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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 13:16
eustache.jpg1974-Mes-Petites-amoureuses.jpg


1973-La-maman-et-la-putain.jpg
 " il n’a jamais cédé à la grégarité "expliqua l’un des interviewés, c’était un dandy et un amoureux des liens familiaux.
 
A propos de «  Mes petites amoureuses » (son plus célèbre long métrage après " La Maman et la putain") ,le cinéaste dit lui-même que c’est une série d’événements qui n’ont pas eu lieu : son père qu’il n’a pas connu, les études qu’il n’a pas faites, le métier qu’il n’a pas exercé, les amoureuses qu’il n’a pas fréquentées…
on pourrait se demander si le film a vraiment eu lieu et de quelle façon ?

C’est dans la rue Nollet où il avait un appartement qu’Eustache s’est donné la mort en novembre 81 probablement pour  boucler la boucle, cette mort volontaire coïncidait prsque  avec son 43 eme anniversaire.
Il avait un petit cercle de fidèle, dit-on encore il vivait en « micro «.

Je me rappelle du Masque et la Plume où l’on a parlé du film «  La maman et la putain »  en 1972.
Les  critiques feignaient de  se quereller à propos du film comme à l’accoutumée . On se doutait bien que ce film n’était pas comme les autres : les animateurs dualistes  s'efforçaient de  faire croire que l’un au moins des films présentés ce soir là était vraiment différent.
 Mais là c’était clair, ils étaient un peu dépassés !
Jean-Louis Bory disait : Alexandre est un parasite de la société ( ou un derelict ? ) Alexandre n’a pas de métier, pas d’attache, pas de raison de vivre… c’est ce qu’on a voulu montrer. Pire qu’un antihéros, personnage auquel tous étaient accoutumés.

 Tous les participants avaient protesté, critiqué et rejeté le film, se trouvant d’accord pour une fois. Jean-Louis Bory ne l’avait pas défendu. Le film semblait afficher avec provocation un apolitisme, une irresponsabilité, une asocialité qui choquait malgré tout un peu après mai 68.
 Qui choquerait bien davantage aujourd’hui, où   l’on    ânonne  " vos enfants vous haïront" et "qu’il  vous aurait fallu une bonne guerre".
Et pourtant Serge Daney écrira plus tard : «  c’est le seul film qui nous reste sur la génération de 68  ».

 Après l’écoute de l’émission, en 72,  lorsque, pour la première fois  j’ai été voir le film, je n’ai pu rester jusqu’à la fin. On ne peut se masquer qu’à première vue c’est un film ennuyeux et qu’Alexandre, toujours en train de traîner dans les cafés, avec un journal qu’il ne lit pas, pour faire le clown et draguer, en parlant comme s’il récitait,  ce n’est pas follement drôle, c’est violemment répétitif.

Violemment parce que c’est un film violent.

Alexandre est un gigolo qui se fait entretenir par une femme un peu plus âgée que lui, mais encore bien ( Marie, trente ans) et qui cherche à se placer chez une plus jeune (Veronika, le rôle premier, la putain).
Veronika, petite piaule, Marie, appartement bourgeois… Alexandre passe le temps au lit à fumer, à baiser ou à écouter de  vieilles chansons démodées Piaf, Fréhel, voire Charles Trenet.
Le châle de Véronika ressemble à celui de ma grand-mère : à l’époque du film pourtant ça n’avait rien d’extraordinaire, les filles s’habillaient de façon plus personnalisée. Elles n’aimaient  les uniformes que pour  s’en rire.
Les deux femmes ont des occupations lucratives mais c’est juste pour le décorum ou pour la métaphore : Veronika infirmière, et ses uniformes outrageusement blanc, Marie qui vend du prêt à porter.

Après qu’Alexandre ait présenté Marie à Veronika, que Marie ait tenté de se suicider aux somnifères, et qu’il aient fait une partie triangulaire, le film a rebondi avec la répétition de scènes passées, encore une fois sortir, aller dans des réceptions, de boîte en boîte…baiser fumer boire répéter des phrases, se vouvoyer avec un rien de cérémonieux sinistre, tout en disant des choses très vulgaires sur un ton faussement naturel. 
Tout cela reflètait  avec cruauté et une étonnante justesse  la comédie des relations humaines et amoureuses.
 J’ai décroché.


 Revu le même film vingt ans plus tard à la TV ; suis encore partie avant la fin, même si je voulais absolument entendre le monologue final de Veronika et l’offre de mariage d’Alexandre, entendre / voir le style de cette ultime pitrerie.

Je  n’ai  toujours pas vu  la fin.

Eustache, lui aussi est parti avant la fin. On ne s’en étonne pas vraiment…

Ce film reste fort intéressant, et j'aime bien m'en passer de petits extraits de temps à autres.
Les partis prix d'Eustache :
 - faire réciter le texte à ses acteurs, qui  doivent simultanément jouer des personnages,  et parler " pour de faux" comme disent les enfants.
En espérant qu'une vérité sortira de cette fausseté assumée des dialogues.

-  Raconter le récits des aventures amoureuses d'Alexandre sans supprimer les longueurs et les temps morts ( ce que en principe, un bon film se doit de faire...).
Un film courageux et inventif.



C’est embarrassant après coup d’avoir mis JP Léaud sur le forum de dé-lib, dans ce film, le seul où je le trouve bon, de vouloir expliquer de quel film il s’agit et de ne pas pouvoir.
 Comme pour Rendez-vous à Bray, le choix était mauvais, il aurait fallu trouver des films qui plaisent à tout le monde, globalement au moins qui font l’unanimité.  Mais je n’ai pas choisi.
L’image est piquée à « Sommaire » l’animateur du site aime ce film ; il est allé jusqu’au bout. On aime à lire son point de vue (très différent du mien).  

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Published by domiwind - dans Cinéma
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