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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 22:30

La-Mauvaise---ducation.jpg La critique a opposé les deux derniers films d’Almodovar ; Volver met en scène le monde féminin, la mauvaise éducation celui des hommes.

   Les femmes dans Volver sont des ménagères de choc, astucieuses, héroïques.

 Qui sont les hommes dans la Mauvaise éducation ?

Des artistes


   Les années 80 sont difficiles pour Enrique, cinéaste en mal d'inspiration, qui découpe des articles de journaux morbides à la recherche d’une  idée de film ;il reçoit la visite d'un acteur barbu, son ancien ami d’internat, Ignacio,  qu’il n’a connu qu’imberbe et prépubère.  Ignacio lui  propose sa nouvelle, «  La Visite » qui, dit-il, s'inspire de leur jeunesse dans le collège, et dont Enrique pourrait tirer  un scénario,  ainsi que sa personne, pour jouer dans le futur film.

Enrique commence à lire d’où s’ensuivent  deux flash-back : l’un porte sur Ignacio devenu transsexuel et actrice sous le nom deZahara, dans les années 70,  et qui drague un jeune homme saoul après une représentation  (c’était lui, Enrique, mais il ne l’a pas su) ; Zahara fait chanter le père Manolo qui, jaloux, s’est interposé entre Enrique et Ignacio au collège. L’autre flash-back nous entraîne dans les années 60, au collège, et met en scène le trio amoureux.

Très ému, Enrique fait revenir Ignacio-Zahara,  en vue d’une poursuite de leur relation amoureuse autrefois interrompue et d’une collaboration artistique. Mais Ignacio et lui ne s’entendent pas aussi bien que prévu. Intrigué, Enrique lui fauche son briquet où figure le nom de son village natal et s’y rend : des surprises l’y attendent.


 

Les nombreuses intrigues rebondissements, dévoilements de  faits occultés qui en dissimulent toujours d’autre,  sont un atout ; le film ne nous ennuie pas.

 La temporalité est morcelée, porte sur plusieurs tranches de vie, alterne sans cesse entre passé et présent,  l’exercice de virtuosité est assez réussi.

La beauté plastique de certaines scènes peut séduire : le personnage de Zahara domine la distribution, burlesque, tragi-comique, émouvante. Gaël Bernal qui joue ce rôle (et deux autres fort différents) est excellent.

  Les amours enfantines sont d’une facture plus classique mais  on apprécie  la voix superbe  d’Ignacio enfant en train de chanter. Le match de football entre  les collégiens est filmé d’une façon passionnante.

En dépit du titre, on n’assiste pas à une charge contre l’éducation dans les collèges religieux. Les amours enfantines, rendues possibles par la concentration en internat  catholique, sont magnifiées. Le personnage du père Manolo  dépasse en  complexité le rôle du pédophile pervers.  Tous les rôles  sont ambigus.

Le message du film  semble assez banal mais on peut y souscrire; il rend hommage à la beauté, et à l’art, (l’art entendu comme une somme d’artifices bien arrangés) qui seuls rendent la vie supportable.

 

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commentaires

dasola 04/12/2007 16:00

La mauvaise éducation est surtout une charge (à mon avis) contre les acteurs, les gens du spectacle qui ne reculent devant aucune bassesse pour y arriver . Les comédiens sont tous excellents même dans les rôles les plus casse-gueule. Sinon merci Dominique pour vos commentaires.

Dominique Poursin 05/12/2007 10:50

Votre blog est agréable ça me fait plaisir. Je pense qu' Almodovar a voulu aussi stigmatiser l'éducation que l'on reçoit dans les collèges religieux, des lieux clos où les " bons pères" sont souvent  pervertis, en particulier à cause de leur façon de vivre, toujours avec des jeunes garçons. Pervertis, mais aussi souvent corrompus, ce qui est bien plus grave à ses yeux.

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