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22 avril 2006 6 22 /04 /avril /2006 13:54

César Aira " Un Episode dans la vie du peintre voyageur".

Publié aux éditions André Dimanche.

 

 

 

Ce roman rend compte de la singularité de l’acte esthétique en tant qu’il est créateur, en prenant pour exemple la vie du peintre Johann Moritz Rugendas, artiste bavarois spécialisé dans la peinture naturaliste de paysage, telle qu'elle fut définie par Alexander von Humbolt. Le tableau est organisé selon des éléments caractéristiques de la physionomie du paysage en question, destiné à satisfaire la sensibilité du spectateur tout en lui apportant des informations. Il privilégie ce qui est « réellement exceptionnel dans le paysage » pic enneigé, fleurs tropicales, arbres et végétaux étranges ou majestueux, et ces modèles se rencontrent électivement en Amérique Latine, d’autant plus que la végétation y croît bien plus vite qu’en Europe.

 

Formé à ces principes, Rugendas n’ira pas en Italie, mais au Brésil, au Pérou, au Mexique… avec son matériel de dessin et le nécessaire pour faire des esquisses à l’huile. 

 

 

 

L’un de ces voyages le mène en Argentine avec Robert  Krause, un condisciple, en 1837.

Ce qui intéresse Rugendas, ce qu’il attend, c’est un tremblement de terre, ou une attaque d’Indiens chez les Blancs ; l’un et l’autre seraient extrêmement formateurs pour son art. Il a expérimenté toutes les techniques de la peinture de genre. Mais ce que traversent nos héros, ce sont des plaines plates qui ressemblent à la Pampa immenses plaines sans relief « un défi pour l’imagination », puis une région désertique dévastée par les sauterelles. 

 

C’est alors que ce produit la première péripétie : perdu dans un orage, Rugendas est foudroyé trois fois avec son cheval et traîné par lui sur des kilomètres. Gravement blessé au visage, il survit en se gavant de morphine pour supporter sa douleur, et doit porter une mantille noire sur le visage, l’aspect de celui-ci étant devenu monstrueux. Il continue à dessiner et peindre plus que jamais, car la drogue lui procure des hallucinations interprétatives qui enrichissent considérablement ses productions artistiques.

 

 

 Puis voilà que les Indiens attaquent enfin, seconde péripétie, et Rugendas découvre  l’autre face de son art… 

 

Un récit de vie et un parcours initiatique original. L’artiste fait penser au « Chef d’œuvre inconnu » de Balzac, à « Terrasse à Rome » de Quignard (Là aussi, un artiste défiguré…). Outre la réflexion sur l'art, les épreuves vécues par le peintre sont décrites avec une telle intensité que le roman est passionnant de bout en bout.

 

2011 18 11 :
  Je me rends compte qu'il y a  présent des informations sur Moritz Rugendas

un article sur Wikipeadia avec ses dates ( 1802-58) et son parcours et des vues de certaines de ses oeuvres circulent sur le net

 

 


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La plupart ne sont pas libres de circuler !

pas facile de se faire une idée avec ces petites images.

Le roman est toujours passionnant, lui...


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commentaires

Anis 22/12/2012 00:22


La création est quelque chose qui emporte au-delà de soi-même, une forme d'amour absolu.

Dominique Poursin 24/12/2012 11:21



Dans ce cas là, c'est évident! et très stimulant je dois dire, comme aventure.



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