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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 10:26
Un parc d'attraction à Pékin, baptisé " Les Cinq continents". On y a reproduit, en dimensions réduites, quelques unes des « merveilles du monde » appréciées des touristes. Une Tour Effel de 108 mètres, une «  Amérique » avec les Twin Towers ( «  Les nôtres sont entières » explique fièrement le guide) ainsi que d'autres bâtiments new-yorkais       .. Une pyramide d'Egypte et son sphinx, un désert saharien avec un chameau, un cheval sur une piste, une Tour de Londres, une place Saint-Marc....

Les visiteurs vont de l'un à l'autre, en train  ou en bateau et font le  tour du « Monde » en 80 minutes. Ils peuvent également assister à des spectacles de danse, des tableaux vivants, et acheter des souvenirs dans les commerces du Village International.


Ce décor artificiel et ses coulisses sont la scène où se jouent les existences précaires de quelques couples qui font partie du personnel de ce parc d'attraction. Ils travaillent dur, sont logés dans des bâtiments exigus et obscurs, tassés les uns contre les autres. ; la plupart viennent de loin.


Tao vient du Nord, elle est danseuse depuis plusieurs années pour des spectacles kitsch, et fait de la pantomime, dans des tableaux publicitaires. Taisheng, son ami, est gardien de sécurité du parc. Il a fait embaucher son jeune frère, qui, ébloui par les magnificences du parc, ne cesse de chaparder jusqu'au renvoi. Tous les travailleurs venus de la campagne mènent une vie difficile. Ils se sentent fantomatiques, et, devant ces symboles culturels du monde entier, ne rêvent plus, et savent qu'ils n'iront jamais nulle part même pas en imagination... Les dernières illusions se perdent plus vite dans un décor aussi outré.

Tao avait pour amie Anna émigrée russe, dont elle apprend (par gestes car elles n'ont pa de langue commune) qu'elle est obligée de se prostituer plutôt que de continuer la vie précaire qu'elle mène ici. Car Anna doit subvenir aux besoins de ses enfants. Elle quitte donc le parc...

Son autre collègue de danse, Wei, est surveillée par un ami jaloux Niu, qui exige qu'elle ait son portable allumé en permanence pour contrôler ses allées et venues. Malgré  une persécution violente, elle se voit contrainte de l'épouser. Il lui fait du chantage au suicide.

Taisheng a une liaison avec Qun, qui fabrique des costumes, et, sur le point de partir pour Paris rejoindre son fiancé (dans cet endroit merveilleux qu'est ...Belleville, dont Taisheng s'étonne qu'il ne soit pas représenté au parc d'attraction !!!

Tao apprend cette liaison et, de retour dans les sinistres bâtiments qu'ils partagent, le suicide avec elle, au moyen du poêle qui tire fort mal...

Nous assistons à cette longue agonie...

Taisheng «  tu crois  qu'on est mort ? »

Tao «  Non, ce n'est que le début »

Les deux corps sont allongés dans la neige non loin du « désert », où l'employé se morfond à faire tourner le chameau dans un périmètre exigu...


Peu avant, le plus jeune des frères de Taisheng qui travaillait sur un chantier contigu au parc , tombe d'un échafaudage ;: il travaillait de nuit... sur son lit de mort, il écrit ses dernières volontés «  l'argent qu'il doit à divers commerçants et amis du quartier, de petites sommes qu'on devra payer à sa place, bien écrits, sagement éloignés sur la feuille de papier qu'on lui a remise.


Pendant le film les personnages sont toujours en déplacement : dans un ascenseur de Tour Effel, sur le cheval, dans le train qui les mène au travail ou les ramène chez eux. Dans ces véhicules il s semblent ne pas bouger. Les plans fixes sont d'ailleurs très nombreux.

Ce qui fait la beauté du film c'est aussi le contraste entre la lumière artificielle du parc en plein jour, et l'éclairage sommaire des petites chambres où les couples s'entretiennent le soir, éclairage intimiste mais sordide, du magasin de couture où Taisheng va rencontrer Qun, la lumière blafarde qui éclaire Tao, parlant avec son amie russe, les petites lampes dans les tramway qu'empruntent les employés du parc pour rentrer chez « eux » ou en partir ( le soleil n'est pas encore levé ou déjà couché, bien sûr...)



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Published by Dominique Poursin - dans Cinéma
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commentaires

Edisdead 10/08/2008 20:36

Oui, beau fim que celui-ci, très pessimiste dans mon souvenir (sur l'absence de communication, sur le cloisonnement, malgré tous les outils de la modernité). Un peu long peut-être. Je recommande à qui ne les connaît pas les trois formidables premiers longs-métrages de Jia Zangke : "Xiao-wu pickpocket", "Platform" et "Plaisirs inconnus".

Dominique Poursin 10/08/2008 21:28


J'ai bien l'intention de les voir! A part celui-là je ne connais que son dernier film de 2007 " Still Life" qui m'a beaucoup plu également. Ce sont des films qui ont un impact social fort et qui ne
manquent pas d'invention sur le plan de l'esthétique.


Yohan 10/08/2008 19:19

C'est un film que j'aurai bien vu quand il est sorti, mais que j'ai maheureusement raté. Je vais essayer de me rattraper !

Dominique Poursin 10/08/2008 21:30


Il existe un DVD... qui n'est pas du tout bon marché! Vou pourriez demander dans  une médiathèque si vous en connaissez une sérieuse, qui achète des films d'auteur et des récents.


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