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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 14:54

Lynne Marshall Un si lourd secret


Titre anglais : Temporary Doctor, Surprise Father


Nous sommes dans la collection Blanche d'Harlequin, qui nous fait vivre les «  Passion et ambition dans le domaine médical ».

Autrefois j'en ai lu des romans médicaux ;la fameuse série des «  Hommes en blanc » de Frank Slaughter le bien nommé ( ça charcutait sec, des litres d'hémoglobine étaient déversés mais la passion était la plus forte ...).


Le volume commence par un avant-propos de la responsable de collection qui annonce les histoires qui vont suivre «  c'est une très jolie sélection du mois que je vous propose...  »: elle a adoré «  le bébé surprise du Dr Halroyd, » et nous le résume. Elle est sûre que ça va nous plaire. «  je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même comment bébé Oscar va rapprocher deux êtres que rien ne destinait l'un à l'autre... »


Mais aucune des deux histoires relatées dans ce volume n'est celle dont on nous parle. Et je n'ai rien su du docteur Halroyd ni de bébé Oscar...!


J 'ai mis un peu de temps à comprendre que l'éditrice s'adresse aux seuls abonnés. En effet, les abonnés reçoivent «  trois volumes doubles de 320 pages par mois, 19, 65 euros le colis, frais de port inclus ». Et moi je n'en ai acheté qu'un( c'est déjà pas mal), en librairie pour 5, 95 euros (ce qui montre que les abonnés ne bénéficient d'aucune ristourne...) je ne suis pas tombée sur la meilleure histoire, paraît-il.



Pour ne pas lasser le client, il y a en effet deux longues nouvelles de 150 pages par volume. Je dis «  nouvelle » parce que le nombre de personnages réels est deux seulement dans «  Un si lourd secret ».


L'intrigue : January, 30 ans, infirmière au service des urgences du « Mercy Hospital » de Los Angeles, se voit adjoindre un auxiliaire dans lequel elle reconnaît Beck Braxton avec qui elle a eu une liaison treize ans plus tôt. Enceinte, sa mère l'a obligée à rompre, et, victime du syndrome de «  Juno », elle a donné son bébé à un couple en manque d'enfant.

Beck la reconnaît lui aussi. Être au chevet, d'un blessé grave, dont ils s'occupent avec la plus grande compétence, et sauvent d'une mort quasi-certaine, ne les empêche nullement de se dévorer des yeux, et de se remémorer le passé en détail. Vraiment des pros!


La suite n'est rien d'autre que des rencontres entre l'ancien couple, (prêt à se reformer), aux urgences, à la maison, avec la fillette dont ils sont les parents biologiques.


Si intrigue il y a, point de vrais rebondissements... on s'attend à ce que January ait une affaire momentanée, avec le docteur Riordan, son patron, ou que Beck se laisse distraire par Carmen, l'infirmière en chef, : car Beck dit tout le temps qu'il veut se venger et ce serait la meilleure façon. Mais rien de tout cela n'advient. Nos héros sont amoureux dur comme fer depuis qu'ils se sont vus pour la première fois, et rien ne va les en détourner. Riordans et Carmen resteront à peine des figurants...


Il manque ce que Propp appelle dans « la morphologie du conte » l'opposant, l'adversaire, l'élément négatif...le Méchant, quoi!

Il n'y a de « méchant » que la mère de January, une certaine Karen, qui, à l'heure actuelle, ne sévit même plus, et n'a plus d'influence!


Nos héros :


Beck est un personnage exceptionnel! Membre émérite du LAPD, a fait la guerre en Afghanistan( pas en Irak, notez...),il aime servir son pays » un policier du LAPD jurait de protéger et de servir, c'était une noble cause » ; mais cela ne lui suffit pas il veut soigner et guérir.

Simple infirmier, il en sait autant qu'un vrai toubib, et le docteur Riordan, le grand patron, le félicite lorsqu'il se livre à des interventions et fait des diagnostics à sa place( en principe il devrait être furieux...).


Beck est aussi un artiste: il a commencé par décorer des coquilles d'œufs au cours d'art plastique et peint à présent tous les jours « des portraits quasiment abstraits » qu'il ne réalise que pour January.


