Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 09:18
C’est une chanson qui annonce la fin du monde.
Un genre en soi très prisé à certaines époques troublées.
Sans vouloir remonter jusqu’à l’apocalypse j’ai trouvé plusieurs poème qui y ressemblent dans l’anthologie de la poésie baroque établie par Jean Rousset. ( voir l’article qui suivra)
 
voir aussi mon article Die Unheimliche Stimme

L’interprétation que j’ai faite admet un sens implicite, sûrement pas voulu par l’auteur et qui ne plaira pas à tout le monde. I don’t give a damn !


Litanies des explosions atomiques et anatomiques

1) D’où viens-tu donc mon fils au regard bleu
D’où viens-tu si tard mon enfant trop curieux ?

J‘ai trébuché sur les flancs de douze monts brumeux
Traversé à toutes jambes six chemins tortueux
Exploré jusqu’au cœur les sept tristes forêts
Vu des océans morts aux vagues pétrifiées
Erré dans un cimetière de mille mètre carrés
(dans la gueule d’un cimetière…)
Et je sens je respire l’odeur de la pluie
Qui va tout emporter.



2) Mon fils qu’a t’il vu ton regard si bleu
Qu’as-tu donc vu mon petit trop curieux ?

J’ai vu des louves sauvages tout près d’un nouveau-né
Un chemin pavé d’or que personne n’empruntait
La sève d’une branche coupée en sang dégouliner
Une salle remplie d’hommes aux pioches ensanglantées
J’ai vu une échelle blanche que l’eau dissimulait
J’ai vu mes amis muets leurs langues on l’a coupée
J’ai vu d’autres enfants armés de fusils et d’épées
Et ces gouttes si lourdes si dures et le temps suspendu.



3) Qu’as-tu entendu mon fils à l’ouïe fine?
Qu’as-tu entendu mon petit sous la bruine?

J’entends le tonnerre annoncer la venue des bombes
J’entends rugir les vagues qui vont noyer le monde
Et les milliers d’appels que nul n’a écoutés
Ceux des cent un tambours leurs mains sont calcinées
L’un d’eux meurt de douleur les autres préfèrent en rire
J’entends le roi agoniser dans son délire
Et moi qui suis son fou devrai-je l’ensevelir
Ces nuages de rage prêts à fondre
Cet orage en moi es-ce un message?


4) Pourquoi ne puis-je croiser mon fils ton regard bleu?
Qui as-tu rencontré mon enfant trop curieux?

J’ai croisé un enfant tout près d’un poney mort
J’ai croisé un blanc qui fouette ses esclaves noirs
J’ai approché une femme les flammes dévorent son corps
J’ai reçu d’une jeune fille un arc-en ciel  d'espoir
J’ai rencontré un homme que l’amour a blessé
J’ai vu aussi son frère que la haine a tué
Et cette pluie qu’il faut cracher
J’en ferais des mots empoisonnés


5) Où vas-tu encore mon fils au regard bleu
Que faire à présent mon petit trop curieux?

Je me cache au plus profond de la forêt la plus dense
Je retourne dans mon rêve avant que l’orage ne commence
Là où sont mes amis et ils ont les mains nues
Où dans le lit du fleuve le poison va couler
Où la maison dans la prairie n’est qu’un cachot immonde
Où je vois mon pays comme un amas de décombres
Où les traits du bourreau sont cachés à la vue
Où règne la colère où les âmes sont toutes vendues
Où noir c’est la couleur où zéro est le nombre
Et les mots me traversent et me font haleter
Debout sur la vague, avant que de sombrer
Saurais-je ce qu’est mon chant, je ne peut que balbutier
Mais toujours
j’aimerais
ce moment
où ma pluie va déferler.

_____________________________________________________________________________________________

Texte original

A Hard Rain's A-Gonna Fall

Oh, where have you been, my blue-eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I've stumbled on the side of twelve misty mountains,
I've walked and I've crawled on six crooked highways,
I've stepped in the middle of seven sad forests,
I've been out in front of a dozen dead oceans,
I've been ten thousand miles in the mouth of a graveyard,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, and it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, what did you see, my blue-eyed son?
Oh, what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it,
I saw a black branch with blood that kept drippin',
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin',
I saw a white ladder all covered with water,
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken,
I saw guns and sharp swords in the hands of young children,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin',
Heard the roar of a wave that could drown the whole world,
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin',
Heard ten thousand whisperin' and nobody listenin',
Heard one person starve, I heard many people laughin',
Heard the song of a poet who died in the gutter,
Heard the sound of a clown who cried in the alley,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony,
I met a white man who walked a black dog,
I met a young woman whose body was burning,
I met a young girl, she gave me a rainbow,
I met one man who was wounded in love,
I met another man who was wounded with hatred,
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard,
It's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, what'll you do now, my blue-eyed son?
Oh, what'll you do now, my darling young one?
I'm a-goin' back out 'fore the rain starts a-fallin',
I'll walk to the depths of the deepest black forest,
Where the people are many and their hands are all empty,
Where the pellets of poison are flooding their waters,
Where the home in the valley meets the damp dirty prison,
Where the executioner's face is always well hidden,
Where hunger is ugly, where souls are forgotten,
Where black is the color, where none is the number,
And I'll tell it and think it and speak it and breathe it,
And reflect it from the mountain so all souls can see it,
Then I'll stand on the ocean until I start sinkin',
But I'll know my song well before I start singin',
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard,
It's a hard rain's a-gonna fall.


Copyright ©1963; renewed 1991 Special Rider Music





Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher