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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 18:07

Après lecture de l'article de Keisha sur  le rouleau de l'oeuvre de Kerouac, et prenant conscience que certains des blogueurs qui me lisent, s'intéressent à ce document, je rediffuse mon article de 2008 ( ouais, ici, c'est aussi nul que la télé, on rediffuse à tour de bras...), sur mon expérience Kerouacquienne. Le billet n'ayant pas reçu de commentaires, et n'étant pas lié à une date significative, il ne perd rien à être publié à nouveau.

 

Fans de Kerouac profitez-en pour le défendre contre mes vilaines attaques!

 

 

 

  1) Début des années 70, je continue à lire les romans qu’il faut avoir lu à tout prix : me voilà plongée dans Kerouac.

 

 On the road est un des premiers livres que j’ai lu en VO; deux autres lectures, en version française,  l’avait précédé :«  Les Clochard célestes »(un des titres les plus stupides jamais inventés pour rendre «  The Dharma Bums » ) m’avait plu, et obtenu l‘aval de ma mère, ainsi que  « Le Vagabond solitaire » mais … 

 

en faisant connaissance avec au moins un texte en langue originale ,patatras!

 

Sur la route ( 1957) fut et reste pour moi  décevant.


Moriarty, un réprouvé, hors-la-loi, errant, est un personnage type de roman picaresque, genre auquel appartient pleinement Sur la route.

Il y a de bons romans picaresques : Jacques le fataliste est mon préféré.

Balzac, tout ce qui met en scène Vautrin, est picaresque et c'est très bon.

Il en est d'un peu longs, mais corrects ( La Ville des prodiges de Mendoza)

Il  en est de pénibles, mais fréquentables( la vie de Lazarillo de Tormes).

Il y en a d'interminables, illisibles : Don Quichotte, par exemple. "Sur la route" relève de  cette dernière catégorie...


Dean ne cherche pas à s'élever socialement. 

Il est vrai, dans le roman picaresque, ce n'est pas une obligation. Le picaro est fier de son origine et de son parcours.

Il  vient de sortir de prison lorsqu'il rencontre Sal Paradise (narrateurdu récit ) pour qui il sera un héros, une source inépuisable d'admiration. Sal est un étudiant qui n'étudie pas, et vit d'une modeste pension de guerre.

  Dean est un type minable, un petit  délinquant sans envergure, et Sal Paradise un  imbécile qui tient gentiment compagnie aux filles que Moriarty va baiser.

  Ils ne font rien de leur vie ni l’un ni l’autre, et ne sont même pas intelligents. Leurs copains sont pénibles aussi, et les filles sont très bêtes… ils font la route…  au début de cette lecture, on espère  apprendre à se repérer géographiquement dans les Etats Unis...


J’ai noté :

 

Sal Paradise, narrateur. Soleil Paradis.

 

Dean Moriarty un gars de l’Ouest de la race solaire

 

Marylou une belle petite poule (les filles sont toutes désignées de cette façon !!)

 Carlo Marx discours délirant  et loufoque

Elmer Hassel; Old Bull Lee criminel ricaneur

Chad le nitzschéen anthropologue

 

Rémi Boncoeur ; Lee Ann

 

Paterson (chez sa tante)

 

Greyhound 34 eme rue

 

Yonkers

 

Rive est de l’Hudson ( source des Adirondacks)

Le pont de Bear Mountain que franchit la route 6 venant de la Nlle Angleterre


Pennsylvanie ( tout se joue en Pennsylvannie??)

Ohio

 

Indiana

 

Chicago

 

Joliet ( Illinois) 

Iowa Davenport Des Moines Adel Stuart 

Council Bluffs 

Omaha le Missouri

 

Nebraska vallée du Platte 

Montana Shelton 

North Platte les grandes Landes  

Et puis zut! A Denver, ça recommence, les fêtes, les parties foireuses ,les bavardages, les errances. 

 

Un jour, Sal Paradise suit sa route sans son compagnon, et tombe sur une fille qui a un bébé (The Mexican Girl) part plusieurs mois avec elle, travaille dans les champs à cueillir du chanvre,  s’occupe un peu de l’enfant, commence une vie de couple avec de la tendresse et un peu de sexe.

C’est le seul bon passage du livre, mais Sal repart.


JOUER  CE ROLE, OUI UN PEU, MAIS PAS L'ASSUMER...


On ne fixe pas, on ne prend pas de responsabilité.

Sal passe aussi du temps chez un couple de français les Boncoeur, en Californie. Disputes violentes, beuveries. Sal se tire, retrouve Dean et ses voitures chouravées, ses drogués, ses " belles petites poules"...

 

J’abandonne…

 

C’est le livre le plus nul de toute la littérature me dis-je, en 1970.On m’a trompée. Ce Kerouac est réac et même patriote. Pas agnostique du tout. Je ne sais pourquoi, j’avais cru…

 

 

2) Je me prends à suspecter les autres écrivains beat. 

