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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 21:21

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Dans les dernières pages de Sniper un roman noir de Frédéric Fajardie, un couple de criminels pathétiques, cernés par la police, s’enferment dans leur chambre et se flinguent mutuellement. Enlacés, ils agonisent au son de « Mr Tambourine Man »qu’ils font retentir dans tout l’immeuble. Cette sortie follement romantique m’avait donné l’envie d’écouter à nouveau mes vieux disques de Dylan presque oubliés. C’était il y a… dix ? Quinze ? Vingt ans ? Comment savoir ?

 

Mais ce fut un jour inoubliable ! Quelques unes des chansons de Dylan m’apparurent à nouveau comme l’accompagnement idéal de toutes les agonies, désespoirs et fin de vie qui n’en finissent pas. Et pourquoi pas des autres moments de l’existence ?

Mon histoire de Dylan :

Début des années 60 : J’appris que la terre tournait sur elle-même et autour du soleil, qu’on était accrochés à une boule, et que les lois de la pesanteur et la « gravitation » nous évitaient de choir dans le vide. Newton avait laissé tomber une pomme pour faire des observations scientifiques. Eve l’avait ramassée et mangée. Le serpent les avait piqués. Un courageux serviteur noir avait sucé le venin qui paralysait le savant pour le sauver parce qu’il croyait au progrès et à la générosité humaine. Le savant lui-même avait sucé le venin d’Eve devenue toute violette de cyanose parce qu’il en était amoureux. Tout le monde survivait, le serviteur gagnait sa liberté et vivait tranquille en cultivant un lopin de terre. La science et la religion étaient sauvées.

Ma mère me ressassait que lorsqu’il était deux heures de l’après-midi chez nous, il était neuf heures du matin en L’amis même français, alors je pris goût à ce petit américain et lui inventait une existence de mon cru ; je l’appelai Dylan : je ne savais qui c’était mais j’avais vu sa photo dans « Paris Match » et plusieurs choses étaient sûres : il portait une casquette en velours brun, avait de cheveux de la même couleur que les miens mais bouclés et il était plausible comme personnage accompagnateur de ma solitude. L’Amérique, ce n’était pas un problème : ma grand-mère avait descendu du grenier à Oulins un gros roman poussiéreux intitulé « Le Lys de Brooklyn » qui racontait la vie d’une famille pauvre de ce quartier au début du vingtième siècle. Et surtout de l’héroïne Francie Nolan. Cette lecture faisait suite à un abrégé de la même histoire « Une petite fille de Brooklyn », parue dans la Bibliothèque rose ; peut-être dans la verte. La version intégrale que ma grand-mère m’avait remise et que l’on pourrait sans doute actuellement qualifier de populiste comportait quelques détails sur l’alcoolisme du père, les accouchements de la mère et des autres femmes, la tentative d’agression de Francie par un maniaque sexuel dans un escalier… je ne sais jusqu’à quel point je comprenais ces événements, je fis plusieurs lectures de l’ouvrage ; dans un premier temps Dylan fut le petit frère de Francie et quelques années plus tard il deviendrait un amoureux insaisissable et récalcitrant. Dans l’immédiat, je devais changer le nom et le prénom de l’héroïne, le nom surtout puisque Dylan et Nolan se contrariaient phonétiquement. Ce ne fut jamais possible ! Je dus me borner à les rebaptiser Nol.

 

 

 

 

 

 

 

 

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