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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 16:59
 
Résumé du chapitre précédent:
A force d'embêter sa famille en provoquant des querelles familiales Guillaume a réussi à obtenir une chambre indépendante à Paris. Nous sommes en 1969, l'école est finie, et il vient d'avoir seize ans.

 
Loulou Dread ? Iggy Propre ? The French Letter & Ann-Brit ? Miss Right? Ou peut-être tout simplement Mc Brod and Mister K. ?
  Il fouilla dans une poche de veste, par delà la déchirure, s’aventura dans les oubliettes entre la doublure et le fond, parvint à mettre la main sur une cassette audio. 

Une voix rêche, convulsive, éméchée, aux accents sardoniques, débita chaotiquement   
Deep Inside my heart I can’t escape.
 
Guillaume jeta un coup d’œil par la fenêtre de sa chambre : en face, la chinoise était devant la fenêtre et lui tournait le dos ; une opulente chevelure noire sur un vêtement bleu vif.
 
They drink up your blood like wine.
 
Vaguement inquiet, il baissa les store, éteignit son pickup et alluma la radio.
Une discussion houleuse entre deux hommes politiques qui s’accusaient mutuellement de leur conduite pendant la guerre. Plus tard, une soupe langoureuse ponctuée de geignements et de cris accompagnée d’un pauvre accompagnement de violons électriques, lui fit rapidement couper le son .
Oppressé. Guillaume ouvrit  une porte dans la partie opposée à la fenêtre, et aperçut plusieurs tuyaux , un gros calibre en plomb et deux moyens en cuivre, tentant d’identifier quels liquides ou quels gaz pouvaient bien transiter par ces boyaux.

Il vérifia que dans l’armoire plaquée contre le mur à côté des vêtements jetés pêle-mêle la petite planche du haut supportait ses remèdes en cas de besoin. L’aérosol de méphytilline Blondeau, les pilules Ontalgic, la boîte d’ampoule et les seringue
Et puis l'on frappa, et il fut soulagé.
Mathieu était vêtu d’un tee-shirt noir et d’un jean noir. Depuis que Guillaume l’avait rencontré pour la première fois au début de leur année de seconde, il n’avait jamais quitté le deuil. En hiver, un imperméable noir aux poches déchirées et une écharpe de même couleur complétaient le tableau.
Il avait les cheveux bruns et bouclés abondants le front bref, les cheveux plantés bas, l'œil souligné sous la proéminence de l'arcade sourcilière par des sourcils épais qui donnaient l'impression du maquillage.
Il lui apportait plusieurs romans de Dostoïevski   et jeta un bref coup d’œil autour de lui  un sourire un sourire tordu. lui entrava les traits.
- J’ai un peu de vertige..
Guillaume raconta son installation, insistant sur l’hypocrisie insupportable dont, selon lui, sa famille faisait preuve. Il ignorait pourquoi il avait la chance de vivre seul mais avait l’intention d’en profiter .
 
Mathieu lui parla un peu du  Dosto,  puis s’arrêta sur une phrase en suspens, phrase qui énonçait le problème du suicide, seul acte libre selon Kirilov.

-Je n’en crois rien, fit alors Guillaume, on croit choisir la mort, mais  une autre cause  dont nous ignorons l’existence peut nous dicter ce "choix".
Et comment peut-on sérieusement choisir ce dont on n’attend rien pour l’avenir ?
 
A  21 heures ils écoutèrent Rémige et Domino.
Ces messieurs  dirent que le cinéma c’était de la politique, que dans l’Inconnu du Nord express il ne fallait voir que la scène du manège de chevaux de bois, que ces films là étaient commerciaux et on vous suggérent de méditer sur ce cocktail de mysticisme politico-esthétique qu'était "Théorème".

 

Mathieu ouvrit la bouche :
-Je crois que je vais me suicider. Tout de suite.
- Attend au moins le prochain épisode.

 

 

 

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