 

On me conseille Burroughs. J’ai lu le Festin nu : je n’ai aucun souvenir de ce livre, et ne pourrais en parler, mais à l’époque il m’avait intéressée.

Burroughs dit que la drogue, on n’a pas besoin de faire l’article pour la vendre…c'est plus simple que la prostitution par exemple : nul besoin de parer la marchandise de je ne sais quels attraits.


Je me suis intéressée à la technique du cut up qui a des points communs avec l’écriture automatique : j’ai même sorti le ruban magnétique de la cassette audio de Sergent Pepper et l’ai découpée en plusieurs morceaux que j’ai recollés avec du scotch. Puis j’ai réenroulé le ruban dans le support. Ce fut un travail considérable. Le ruban magnétique était incroyablement long. A l’écoute, on entendait des sons bizarres, mais pas de heurts , pas de mots scalpés… j’ai compris que j’avais réenroulé le ruban à l’envers. 

 


3) Nous sommes toujours en 1970.

Une copine à qui j’ai parlé de mon exploit « cut-up », se dit vivement intéressée :

« sur A Day In The Life, à l’envers, on entend les bruits du terrible accident qui coûta la vie à Paul Mc Cartney !

 

- Ah ? Parce qu’il est mort ?

 

- Bien sûr ! Mais on n’a pas voulu rendre publique la nouvelle ; on lui a trouvé un sosie, qui chante à sa place. Mais en guise de cérémonie funèbre, l’accident de voiture est reproduit sur l’envers d’A Day In The Life.

 

-Ben, dis-je, à l’écoute, c’est loin d’être évident…

 

Elle est venue écouter et n’a pas trouvé ça concluant, malgré qu’elle crût dur comme fer à cette histoire de sosie.


 

4) Nous sommes en 1972 :


J’ai lu « Junkie » !

Burroughs y dit que la femme est un être inférieur ; je ne m’attendais pas à ça ! J’ai jeté le bouquin par la fenêtre de la chambre du huitième  ( j’habitais une chambre de bonne.)

Sans compter que sa femme, il l'a tuée, et n'a pas été inquiété...

 


 

 

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commentaires

Floréal 03/09/2010 23:28



Moi non plus je n'aime pas Kerouac, ni aucun écrivain de la beat generation. Le mythique "Sur la route" est le seul que j'ai lu de lui tant ça ne m'a pas donné envie d'en lire d'autres, et j'ai
eu du mal à le finir tant au final j'avais trouvé ce roman ennuyeux, inintéressant voire navrant, banal même, et bête, repoussant et hyper-macho.



Dominique Poursin 07/09/2010 10:36



Exactement ce que j'ai pensé !



dasola 23/08/2010 15:46



Bonjour Dominique, bravo pour ce billet dont je ne peux rien dire car je n'ai jamais commencé Sur la route, d'ailleurs je ne l'ai jamais eu entre mes mains et cela n'a pas changé ma vie. Bonne
après-midi



Dominique Poursin 24/08/2010 10:19



Ni la mienne!


bonne journée Dasola!



keisha 16/08/2010 15:00



Sa maman, oui, ça fait un peu bizarre au départ, et puis c'est sympa cet attachement qu'on n'aurait pas imaginé avec une telle histoire! A un moment c'est lui qui dépense son argent pour payer
l'instalaltion de sa mère à Denver (elle n'y restera pas) Certains amis du narrateur (Paradise dans ton récit) refusent absolument de voir Neal/Dean (on les comprend!). Neal est le plus givré de
la bande, il cherche son père (un clochard) ...Je ne sais pas ce qu'il est devenu en fait.


Il s'agit des années 50 et curieusement je suis passée à côté alors que toi tu t'y es intéressée dans les années 70. Je n'ai pas trouvé qu'ils étaient "maitres à penser" ou le revendiquaient. Ils
nefont pas l'apologie de leur mode de vie. Et puis, se balader d'un bout à l'autre du pays, d'autres le faisaient, de petit boulot en petit boulot.


Bref, c'est quand même intéressant de le découvrir comme je l'ai fait en 2010...


Pour en revenir à Mc Cartney, il y avait aussi toute une histoire avec la photo de l'album Abbey Road, tu sais, celui qui est pieds nus, plus le numéro de l'automobile, etc... Et aujourd'hui
Elvis presley aurait eu 75 ans, mais est-il bien mort???



Dominique Poursin 17/08/2010 16:25



Non je ne sais pas pour Abbey Road. Ce qui est sûr c'est que le fantôme d'Elvis erre toujours dans Memphis...



keisha 16/08/2010 08:53



Yes! Bravo! Tu as raison de ressortir ton billet (j'ai déjà fait la même chose, il s'agissait d'un roman que j'avais adoré et que personne n'avait remarqué, alors j'ai insisté)


En 1970 j'en étais seulement aux Rougon Macquart... mais aucun regret...Sur la route , pas connu, pas envie plus tard.


