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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 11:45

Publié pour la première fois en 1961, le roman a été traduit aux éditions Albin Michel en 1970. J’ai en main l’exemplaire du Livre de poche biblio qui comporte 124 pages.


A 67 ans, Eguchi se considère comme un « vieil homme », encore capable de mener à bien une relation sexuelle. Sur le conseil d’un ami, il se met à fréquenter une maison de tolérance assez curieuse : la mère maquerelle endort elle-même ses employées, de très jeunes filles, avec un narcotique puissant, et leur fait passer la nuit, nues sous une couverture chauffante, avec un client d’au moins soixante ans, le «  client de tout repos » qui n’est pas censé leur faire beaucoup de mal. Lui-même reçoit deux comprimés de somnifère, qu’il n’est pas obligé de prendre…

Nous savons que cette drogue est employée pour violer des filles que l’on enlève. Ici, ce serait un genre de prostitution soft, non dépourvue de danger pour autant.

La tenancière, qui accueille Eguchi avec un excellent thé, a des réactions contradictoires : elle le dissuade d’aller trop loin, mais, vu l’exigence de clandestinité, quoi qu’il arrive, il ne saurait être inquiété…   

Eguchi va se rendre cinq fois dans la maison de passe, avec chaque fois une jeune fille différente ; ces expériences sont particulières, et se rejoignent. Il éprouve envers les jeunes filles  la sollicitude d’un père qui s’inquiète qu’elles aient froid, se souvient de ses propres filles, à des moments clés, de ses relations avec elles. Le plaisir érotique de la contemplation, du toucher, génère des souvenirs imprégnés de poésie.


Il ressent aussi la frustration de partager la couche d’une femme inconsciente, craint qu’elle ne se réveille, souhaite la réveiller, considère avec émotion les paroles et les gestes de la dormeuse, illusoire communication…


Et cette frustration s’affirme un plaisir suspect : l’objet du désir lui est offert sans défense.   Il sera tenté de les violer effectivement, voire de les étrangler.

A vrai dire, cette situation m’évoque le film d’Almodovar, « Parle avec elle ».

Eguchi finira, comme il le souhaite, par se trouver confronté avec la mort réelle...

 
 

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commentaires

socrate 21/02/2008 22:52

Dis-moi, ça existe en France de tel lupanard? En fait, tous ces vieux ce sont de pâles cochons! Oh, dieu, quel horreur! Et dire que le divin marquis fut embastillé pour moins que cela. Vite des sels. Pour venger ces pauvres petites, je t'ai taguée! A toi de te sortir de ce mauvais pas. Socrate.

Dominique Poursin 22/02/2008 09:12

Je ne suis pas responsable, je ne mérite pas d'être taguée ! C'est faux que le divin marquis était moins coupable! il payait des petites nanas sans le sou pour lui faire des choses, sans l'aide d'une mère maquererelle, et ses bouquins, je les trouve trsè ennuyeux, Je donne tout Sade pour une seule page de Kawabata !

dasola 20/02/2008 11:57

Lu et apprécié, il y lontemps. J'ai aussi l'exemplaire en biblio. Merci d'en parler, c'est très bien. D'ailleurs, après avoir lu, celui là, j'avais dû en lire un autre. Et pour répondre à votre question sur Billy Wilder. en effet, Sunset Boulevard, c'est aussi de lui.

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