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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 22:58
Nous sommes dimanche

M. Birou fait ses prières.   Laurelle et Hardie sont fâchées : c’est de votre faute si nous sommes enfermés ont-elles dit : à force de raconter des bobards, nous a avons cru qu’  elle allait nous recevoir…

Qui ? Alix Krautt ? Mais non ! C’est France Prauffond  son nom véritable.

Ah, vous croyez encore que quelqu’u va nous recevoir !

Puis elles se sont querellées l’une l’autre ; le petit mec aux joues rondes a sorti de son sac de toile un litre de vin ordinaire et un jambon beurre ; il me faisait peine, isolé seul de son âge l’air de rien y comprendre. Un orphelin, me dis-je, un Oliver Twist.

  

Cependant je n’ avais pas le temps de  m’attendrir. A ce stade,   on devait organiser notre évasion ; tout le monde fut d’accord pour creuser un trou dans le sol quand il fut devenu évident que les portes même la porte-fenêtre qui donnait sur le green étaient blindées et que nul ne pourrait en venir à bout.

Creuser un trou mais avec quels outils ? Alonso possède un cran d’arrêt. Les  deux commères des canifs. L’infâme Dominique, que Rosalyne hait puissamment détient un scalpel.

Le trou en restera à l’évocation.  

                                                                                                                   

Alonso Kircensi avait narré à tous son histoire, certainement inventée, de toréador au chômage. Il la répétait sans cesse tout en y ajoutant des phrases du genre ne vous laissez pas abattre, on va sortir d’ici, je vous le promets ; avec des trémolos et en rallongeant la sauce .mais il n’avait pas plus de solution que les autres. Quand même il en aurait eu il ne les aurait pas mises en œuvre car il était bien trop content de nous avoir à sa merci. Nous sommes forcés de l’entendre quand il ne discourt plus, il va vers chacun de nous et prononce quelques mots  à notre adresse ; nul ne lui répond mais il se renvoie la réplique avec conviction. Il déblatère avant de changer de victime puis reprend ses harangues.

Devant cette nouvelle donne, les autres manipulent fébrilement leur mobile pour appeler les amis famille et relations à la rescousse. Sauf M. Birou qui appelle directement le Seigneur, avec son portable invisible.

 Rosalyne est  pragmatique ; compte sur les doigts de  sa main (gauche ?)les relations  à qui   elle est  susceptible d’encore formuler une demande ; appelle Jacky en premier car c’est  son chevalier servant ; il  la comble de gratitude, oui mon chat, ma biche, mon chou je t’adore et promets de venir te délivrer en personne à la tête d’une armée de bienfaiteurs et de zélés fans, et qui sait peut-être  un ou deux faons, mais ce sera difficile à réunir ; et il faut  que j’en  ai  fini avec mes obligations mondaines.

  Elle a  appelé Holly  son « ami de toujours » ; il s’étonne je dois avoir mal saisi la situation ; ou alors je rêve tout éveillée. Enfin dit-il mal convaincu, j’aviserai : tu te mets toujours dans des situations incroyables ! 

Enfin  Rosalyne  forme le numéro de  père. Oui  elle aurait  préféré l’éviter ; ils n’ont plus rien à  se dire depuis longtemps.
- Je suis prisonnière, c’est un guet-apens.

-Pourquoi me déranges-tu, demande- t’il je suis en train de composer une sonate en ré mineur il me faut du silence et de la concentration. Toi tu me tires vers la sonate d’alarme.  Comment es-tu venue  en ce lieu ?

…Comment ? reconquérir ta fleur ? C’est impossible ! On ne peut faire tabula rasa, c’est parce que l’on se lance dans des projets irréalisables que l’on se retrouve dans des pièces d’où l’on ne peut sortir.

 

 

Père n’a sans doute pas tort mais à force de vouloir expliquer la situation, il ne fait rien. 

Oliver s’ennuie qui aime l’action. Il n’est pas vilain mais un peu lisse se dit Rosalyne cet épi, ce petit nez pointu ces joues un peu trop rondes… de son côté Oliver a quelques objections à formuler à l’idée de  conter fleurette à Rosalyne de vingt ans son aînée. Il l’aurait préférée avec un jean et une chemise. Sans maquillage.

Ils s’ennuient cependant dans cette prison.

  Mais de toute manière, comment  se feraient-ils la cour ?

On ne peut s’isoler, avec tous ces crétins rassemblés dans une pièce carrée comme des volailles attendant ….

Rosalyne a rappelé son père.

- Toujours pareil papa ! Mais à présent … On dirait que nous sommes morts.

Père s’impatiente :
 « Drôle de métaphore ma fille !

Et… comment la vivez-vous cette mort ? »

Rosalyne trouve son père comique.

C’est rare.
 

- Ben, dit-elle, Alonso s’en fiche d’être mort, pourvu qu’il continue à se faire voir et entendre.  M. Birou prie ou c’est tout comme : donc ça ne le dérange pas non plus.

 Les autres et moi,  nous voulons en sortir quoique ces autres prisonniers soient fort peu estimables…

 

- Ici ça ne vaut  guère mieux que  dans ton songe, Rosalyne. Mais j’ai bien analysé  ta situation : tu peux sortir de ton cauchemar. Ils peuvent aussi partir, n’importe lequel d’entre eux, il suffit de dire le  mot de passe.

- Le mot de passe ?

 - Oui, cette phrase célèbre  qu’un autre a dit dans une situation  similaire.  

- Je ne la connais pas !

 - Rosalyne, voyons ! Réfléchis ! Ne te rappelle-tu point une scène semblable ?  Et cette réplique  fameuse en cinq syllabes et six mots dite par un certain Garcin !

-Jérôme Garcin?

- je ne le connais pas... non, Garcin tout court! Et Inès et Estelle, ça ne te dit rien?

Rosalyne  se creuse les méninges, ne  saisit pas. Père n’a pas été assez explicite.

Père voudrait la lui souffler, la phrase, mais le Malin a paralysé sa voix.

Les autres ? A priori, ils ne trouvent pas non plus. Ils ne cherchent peut-être pas ? 

Rosalyne veut mourir ; l’éternité c’est très long et ceci bien avant la fin.

Aidez Rosalyne à trouver le mot de passe !

 

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Published by Dominique Poursin - dans En vérité je vous le dis
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