Beck est l'auteur d'une métaphore culturelle qui apparaît à la page 69 :

«  Elle avait désinfecté la tubulure, et quand sa main s'approcha de la sienne pour la relier au cathéter, il eut une brève vision du tableau de Michel-Ange la Création d'Adam, sur lequel les doigts des mains de Dieu et Adam s'effleurent. Elle était la seule personne au monde à connaître sa passion pour l'art... Bon sang, dire qu'ils l'avaient découvert ensemble! »


Un texte de ce genre dans un Harlequin, ça m'a chavirée, jusqu'à ce que je me dise dans cet ordre d'idées, qui est Dieu et qui est Adam? Si Beck est Dieu, il a créé January ( et Dieu créa la femme).











Comme ce beau militaire est aussi présenté comme un artiste, la pauvre January n'a pas le beau rôle. Et c'est vrai: elle n'est qu'une infirmière, remarquable en tous point,certes, mais ne fait qu'assister, et bonne cuisinière : elle lui fait une « recette spéciale »que d'ailleurs on ne nous décrit pas, le narrateur étant trop pressé de passer au registre amoureux «  elle ne voulait pas le dévisager, pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de plonger les yeux dans les siens, deux lacs sombres et mystérieux ».


On ne saura rien de ce savoir-faire de January «  le dîner fut merveilleux », rien de plus...


Les caractéristiques de January : elle a des cheveux blonds foncés coupés au carré, des yeux bleus,un doux regard rêveur, parfois incendiaire ou étincelant, des lacets de satin roses à ses chaussures, elle dit souvent le mot « fantastique ».


Milieux sociaux décrits: aucun!


Beck est membre du LAPD, mais aucune scène notoire n'est décrite suffisamment longtemps pour que l'on se fasse une idée de ce milieu. Une intervention de la police à un hold-up avec prise d'otages est expédiée en une page si banale, et si peu haletante, qu'un journaliste se ferait virer pour l'avoir écrite.

Cette occupation professionnelle fonctionne comme une marque de qualité.


Le milieu médical : il est prétexte à se rencontrer, à se fuir, à s'observer. Les gestes médicaux envers les malades et les diagnostics sont précis, juste pour montrer le professionnalisme et le dévouement des deux personnages principaux.




Lieux décrits : aucun!


Nous sommes à Los Angeles, on pourrait être n'importe où ailleurs.

Les héros se rendent à Sacramento au Capitol Park , «  elle regardait défiler les collines brunes et désertiques » c'est tout ce que l'on a comme renseignement. Et encore, on y a droit parce que l'héroïne plus ou moins fâchée contre son ami, s'applique à ne point le regarder.

Arrivés au Capitol Park, «  Étant donné son état d'anxiété, il lui était difficile d'apprécier les jardins aux splendides couleurs qu'ils traversaient par une allée bordée de hauts palmiers, et pourtant, elle remarqua tout de même un incroyable variété d'arbres, dont ses préférés, les magnolias aux parfum si délectable ».


C'est bien sûr la femme qui note ces maigres descriptions.

On peut dire que les rôles restent hyper-traditionnels, à ceci près que les hommes sont très préoccupés de leur paternité.


En effet, dans la seconde histoire, «  L'Espoir d'une infirmière » le docteur Gideon West, est seul à assurer l'éducation de ses jumeaux prématurés (nés à six mois et demi de grossesse) et dont Nadia infirmière puéricultrice s'occupe en néo-natalité.

Elle s'en occupe d'autant mieux qu'elle est éperdument amoureuse «  de ce beau brun aux yeux verts ».

les jumeaux ont une mère porteuse, qui n'a plus de droit sur eux, et une mère adoptive qui s'est enfuie. Nadia a un lourd secret «  comme l'héroïne précédente : ancienne prostituée, elle a fui son souteneur, qui ,croit-elle, la poursuit sans relâche. Mais là encore, le Méchant n'est guère qu'une illusion qui tient peu de temps. Et Nadia une fille perdue que son comportement exemplaire et ses souffrances rachètent amplement...bon! J'en ai assez dit!


Pour davantage d'exotisme, régalez-vous des billets de

Fashion et


Chiffonnette !

 


 

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Published by Dominique Poursin - dans Swap et challenges
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commentaires

Anis 05/02/2011 19:00



Quand j'avais douze, treize ans, je lisais ces livres avec des frissons pubères ! Le mâle longues jambes, torse légèrement poilu, viril à souhait me faisait rêver...



Dominique Poursin 07/02/2011 19:21



J'ai attendu bien plus longtemps avant d'en lire ! et c'est peut-être dommage. A un certain âge, cela ne fait plus le même effet.



Sol'N 02/09/2009 12:44

coucou je suis une fan des harlequins, surtout depuis qu'ils se sont diversifié (Luna est ma collection préférée !). Je suis écrivain et j'aurais réelement aimé me faire publier par eux malheuresement la collection est Canadienne et il ne prennent que des canadiens. Huereusement il me reste les blog pour faire découvrir mes histoires et celles de mon amies. Si vous aimez les harlequins venez nous voir on met en ligne nos roman (souvent d'amour nous sommes des filles) en espérant attiré des éditeurs. Qui sait peut être qu'harlequin fera une excéption pour nous http://fantastique.roman.over-blog.fr/

keisha 22/08/2009 14:39

bravo, mission accomplie! Un peu sirupeux ces romans côté style, diabétiques s'abstenir...mais je suis toujours décidée à me lancer dans une lecture au 15ème degré au moins...

Dominique Poursin 23/08/2009 10:15


A mon avis, ce qui amuse le mieux ce sont les collesctions "passion" et "audace".


Karine :) 01/08/2009 15:13

J'adore ces billets Harlequin!  En fait, on a pas besoin de lire le livre après, quelques phrases et on sait tout!! :))

Dominique Poursin 03/08/2009 15:34


En fait, on le lit pour voir comment c'est fait, quels sont les codes employés, à quelle demande cela peut répondre...


Chimère 30/07/2009 21:29

January !  La pauvre, finalement son histoire de coeur n'est que justice pour supporter un tel prénom jusqu'à la fin de ses jours.

Dominique Poursin 31/07/2009 11:54


Moi aussi j'ai été surprise! je connaissais April May et June, mais January...Brr! ceci dit on ne sait pas en quelle saison ça se déroule,le narrateur ne le mentionne pas. Non plus que le temps
qu'il fait... on doit suppposer que la passion réchauffe ?


Julien 29/07/2009 08:11

Pas la championne des abandons, Dominique ! Tu continues ton blog, c'est l'essentiel !En ce qui concerne les livres, ce n'est pas un mal de les abandonner si tu ne les apprécies guère (pour ce qui est de l'objet de l'article, c'est même plutôt bon signe, non ??)...Joli défi, somme toute ;)

Dominique Poursin 30/07/2009 15:43


Eh bien, j'ai encore deux  romans sentimentaux à lire, dans des éditions différentes. Peut-être serais-je davantage inspirée???


A_girl_from_earth 29/07/2009 00:10

Oui, c'est bien pour ça que je ne me risque pas dans l'aventure. Rien que la couverture constitue pour moi un véritable remède contre la lecture!

Dominique Poursin 30/07/2009 15:41


Je ne suis pas tombée sur un ouvrage très exotique...


A_girl_from_earth 25/07/2009 19:18

Mmmh... ça ne me donne vraiment pas envie de me plonger dans un Harlequin tout ça, en tout cas, superbe billet, comme quoi, il y a de quoi rédiger une thèse dessus!:)

Dominique Poursin 26/07/2009 14:24


je trouve que cesr romans sont plus difficiles à lire qu'on ne le dit... il faut supporter l'overdose de guimauve.


Lilly 25/07/2009 10:50

Voilà qui est très tentant... Je n'ai jamais lu de Harlequin je crois, et je suis avec amusement ces Harlequinades, mais je n'ai pas l'intention d'en être.

Dominique Poursin 26/07/2009 14:15


Tu as bien raison! Ce n'est pas si drôle...


dasola 24/07/2009 17:48

Bonsoir Dominique, félicitations pour ce billet détaillé. Vous avez rempli le cahier des charges. Ce n'est pas grave si vous calez après ce premier volume. Bonne soirée.

Dominique Poursin 26/07/2009 14:17


Je ne suis pas sûre d'en lire encore. Là j'ai failli abandonner...
mais j'abandonne aussi toute sorte de lectures autres qui me tentaient!
En ce moment je suis championne des abandons...


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