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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 19:49
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     C’est l’autobiographie désenchantée de Paul, qui débute par le récit d’un traumatisme : Paul a perdu son frère aîné, Vincent, emporté par une péritonite à l’âge de dix ans. Le narrateur en avait huit. Il ne s’en remettra pas plus que ses parents, d’autant qu’aucune nouvelle naissance ne viendra adoucir ce chagrin.
 
    Né en 1950, à Toulouse, de parents petits bourgeois, Paul est un baby-boomer qui assume tant bien que mal quelques-unes des caractéristiques (qu’à présent des fâcheux dénoncent comme des tares…) de sa génération : gauchiste, oui mais faux, qui feint de lire les maîtres et apprend par cœur quelques citations, musicien, dans un groupe de rock, mais faux aussi, qui se fait jeter de toutes les boîtes de nuit pour incompétence, étudiant faux qui accumule les diplômes sans jamais étudier ni passer le moindre examen, gigolo à ses heures, finalement marié, père, divorcé, bientôt veuf et couvert de dettes… on   s’arrête là, Paul donne vraiment des verges pour le battre à ceux qui dénigrent cette génération et ce n’est peut-être pas une très bonne idée.
Des verges ? En effet, c’est au moins autant la vie d’une personne que celle de son membre viril,  dont l’existence  nous est rappelée à chaque page.
C’est vrai que Paul est préoccupé de question sociopolitiques (les titres des chapitres sont les noms des présidents de la 5eme République : de Gaulle à Chirac), et s’emploie à nous démontrer à travers son destin personnel que les trente glorieuses furent en réalité navrantes, et marquées par l’impuissance des gouvernements successifs.
Mais cette démonstration tourne court, car on s’aperçoit vite que  notre héros  ne veut nous parler en réalité que de ses prouesses sexuelles ; il en rajoute  en nous régalant des  pustules qu’il découvre sur son précieux bout de boyau, des particularités et des humeurs d’icelui, de ses  fantasmes qu’il détaille à l’envi,  de ses combats contre un rival arracheur de dents etc. d’où une sorte de fétichisme de son organe qui rappelle d’autres romanciers contemporains, du sexe masculin( hélas nombreux...) dont il parait s’inspirer et épouser le combat. 
 Il ne s’intéresse aux femmes que dans la mesure où elles se passionnent pour son organe chéri, et s’en détourne dès qu’elle veulent aborder un autre sujet ou tournent leur regard vers autre chose.
 Le style de l’auteur lui n’a rien de particulier si ce n’est qu’il affectionne les clichés, notamment « jouir sans entraves », qui revient une bonne cinquantaine de fois sous sa plume monotone.

ça vaut le coup de le lire, pour information, sur cette génération de types misogynes et pas très futés, nés  dans les années 50, même avant, même après...
 
 

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