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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:30

 

Né à Coat-Congar près de Morlaix en Juillet 1845, il est le fils d'Edouard Corbière, romancier auteur de romans maritimes bretons ( le Négrier) et capitaine au long cours.

Sa mère s'appelle Aspasie Corbière-père l'a ramenée de ses voyages. Lors de la naissance, Aspasie a 18 ans et Edouard, 50. Ni l'un ni l'autre ne sont bretons d'origine,  contrairement à la légende du «poète breton » que Verlaine inventa.


Toutefois,  Joachim-Edouard Corbière ( Tristan est un pseudo qu'il s'est choisi) vivra à St Brieuc et à Roscoff, y prendra goût, et adore aller en mer. Breton de coeur, c'est parfois mieux que d'origine.

 Malade dès l'enfance, Tristan fait quelques voyages, et  vivra aussi en Italie, à Capri, où il noue une relation avec une femme qu'il nomme «  Marcelle » dans son recueil, une passion non payée de retour. Ses dernières années, il les vit à Paris, avec ladite Marcelle et Rodolphe( l'ami attitré de cette femme), une existence de bohème riche, mais toujours malade, de plus en plus. Il meurt en 1875, il n'a pas encore trente ans. On ne sait pas bien de quoi il souffrait, mais ce mal semble avoir été physique avant tout.


Il publie son recueil  à compte d'auteur en 1873 + neuf poèmes dans « La Vie parisienne ».La Saison en enfer de Rimbaud vit le jour la même année,mais les deux poètes ne se connaissaient pas.

Corbière semble avoir souffert  moralement à cause de sa maladie physique.

En 1884, Verlaine consacre trois articles à Corbière dans son recueil «  les Poètes maudits ». Huysmans y fera allusion dans A rebours. Les Amours jaunes seront réédités en 1891.


Ce recueil de poèmes est profondément désenchanté. La facture classique y est constamment pastichée, ainsi que la manière des grands auteurs tels La Fontaine, Hugo, Lamartine, Malherbe.

Corbière use de la langue d'une façon très libre : onomatopées mots latins anglais italiens espagnols. Il abandonne la ponctuation dans «  cris d'aveugles », coupe les mots vers la fin des vers. Mais dans d'autres pièces il use de nombreuses fois du tiret et du point de suspension.

La typographie est  variée : italiques, majuscules fréquentes.


On pourrait croire que l'œuvre manque d'apprêt de polissage, que le rythme est resté heurté et brut, avant que le poète ait eu le temps de terminer. Mais bien sûr il s'agit d'un choix délibéré.

Le premier jet serait un vers relativement harmonieux et régulier qu'il s'emploie à désarticuler, à bousculer les césures, multiplier les arrêts brusques, proscrivant tout ce qui pourrait engendrer une musicalité.


Les surréalistes aimèrent beaucoup Corbière, et tenaient la « Litanie du sommeil » (véritable bréviaire pour les insomniaques)  pour un exemple d'écriture automatique.

 Personnellement, je ne crois pas que l'écriture automatique puisse rendre aussi bien sur un poème long.


Adolescente, j'ai été immédiatement attirée par le côté antipoésie, anti-lyrisme, vers en miettes, présentation de l'existence comme  survie et provocation. On peut trouver Corbière grinçant et disharmonieux, voire dérisoire, moi je le trouve pathétique et maniant l'humour noir en maître.


Le crapaud:


Un chant dans une nuit sans air...
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

...Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif...
-Ca se tait : Viens, c'est là, dans l'ombre...

-Un crapaud!-Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue...-Horreur !-

...Il chante.-Horreur !!-Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son oeil de lumière...
Non : il s'en va, froid, sous sa pierre.

.................................................................
Bonsoir-ce crapaud-là c'est moi.


crapaud

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures poésie relecture
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commentaires

archeo-lecteur 25/02/2009 17:32

salut +5 pour toi viens me mettre +5 à http://lecture-folie.boosterblog.com/

Dominique Poursin 27/02/2009 11:48


Merci monsieur de votre passage, mais je n'aime pas la SF fantasy je n'en lis jamais. Je ne puis donc pas apprécier votre blog.


socrate 23/02/2009 14:19

J'aime particulièrement les crapauds. Il chante d'une façon tellement nostalgique qui résonne aux fonds des âmes. C'est sans doute ce qui fait leur plus grand charme... sans compter qu'ils se transforment souvent en prince charmant! Hum...Je t'ai taguée, ça tapprendra à laisser traîner semblable poème.Socrate

Dominique Poursin 23/02/2009 16:33


Ah? je n'ai jamais vu de crapaud se transformer en prince charmant. Mais les princes charmants, avec l'âge, finissent quelquefois par ressembler à des crapauds...

Encore taguée! c'est la troisième fois ce mois-ci!


Julien 23/02/2009 08:16

Je n'ai jamais rien lu de lui, mais s'il manie l'humour noir, avec je risque d'aimer...

Dominique Poursin 23/02/2009 10:21


Le poème que j'ai cité donne le ton de l'ensemble.


fashion 22/02/2009 10:44

Je suis tout à fait d'accord avec l'analyse que tu fais de Corbière. Voilà un poète qui mériterait d'être un peu plus lu qu'il ne l'est...

Dominique Poursin 22/02/2009 14:08


Je reconnais cependant qu'il n'est pas facile à lire! Ses vers ne provoquent rien de satisfaisant pour ceux qui recherchent la plénitude, la joie le bonheur...


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