Bon, ton billet : les personnages ne portent pas les mêmes noms mais je m'y suis retrouvée. OK, ces personnages sont assez "minables" , macho, ça part dans tous les sens, mais quel style!(dans le
roman que j'ai lu en tout cas). Des descriptions de San Francisco ou Los Angeles ou le Mexique (aah le Mexique vu par ces américains, très drôle, même si ce n'est pas volontaire) ou de sessions
de jazz ou de routes la nuit...


Ces types sont dingues et irresponsables, OK, pas vraiment sympa, OK, immondes avec leurs femmes, OK, mais je me suis laissée emporter par les pages et les pages, c'est sûr.


Et puis le narrateur qui revient voir sa maman à intervalles réguliers, l'aide à déménager, etc... c'est inattendu. Il prenait la route, mais écrivait aussi de temps en temps et en vivotait plus
ou moins. Mais le roman n'est pas là pour donner trop de détails.


J'aime bien ton rappel de l'histoire avec Mc Cartney, ahh les Beatles... J'ai encore de vieux vyniles...


Ce roman de Kerouac décrit donc un mode de vie à 20 000 lieues du mien et évidemment ce n'est pas cela qui m'a intéressée, mais l'energie qui coule de ces pages.


Pour conclure : je vais en rester là dans mes lectures, Burroughs ou les autres, ça ira comme cela!



Dominique Poursin 16/08/2010 14:06



C'est aussi en 1970 que j'ai lu mon premier Zola!


Dans mon exemplaire Kerouac  revient périodiquement chez sa tante. Donc c'était sa mère, en fait! Il y retourne pour chercher ses sous ( il vivait d'une modeste pension militaire).


Tout cela semble en effet différent dans le récit original. Il faudra bien que j'y jette un coup d''oeil un jour...


Je n'hésite pas à republier un billet : s'il n'est pas commenté, s'il n'a jamais été visité ou très peu; s'il n'est pas lié à la date de sa publication pour une raison particulière; s'il ne fait
pas partie d'une suite à épisode.


Merci pour ce commentaire détaillé.



Lilly 16/08/2010 08:52



J'ai toujours envie de lire ces auteurs pour ma part, on verra ce que j'en pense. Mais j'imagine que le contexte était très différent en 1970...


Sinon, pareil que Canthilde pour Paul McCartney...



Dominique Poursin 16/08/2010 10:37



Tu as tout à fait raison! Au début des années 70, les écrivains de la Beat Generation étaient souvent considérés comme subversifs : pour des adolescents voulant être révoltés, undeground ou je ne
sais plus quoi d'autre, ils faisaient ptrsque figure de maîtres à penser.


C'est donc très sérieusement que j'ai fait ces lectures. Mais deux ans plus tard, je ne les ai plus trouvé subversifs le moins du monde!


A présent, on n'aborde plus Kerouac de la même façon; la manière de le lire est plus libre plus décontractée. on ne lui demande pas autant, du coup il ne déçoit ^plus...



canthilde 15/08/2010 20:43



Et morte de rire pour la rumeur sur Paul Mc Cartney, y'en a qui goberaient tout ce qu'on leur raconte !



Dominique Poursin 16/08/2010 14:15



Il y eut plusieurs chanteurs qui firent l'objet de la même rumeur! ils seraient morts et un sosie aurait pris la place... à présent, on ne raconte plus ce genre de sottise!



canthilde 15/08/2010 20:40



Un commentaire alors, même si ta note est un peu décousue, c'est peut-être pour ça que les gens n'ont pas réagi (ce n'est pas une critique, tu fais ce que tu veux !). Je comprends tout à fait que
ces auteurs t'aient laissée perplexe. Il y a des écrivains qu'on présente comme "culte" sans plus se poser de questions sur le contenu de leurs livres. J'ai ressenti la même chose pour Coeur de
lièvre,


http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/07/04/14059523.html


vraiment il y a des livres qu'on a envie de jeter par la fenêtre !



Dominique Poursin 16/08/2010 10:29



Le contenu est inséparable de la forme. Si l'écriture me déplaît , c'est souvent qu'elle génère une idéologie, ou une attitude que je réprouve...


Oui, le billet est décousu, mais à l'époque, tout ce dont je parle ici était lié pour moi, participait de la même ambiance, du même univers.


Je lirai ton billet sur ce roman que je ne connais pas...



Manu 15/08/2010 19:40



Dans mes bras ! Tu es la première qui a le même avis que moi au sujet de "Sur la route" ! Je n'ai jamais pu finir ce livre !!!!



Dominique Poursin 16/08/2010 10:24



Les livres culte ne font pas le bonheur de tous. On préfère n'être pas seul à avoir raté le coche...



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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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