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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 10:04

l'Idole des Cyclades

 

Deux archéologues, Somoza et Morand ont déterré une statuette dans une petite île grecque Skoros pendant leurs vacances. Morand est avec Thérèse et Somoza porte la chandelle ce qui gêne le couple. Tous trois font passer la frontière à cette « idole » primitive datant des temps préhistoriques. Thérèse a caché l'idole avec succès dans un sous-vêtement de sa propre lingerie.

Deux ans plus tard, Somoza possède toujours la statuette dans son atelier. Il est tombé amoureux de cette déesse préhistorique et en a fait de nombreuses copies ; il n'est satisfait d'aucune mais tient des propos bizarres à Morand comme s'il était  possédé et cherchait à se mettre en transe. Tout cela semble concerner Thérèse...

 la situation se retourne brutalement en une chute d'autant plus excellente qu'elle est rapide et parfaitement logique sans être vraiment attendue...

 

La Nuit face au ciel

«  Et à certaines époques, ils allaient chasser l'ennemi : on appelait cela la guerre fleurie »

 

C'est une nouvelle à un seul personnage (comme  le singulier  récit «  N'accusez personne » ) ; un jeune motocycliste est victime d'un accident de moto en voulant éviter une femme qui traverse au vert. Après l'évanouissement, il revient à lui, se voit transporté, prend acte d'un membre cassé, de son transport à l'hôpital et perd conscience de nouveau. Sa conscience de blessé hospitalisé, plâtré, buvant un bouillon, ou de l'eau minérale, écoutant les malades autour de lui, alterne avec un mauvais rêve dans lequel il doit lutter contre les Aztèques pour éviter d'être sacrifié.   Le récit est une vraie réussite ; insoutenable de part en part à cause de tout petits détails de vie quotidienne se mêlant au grand rêve du guerrier luttant contre les barbares, à cause du rendu  de l'interminable souffrance physique et morale du personnage.

 

Fin d'un jeu

La nouvelle qui donne son titre au recueil est l'une des plus réussies.

Le peu que je sais de la biographie de Cortazar ne fait pas état de frère ou de sœur ni de progéniture ; cependant plusieurs de ses nouvelles mettent en scène des enfants ou de jeunes adolescents et ce ne sont pas les moins bonnes.

Ici  c'est une narratrice d'une douzaine d'années qui prend la parole ; elle est la cadette de trois sœurs qui ont l'habitude de se déguiser et de faire du théâtre après le déjeuner aux alentours de la maison familiale «  au bas d'un remblai  à l'ombre des saules près de la voie ferrée ». C'est beaucoup plus sophistiqué. Le jeu est dirigé par Léticia leur aînée qui tire au sort l'une d'entre elle et le jeu qu'elle doit jouer : soit une statue, soit une attitude ; les « attitudes sont des allégories de sentiments : l'Envie, la Charité, la Honte... qui doivent être jouées avec un maximum de mimiques expressives et peu d'ornements.

Léticia l'aînée, maîtresse du jeu, est invalide ; elle souffre d'une malformation de la colonne vertébrale. La narratrice l'appelle aussi la « Vénus de Nino » qui renvoie effectivement à une statue, mutilée de surcroît.

«  Elle savait qu'on ne lui dirait rien, que dans une famille où quelqu'un a un défaut de conformation et beaucoup d'orgueil, tout le monde, à commencer par la malade elle-même, fait semblant de l'ignorer ou plutôt ont fait ceux qui ne savent pas que l'autre sait. »

 

Si les filles se donnent autant de  mal c'est  qu'elles ont des spectateurs . Le jeu va prendre une nouvelle tournure le jour où un l'admirateur se manifeste...

 

 

Chaque nouvelle du recueil «  Fin d'un jeu «  révèle en effet la dangerosité du jeu ( de la mise en scène à laquelle se livrent des partenaires liés par une sorte de mauvaise plaisanterie qui débute de façon très ordinaire, comme un jeu ou comme une  politesse qu'on se fait, une histoire que l'on se raconte pour éviter la réalité gênante, l'embellir, ou n'en parler que par euphémisme. Cependant le jeu se développe, prend une ampleur inattendue et  les personnages  s'y trouvent englués, parfois incapables de s'en sortir  autrement que par une issue fatale. Beaucoup de ces nouvelles sont des histoires de possession

 

 

(voir aussi «  Les Ménades »)

 

 

 

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