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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 23:01
Editions Denoël, 2008.

Ce livre m'a été envoyé gracieusement par www.Chez-les-filles.com et je les en remercie.


«  Aujourd'hui, je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous. Si je compte en années  depuis le jour de ta naissance, tu aurais 54 ans. Mon âge inversé alors que vous n'avez jamais eu 45 ans. »

Est-ce un problème d'arithmétique pour le CE2 ?


 Non, c'est cette façon qu'a la narratrice de nous confier d'emblée son embarras à propos de l'être cher qu'elle a perdu et qui vit toujours dans ses pensées, même si elle revendique sa liberté  ( «  tu es rangé quelque part. Je ne sais pas très bien où, mais en tous ca tu n'es plus posté sur mon épaule, à surveiller qui me touche, qui je touche »)


La narratrice a perdu son amant, victime d'un accident cérébral ? Quand ? Ben je suis nulle en arithmétique, mais pour vous, ce doit être clair... Journalistes l'un et l'autre, lui marié, désireux de garder le silence sur cette liaison, ils se sont fréquentés en se cachant, ce qui donnait du piment à l'affaire. Puis ont vécu neuf mois au grand jour, avant que ne se produise la maladie qui  laissé son ami tétraplégique (« pentaplégique », dit-elle, puisque ses cinq membres ne fonctionnaient plus.)


Elle raconte  son vécu de «  fausse veuve ». Après l'accident, la femme légitime l'a repoussée dans l'ombre, et aussi dans l'opprobre. Elle a eu un rôle difficile à jouer.

Cependant, elle va le voir dans l'hôpital où il a été transféré.  Certaine que son cerveau est intact, elle communique avec lui, en interprétant les clignements de son œil valide.

La fausse veuve veuvoie et tutoie son ami. Ce n'est pas courant mais elle a des raisons de le faire.

D'abord, il lui est devenu étranger par son immobilité. Ensuite, parce qu'ils ont feint longtemps dans leur vie officielle de n'être pas intimes, et par conséquent se vouvoyaient pour les autres. Cette contrainte avait fini par leur plaire et devenir un  élément érotique.

D'autre part, son ami jouait volontiers avec le vous et le « tu ». Il s'était remis à voussoyer son père au moment de l'adolescence.

Le glissement du « je » au « tu » est pratiquement  le seul artifice de cette écriture sans prétention.


La relation de ces moments étranges et éprouvants qu'elle passa avec lui à l'hôpital avant qu'il ne meure tout de bon, est entrecoupée de souvenirs de son enfance et de sa vie adulte avec et sans lui. Le ton est dur et offensif, on sent qu'elle en veut à la femme légitime  qui lui vole son statut :

«  Je suis celle qui n'est pas, n'a pas été et ne sera jamais du côté de votre famille. Une famille devient-elle la votre uniquement quand on a des enfants du même lit ? Om alors quand on prend le nom de son mari ? Et maintenant qu'on ne le prend plus forcément. ?

 

Elle manque d'identité mais cela remonte à plus longtemps :

... Moi je ne connais que mon côté paternel et encore si peu, j'ai été amputée de mon histoire maternelle et catholique dés le plus jeune âge... j'étais juive par mon nom et goy par la naissance.

Enfant, elle est victime de l'antisémitisme...  mais «  oui je suis juive, mais pas juive aux yeux des Juifs ».

Elle a même fait des démarches pour obtenir « un certificat de confirmation de judaïcité ».


Dan l'ensemble, c'est un fragment autobiographique( je ne dirais pas  « roman ») intéressant, le récit d'une  femme qui s'est battue toute sa vie pour son «  bonheur » . Elle nous fait ressentir son mal de vivre au moment où elle écrit, et ne se résigne pas.



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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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sylvie 22/09/2008 20:49

je suis d'accord avec ton dernier paragraphe. Par contre, je n'ai pas eu de mal à le lire, et ce récit m'a plutôt interessée. Mais j'ai quelques réticences à parler de réel enthousiasme malgré tout, je trouve très paradoxal de la part de l'auteur, d'avoir publié ce livre, en le qualifiant de roman...

Ys 27/08/2008 10:20

Tu n'as pas l'air très enthousiaste, contrairement à d'autres...

Dominique Poursin 27/08/2008 11:09


Non je n'ai pas beaucoup aimé ce livre, j'ai même au un peu de mal à le terminer alors qu'il est court... mais je ne suis pas la seule! Je viens de voir la critique d'Argantel, pire encore que la
mienne.


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