Ivy Compton-Burnett, romancière anglaise que présente Christiane  Jordis, donne envie de la  (re) découvrir.

Année de publication : 1929

Edition actuelle: Gallimard (L’Imaginaire).

Andrew Stace, gentleman farmer qui va bientôt mourir laisse son domaine à Christian (son fils adoptif )et une rente à Sophie(sa fille biologique). Les deux jeunes gens, qui ont toujours vécu ensemble, font connaître leur intention de se marier. Stace s’oppose à cette union, puis renonce ,et laisse seulement une lettre dans son secrétaire «  à ouvrir après ma mort par Christian ». le mariage a lieu, puis les obsèques du maître des lieux,  mais personne ne se risque à ouvrir le secrétaire où reste à dormir le document..

Vingt-sept ans plus tard, on va fêter les vingt-cinq ans d’Andrew, premier-né du mariage de Christian et Sophie. Lui, Dinah sa sœur, vingt-quatre ans, et Robin , le petit dernier, vingt-deux, sont traités comme des enfants  attardés et vivent sous l’emprise de Sophie, dans leur ancienne nursery, rebaptisée « studio ». Robin a toutefois le droit de gagner sa vie  à Londres.  Christian, médecin surmené, connaît peu ses enfants

Pour se divertir, la famille reçoit quelques voisins qui fonctionnent en couples ou en trios, des voisins qui les envient : Le cousin Peter, bavard, et pique-assiette, sa fille, la pauvre Tylla, qui tient le ménage de ce  vieux despote, et s’occupe de son jeune frère Latimer, légèrement débile. Un autre couple de frère et sœur de l’âge des Stace, Jullian et Sarah, vivent modestement  et feignent d’avoir de l’argent. Jullian souffre de tourments existentiels qu’il énonce plaisamment ainsi : «  Comment faire pour que mon absence ou ma présence représente un vide non négligeable pour moi comme pour les autres ? »

Un quatrième couple de frère et sœur, Edward, pasteur, et Judith,  vivent dans une de certaine gêne sans le dissimuler, et tentent de se mettre en valeur  en prêchant une morale  chrétienne  qu’ils déplorent, en privé, de devoir pratiquer.

Toutes les jeunes femmes précitées voudraient plus ou moins épouser Andrew, et les jeunes gens Dinah. Mais, au vrai, ils préfèrent rester comme ils sont, car l’inceste, pratiqué ou non, reste plus fort que l’attirance pour un partenaire qui ne soit pas de la famille.

Personne chez les Stace n’a jamais ouvert le secrétaire ni lu la lettre adressée à Christian. Le secret du vieux Stace  semble trop facile à deviner pour qu’on  mette les choses au point.

Un couple de frère et sœur français, Gilbert et Caroline, et leur mère Mrs Lang, qui viennent de s’installer,  va précipiter les événements...

la technique narrative est celle des dialogues et du discours indirect libre, avec peu de descriptions. C’est sur le ton le plus ordinaire que les personnages se disent les pires  méchancetés, et avec beaucoup d’emphase qu’ils se communiquent des choses de peu d’importance. L’absence de chagrin réel de Sophie qu’elle transforme en deuil exubérant est très bien rendu. Peter, Tylla , et Latimer forment un trio comique, et Tylla se venge d’être coincée entre père grincheux et tyrannique et frère demeuré, en devenant l’une des plus belles langues de vipère de la littérature.

Ivy Compton-Burnett n’a pas sa pareille pour dénoncer l’hypocrisie sociale, le chantage affectif, la misère psychologique. Sa galerie de personnages est d’un  réalisme féroce.  

 

Année de publication : 1929

Edition actuelle: Gallimard (L’Imaginaire).
Photo : la romancière , enfant.


 

Partager cet article

Repost0

commentaires

sybilline 17/03/2008 22:42

Une auteur guère plus lue, féroce, et qui se complait dans la méchanceté des rapports familiaux. Si l'originalité est totale, l'ambiance est difficilement supportable..

Dominique Poursin 19/03/2008 10:38

Je suis d'accord avec vous, on ne peut pas en lire beaucoup. Même si son analyse de la société est particulièrement juste. Il ne faut pas trop idéaliser la famille pour l'apprécier. J'aime aussi "Une famille et son chef" ; mais Frères et soeurs est mon préféré. Vous me faites bien plaisir : cet article a été assez souvent " cliqué" ( au moins 350 fois suivant over-blog) mais vous êtes  la première à le lire !

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher