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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 21:00

 

  Je ne pouvais cependant m‘empêcher de lire tout ce qui traînait sur Dylan. On en disait beaucoup de mal. Ou des anecdotes. Dylan aurait eu cinq enfants et « on « aurait fait disparaître le cinquième. Il ne s’occupait pas de sa progéniture. (On pense à Rousseau)

Il écrivait ses textes à la machine sur du papier-cul.

Comme le disait Jacques à son Maître « tout est écrit sur le Grand Rouleau ».

On dit des trucs de plus en plus désolants : voilà que Dylan s’est converti au christianisme et qu’il a vu Dieu. Il ne chante plus que du gospel. Le personnage devient de plus en plus conformiste. Je n’ai surtout pas envie d’entendre ces chansons –là : d’ailleurs, je me suis lassée d’écouter les émissions de « jeunes » telles que « Campus » sur Europe 1. Maintenant je préfère France culture, et, à cette époque là, je ne risque pas d’ y entendre Dylan.

On ne veut plus rien en savoir, mais c’est plus fort que nous…

La biographie de Robert Shelton me vient entre les mains, ( No Direction Home : 1985) traduite en partie par Jacques Vassal spécialiste du folk song. Rien de pire que cet ouvrage pour vous dégoûter de Dylan. RS voulant paraître intello fait des tonnes de citations d’auteurs divers en y mêlant des phrases ou des bribes de chansons de Dylan. Puis il le compare à diverses divinités : Orphée tout d’abord, puis Pan parce que sa petite amie de collège s’appelait Echo. L’infortunée nymphe eut aussi à en découdre avec Narcisse. Mais Robert Shelton ne retient pas Narcisse. Voilà qui étonne !

« I can’t see my reflection in the water

I can’t a word to show no pain

I can’t hear the echo of my footsteps

Or remember the sound of my own name”

 

(Tomorrow Is A Long Time( 1963)
Vous pouvez entendre cette chanson  en activant  le compteur Deezer dans la marge de gauche.

Adepte des interprétations sauvages, Robert Shelton tient pour sûre que dans Like A Rolling Stone, c’est de sa mère que Dylan veut parler, laquelle a nom Béatrice Stone. Et, ajoute Shelton, elle a roulé (en voiture) dès l’âge de seize ans.
Après son mariage, (1934) il lui fallut sept ans pour accoucher de notre héros.

 ça ne m'étonne pas !

Sur le Net (depuis un ou deux ans ?) on trouve l’intégralité des interviews effectuées par Shelton auprès des parents de Dylan en 1968.
C’est long et ennuyeux ; quand on aime, décidément on ne recule devant rien car je les ailues ( élu?) toout de même...  on croit saisir que ces braves gens, les Zimmermann, des provinciaux sans histoire, n’ont rien compris de ce qui arrivait, et tentent à la sauvette de faire coller le passé de leur fils (ce dont ils se souviennent) avec cette soudaine célébrité.

Les éléments biographiques continuent de m’ennuyer sans que je puisse éviter de lire n’importe quoi sur Dylan.

La relation que Shelton entretient avec Dylan, faite tantôt de dévotion naïve tantôt d’une sorte de paternalisme, irrite, de sorte qu’on survole l’ouvrage, et l’on ne retient pas toutes les informations, assez nombreuses soit qu’on hésite à les croire soit qu’on n’aime pas la manière dont elle sont présentées.

J’ai juste retenu l’existence de disques tels que « Blood on the tracks » ( aussi bon que ceux des années 60) et « Desire »dans une moindre mesure. Dans ces deux derniers, j’ai surtout aimé les chansons narratives « « Lily Rosemary and the Jack of the Hearts » et « Black Diamond Bay ». Cette dernière chanson est une histoire loufoque, pince sans rire, de gens qui viennent chercher fortune sur une île perdent tout au jeu, l’un d’eux se pend (des pendaisons il y en a beaucoup dans ses chansons, peut-être est-ce simplement une constante du répertoire folklorique) juste avant que l’île n’explose, n’a guère attiré l’attention des critiques. Non plus que « Going Going Gone » étrange petite pièce que j’ai trouvé dans un autre enregistrement ( je n'en ai pas la date) le chanteur n’y fait que dire qu’il s’en va, qu’il est déjà parti avec une voix singulière ( comme toujours) presque désincarnée et d’une forte présence.

Forte présence pour dire l'absence.

 

 

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