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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 23:00
Phyllis Dorothy James a 88 ans aujourdhui.



Tous ces romans sont publiés dans le Livre de poche policier.

Cet opus n'est pas tellement connu. On cite toujours «  Un certain goût pour la mort ».

 


J'ai un goût particulier pour celui-là, court et excellent que j'hésite à poster en littérature policière, d'autant plus que nul représentant de la loi, ni l'inspecteur Dalgliesh ( que j'aime profondément à l'égal de Mrs James elle-même) ni la courageuse Cordélia Gray n'interviennent dans cette  enquête menée par une jeune narratrice...


Philippa Palfrey vient d'avoir dix-huit ans. Adoptée dix ans plus tôt , sans aucun souvenir des ses premières années, elle se met en quête de ses origines, obtient de l'administration son acte de naissance :

«  Rose Ducton, fille de Marie et Martin Ducton ».


 A l'adresse où ses parents biologiques sont censés vivre, elle apprend que son père a violé une fillette 10 ans auparavant, et que sa mère étranglé l'enfant. Condamnée à perpétuité, Marie Ducton a été élargie et doit sortir le 15 août....


Très secouée par cette nouvelle, Philippa va s'expliquer bruyamment avec ses parents adoptifs. Maurice Palfrey est professeur de sociologie et chercheur ( l'intérêt qu'il a porté à Philippa enfant n'est pas étranger à ses préoccupations professionnelles). Hilda, son  épouse,  se passionne pour la cuisine et les travaux domestiques.

 Mal assorti, ce couple  a peu de choses en commun. Enfant précoce, Philippa semble avoir été adoptée aussi pour jouer un rôle d'interlocutrice cultivée avec Mrs Palfrey, rôle que sa femme ne tient pas.

 


 En dépit des mises en garde de ses parents adoptifs, Philippa décide de vivre trois mois ( ses vacances) avec sa mère biologique «  pour faire une expérience ». Elle veut devenir écrivain et imagine là une histoire inédite, qui, en outre, serait la sienne...

Mécontent de son départ, Maurice découvre qu'il tient à elle davantage qu'il ne pensait...


Philippa et sa mère s'installent dans un appartement modeste à Marylebone. Elles s'entendent bien, partagent les tâches domestiques, se découvrent des lectures communes.
Pourtant Philippa n'apprend rien de son enfance avant l'adoption. Sa mètre tente d'expliquer  le meurtre de la petite voisine,  mais se tait sur Philippa elle-même et leurs relations d'autrefois.

La jeune fille a des souvenirs fugitifs de violence extrême, mais ne veut pas   en savoir plus.
Les trois mois écoulés, elle ne veut plus quitter sa mère, capable de complicité voire d'amitié avec elle.
Philippa est en passe de renoncer à ses études, de se condamner à la solitude en vivant avec une reprise de justice...

Mais un homme, George Scase, cherche depuis longtemps la meurtrière de sa fillette, et peut faire évoluer la situation...



Voilà un roman excellent, par le suspense psychologique, l'art de la description et du dialogue, l'intelligence  des personnages, et de leurs motivations.


Grâce à ce talent, la petite cuisine d'un appartement miteux, un étalage de fruits et légumes, un pot de géranium, une roseraie,( apparue dans une sorte de rêve), une bibliothèque un meurtrier étrange vêtu d'un imperméable transparent , des mains qui tremblent, toutes ces petites choses  deviennent précieuses.


Les personnages : c'est la relation ambiguë entre Philippa et sa mère qui nous intéresse le plus, mais les autres personnages ont tous de l' envergure.

 Cette femme restera-elle  incompréhensible ?

Philippa peut évoquer une «  Marie Bell »* qui aurait bien tourné, grâce à une adoption-sauvetage, et au fait que ses géniteurs, délinquants jusqu'au crime, avaient, dès le départ, un désir particulier de s'élever dans leur misère.

Avec Georges Scase, PD James renouvelle le thème du vengeur. Peu convaincu de son désir de vengeance, promesse faite à l'épouse, il recherche dans son passé de petit garçon craintif ce qui pourrait le motiver...


* Marie Bell est une petite fille de onze ans qui a défrayé la chronique dans les années soixante. Sévèrement  maltraitée par sa mère, elle est devenue agressive jusqu'à tuer un camarade de classe...

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Published by Dominique Poursin - dans Lecture policiers
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commentaires

anjelica 01/09/2009 23:06

je l'ai noté, de plus, je n'ai jamais lu cette auteure. D'ailleurs, je ne savais même pas que c'était une femme

Dominique Poursin 02/09/2009 17:21


La première fois que j'ai eu un livre d'elle dans les mains, je croyais aussi que c'était un homme! PD ça ne fait pas très joli : ce sont les prénoms de la dame :  Phyllis Dorothy.
Mais dès les première pages, j'ai été conquise.


keisha 11/08/2008 07:21

(Bonjour, j'ai eu vos coordonnées chez GF)C'est le seul PD James que je n'ai pas lu et il est à la médiathèque! Grâce à votre billet, je sais ce qu'il me reste à faire ...

Dominique Poursin 11/08/2008 09:09


Moi aussi Keisha,  j'en ai lu plusieurs ( une douzaine) c'est un de mes auteurs préférés. J'essaie de mettre au moins une chronique par auteur préféré si cela n'a pas encore été fait. Je
préfère les anciens PD James aux derniers quoique la Salle des meurtres ( the  murder room) était plutôt bien. Quand au tout dernier "le Phare" je ne l'ai aps encore lu.


Posuto 06/08/2008 17:06

Bon ben si je le croise je le chope et je le lis pis je vous dirai quoi qu'j'en pense ok ?..RV

Dominique Poursin 07/08/2008 08:49


Oui, vous ne le regretterez pas, mêmesi PD James est plutôt conservatrice c'est une sacrée romancière!


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