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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 17:05

J'ai lu, vers 1970,  le Procès verbal pour lequel il a obtenu le Renaudot en 1963.

Ainsi que le Livre des fuites et Fièvre deux essais publiés à la fin des années 60.

J'aimais bien tout cela à 16 18 ans et même à vingt. Fièvre me semblait l'indice d'un caractère passionné. Le Livre des Fuites qui n'est pas un traité de plomberie mais un essai de réflexion sur le nomadisme m'a plu également c'était ces années où l'on rêve de ne pas se fixer, de vivre complètement de faire la route, ce sont des livres fait pour plaire aux adolescents.

Je  me souviensque le Procès verbal  figurait dans mes romans préférés.

Le personnage principal s'appelle Adam et il erre pendant tout le livre, tente de s'expliquer lui-même et le monde, se retrouve à l'hôpital psychiatrique. Content d'avoir trouvé un asile, il renonce au langage et s'enferme dans le mutisme. Le Procès verbal est le procès du verbe...

Ce roman a été considéré comme moderne   (et kafkaïen aussi ! tout y est passé !)  parce que Adam a été pris pour un rebelle que la société récupérait. Moi je l'avais cru en tout cas. C'était l'époque où l'on publiait des ouvrages sur l'antipsychiatrie.

Les aspects parodiques du roman étaient amusants et Le Clézio m'a fait rire pour la première fois ( et la dernière).

Le Clézio été pris pour un romancier expérimental, voire révolutionnaire, ce qui était un total contresens. Je pense qu'aujourd'hui, on a oublié tout cela. Cet Adam qui trouve son bonheur dans le non-langage, cet Adam sans Eve.


Plus tard j'ai apprécié le recueil de nouvelles « la Ronde » qui montrent à quel point Le Clézio sait être sensible aux problèmes sociaux et en exprimer le tragique en phrases sobres. Je me souviens de cette jeune fille qui se fait violer dans un HLM, des ces adolescents qui roulent trop vite en moto parce qu'ils sont mal à l'aise.

 Les enseignants savent aussi que « Mondo et autres histoires » sont des nouvelles que l'on fait volontiers lire en sixième cinquième et qui aident les élèves à aimer la lecture.


On m'a aussi donné à lire « Désert » un long récit poétique sur le périple toujours recommencé d'un peuple de nomades (toujours le sujet du Livre des Fuites ?), un récit aux accents mystiques. Les nomades sont silencieux. On retrouve le renoncement au langage d'Adam.

 Une jeune fille nommée Lalla parcourt ce récit, je ne sais plus ce qu'elle devient.


Et puis ce fut « le Chercheur d'or », un roman initiatique, et « Printemps et autres saisons », troisième recueil de nouvelles.  Je n'ai pas tellement aimé ces livres là. Il me semble qu'ils véhiculent une idéologie contestable.

Printemps et autres saisons est une saison de pleurs. L'un des personnages féminins de Printemps et autres saisons, s'exile, dit adieu à l'ami qu'elle avait sur son île tropicale. ce garçon un peu simplet qui la suivait partout en l'assurant de son amour « Ticoco », une autre version de l'Adam du Procès verbal.

  La jeune femme ne réussit pas à faire sa vie en milieu urbain, les malheurs pleuvent sur elle comme autant de divines malédictions et l'on dirait que l'auteur veut la punir d'avoir cherché à s'affranchir de ses origines. Ce serait un péché que de quitter son île et plus encore de larguer le garçon qui est hors-langage.  

Cela m'a fâché, car l'histoire est carrément édifiante !


Depuis Le Clézio publie tous les deux ans environ un gros roman, sans doute une variation sur les mêmes thèmes. Nostalgie de l'exilé, vraie communication primitive absente... Il y a eu ce roman à propos de cris d'oiseaux qui seraient de la vraie musique... le Clézio un écrivain qui cherche à s'affranchir du langage humain !  Je ne le comprends pas.








