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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 09:36
mansfield-park.gifJane Austen

Mansfield Park. roman de mœurs et psychologique.
Année de publication : 1815
Edition : 10/18.


Trois sœurs, Lady Bertram, Mrs Norris et Mrs Price ont épousé la première un Lord, la deuxième un bourgeois, la troisième un matelot alcoolique.

 Mrs Norris n'a pas d'enfant et veut être charitable pour se prouver qu'elle est bonne. Elle fait venir de Portsmouth, sa nièce défavorisée Fanny Price âgée de dix ans pour l'élever chez elle à Mansfield Park, propriété familiale commune.

Mais la fillette devra habiter chez les Bertram et à leurs frais, Mrs Norris étant, en dépit de ses bonnes intentions,  trop avare pour la prendre.

Effrayée dans sa nouvelle demeure, tolérée davantage qu'aimée, la timide et honnête orpheline à l'on confie trop souvent des tâches ménagères, trouve un allié et un confident dans la personne de son cousin Edmond, seize ans. Un tendre sentiment les unit qu'ils ne s'avouent pas.

Quelques années plus tard, au presbytère des Grant, autres résidents de Mansfield Park, arrivent de Londres deux jeunes gens de bonne mine et à la rente confortable : Mary Crawford et son frère Henry.

Edmond s'éprend de Mary, mais, cette jeune femme un peu frivole va-t-elle vouloir d'un pasteur pour époux ?

Pendant que Mary intéresse Edmond, la pauvre Fanny, telle une Cendrillon, supporte un abandon relatif mais violemment ressenti : la jument qu'elle monte lui est ravie pour permettre à Mary de faire des balades ; lors d'une excusion familiale à Sotherton, elle passe la journée assise seule  sur un banc tandis que les couples passent à ses côtés.

 


 Cepndant, Henry tente sa chance auprès de toutes les filles de Sir Thomas Bertram, et fait une cour assidue à Fanny, qui vient d'avoir dix-huit ans et va faire son entrée dans le monde. Mais Fanny, que son oncle voudrait bien marier, va-t-elle vouloir d'un époux séducteur, malgré sa fortune et son beau parler ?

Un jeune homme Yates, fait son apparition chez les Bertram pendant l'absence du chef de famille et propose de monter une pièce de théâtre, Lover's vows, un drame  au langage assez libre dont l'héroïne est une mère célibataire...

Les jeunes gens et leur mères,  investissent la salle de billard, fabriquent des costumes et des décors, se répartissent les rôles. Edmond, le futeur pasteur juge tout cela inconvenant, mais  se laisse entraîner à donner la réplique à Mary!

Fanny, encore plus choquée que lui par la pièce, se révèle incapable, dans son "innocence" d'orpheline, de jouer un rôle.

L'arrivée inopinée de sir Thomas, le père, met fin aux réjouissances, et place au coeur d'Edmond une culpabilité qui  pourrait le rapprocher de Fanny et l'éloigner de Mary.

La condamnation du théâtre comme corrupteur des moeurs de cette famille fait penser à ce qu'en dit Rousseau ( Lettre à d'Alembert sur les arts et les spectacles), trente ou quarante ans plus tôt.

 

Fanny Price : un nom qui n'est pas choisi au hasard. Ses cousines qui sont censées valoir bien davantage ne font que se vendre au plus offrant, mais à des personnages médiocres. Fanny, qui paraît l'humilité même, et qui, à la vérité se sent redevable de la faveur qu'on lui a fait de l'éloigner de son milieu social défavorisé, ne peut que désirer la richesse spirituelle.

Et cependant, pour être retournée à Portsmouth, huit ans après avoir été adoptée par sir Thomas, son oncle, elle se rend compte que l'argent est nécessaire à faire valoir une personne qui a du prix …

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commentaires

Isil 19/12/2008 19:45

Tiens, je n'avais jamais pensé à l'importance du nom. Cette analyse est très intéressante. La valeur de Fanny ne se dévoile que pour des valeurs qui lui sont chères, valeurs spirituelles bien entendu.

Dominique Poursin 19/12/2008 20:59


Oui je me demande si Jane Austen ne lui a pas donné ce nom à dessein. Orpheline, sans argent ni héritage, ne voulant pas non plus monnayer ses charmes, comme d'autres jeunes filles pauvres, elle
table effectivement sur les valeurs sprituelles et elle réussit. Un happy end, cela réconforte!


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