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commentaires

Socrate 16/10/2008 14:03

Bonjour,C'est vari que Le Clézio est l'écrivain du "non-langage", si tputefois on oublie que ses livres sont très écrits par rapport aux tissus d'ânerie publiés à grands renforts de pub! Pour moi, il est d'abord l'écrivain du non-dit, des silences qui pèsent sur chacun. Quand j'ai lu "désert", j'ai ressenti profondément la solitude des personnages qui, malgré tous leurs efforts vers l'autre, vers les autres, sont marginalisés d'office car ils ne correspondent pas aux "bonnes normes sociales". Il est vrai que l'univers de Le Clézio est difficile a appréhender si l'on veut le découper en tranche comme souhaite le faire toute étude critique. Vu sous cet angle, il devient impossible à comprendre. Ses écrits touchent le vécu du lecteur. Si l'on méconnait où ignore ce vécu, on passe complètement à côté de TOUS ses livres. Il n'y a pas d'échapatoire à cela. C'est pourquoi depuis le roman "Désert", Le Clézio, à mon sens a peu été lu. Il écrit au niveau des sensations et non des sentiments. En cela, je conçois qu'il soit décevant devant l'étonnante profusion des romans "sentimentaux" ou "autobiographiques plus ou moins dissimulés". Je soutiens à fond qu'il s'agit d'une oeuvre majeur dans le paysage gris-gris actuel.Dommage pour ceux qui n'adhèrent pas à mon point de vue.Peut-être un effort vers cette lecture particulière??Cordialement,

Dominique Poursin 16/10/2008 14:39


Monsieur Socrate, les romans de Le Clézio sont autobiographiques, il s'inspire beaucoup de l'histoire de sa famille notamment dans le dernier.Ce n'est pas lui qui dira le contraire!
 Je vous asssure par ailleurs que Printemps et autres saisons ainsi que Le Chercheur d'or sont TRES SENTIMENTAUX justement!

Je vous accorde que " Désert " est un grand livre, sans doute son meilleur, même si je n'y suis pas aussi sensible qu'il le faudrait. Il mérite son Nobel je n'en disconviens pas.



leunamme 12/10/2008 14:02

Je n'ai lu qu'un roman de Le Clézio, le Procès verbal, qui m'avait profondément ennuyé.Cependant, il me semble qe c'est un prix nobel mérité. Le Clézio est un vrai écrivain, au sens où il a une oeuvre cohérente. Mais c'est aussi un auteur de l'exil, qui prône le droit à la différence et au respect de l'autre. Et en cela, dans un contexte politique difficile, ce prix est important.Peut-être vais je réessayer d'en lire un autre.

Dominique Poursin 12/10/2008 16:53


Lisez "La Ronde et autres faits divers", vou n'allez pas vous ennuyer!


Marco 11/10/2008 15:19

Billet passionnant, merci Dominique!Je suis assez d'accord avec vos remarques, la Ronde et autres faits divers m'avait emballé (oui oui! la nouvelle de la fille perdue dans le quartier, comme une Ariane sans fil dans le labyrinthe, est vraiment très marquante) mais un roman comme Onitsha (sur l'Afrique) m'avait profondément déçu: très didactique et très prévisible.Enfin, c'est quand même un écrivain authentique (au sens de: vraiment passionné par l'écriture et créateur d'univers), le Nobel ne me paraît pas aberrant pour lui (contrairement à ce que je lis ici ou là).PS: merci aussi pour votre mail sur l'Antimanuel de Bégaudeau... j'en déduis qu'il vous est toujours difficile (voire impossible) de poster un commentaire sur mon blog: j'en suis désolé!

Dominique Poursin 11/10/2008 21:38


Oui c'est un vrai écrivain même si ce n'est plus un de mes auteurs. Je fais juste un bref historique de mes raltions avec son oeuvre...
Poster des commentaires sur votre blog? Non je n'y parviens pas souvent. J'ai dû faire une mauvaise manoeuvre au début... je ferai d'autres tentatives...


Ys 11/10/2008 11:32

J'ai été surprise par ce prix Nobel. A la bibli, il n'y avait que 5 livres de lui, mais j'ai répéré ça : il y en a 9 désormais dont le dernier, j'ai donc le choix... je me souviens avoir lu Poisson d'or il y a quelques années sans grand enthousiasme...

keisha 10/10/2008 13:26

Curieusement, moi qui lis vraiment de tout, jamais je n'ai lu de JMG Le Clézio ...

Dominique Poursin 10/10/2008 16:57


Le Clézio se tient en retrait de la scène littéraire, plus encore que Modiano, me semble t-il. Dans les années 70-80 on le voyait de temps à autre à l'émission de Pivot. A présent  il y a une
telle inflation de représentation médiatique, que beaucoup d'écrivains qui ne veulent ou ne peuvent pas suivre  le mouvement se retrouvent dans l'ombre.


rose 09/10/2008 23:01

Etrangement, je n'ai jamais eu envie de lire Le Clézio. Cela dit, ton billet m'intéresse beaucoup, j'aime bien cette histoire de lectures.

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