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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 23:54

Au nom du frère  

Seuil, 2002.

Le narrateur se présente come faisant son ultime rapport sous la forme d’un journal.

Paul, son frère, vient de mourir ( octobre 1984), on peut calculer l’année, mais elle n’est pas donnée. Il avait 43 ans, le rapporteur 44 et demi. Ils avaient toujours vécu ensemble. Paul a succombé au sida ( non nommé, facilement identifiable). Il était homosexuel, c’est également dit entre les lignes.

Jean, le frère aîné, avait décidé dans les années 60 de se mettre «  au service » de son frère.  On est frappé par cette expression…

Paul s’est enfermé au sous-sol de la maison familiale, pour écrire. Il avait alors vingt ans.  Jean, qui travaillait comme conseiller dans une entreprise, avait l’occasion de voir beaucoup de monde. Son travail consistait à s’occuper des employés , à les écouter exprimer leurs doléances. Ingénieur en ergonomie, en quelque sorte. Ous les soirs, il descendait raconter sa journée à Paul, ce qu’il avait appris de neuf sur les gens côtoyés. Ces précisions fournissaient à Paul une substance qu’il mettait en forme. En apparence Paul vit dans de bonnes conditions pour réaliser son rêve d’écriture ( que l’on appelle en famille sa « marotte »). Nul souci domestique,  solitude assurée, pas d’obligation de gagner sa vie. Une grande pièce pour lui tout seul.

Moralement, c’est très difficile à vivre. L’existence de Paul est seulement tolérée par la famille. Le père, médecin qu’on appelle « Grant », a longtemps insisté pour qu’il travaille. Léa, la belle-mère des jeunes gens ne dit rien et n’en pense pas moins. Jean, quant à lui, ai de son frère, comme onl’a dit, mais reconnaît que ce n’est pas sans ambiguïté de sentiments («  Je suis le gardien de mon frère »).

Paul est dépendant de ces trois personnes qui l’acceptent lui, son écriture, et son homosexualité, tout en le condamnant.

Le titre de la première partie «  Mort d’un hibou » ne laisse guère de doute sur les vrais sentiments de Jean, même s’il tente de les celer. Il écrit «  je n’ai pas eu le choix ».

Paul publiera un livre «  Le Seul moment » et ne parviendra plus à écrire. Alors, il écrira sur l’écriture, et l’impossibilité d’écrire. Déjà très dépendant de sa famille, couvé comme un enfant, il tombe malade et régresse trois ou quatre ans jusqu’à sa mort.

Pendant cette période, Jean commence à écrire. Il rédige son « rapport sur Paul », sur leur enfance, parents, amis, etc.… Nous découvrons, outre le « cas » (Paul), une famille fermée sur elle-même, dont Paul est le symptôme douloureux. Dans cette famille, on ne quitte la maison que pour mourir… le père mort, Léa vit avec Jean, espérant qu’il prendra la suite du père. Tous deux ont des liaisons sans importance pour passer le temps.

Dans la deuxième partie du récit « L’Eclaircie », son journal, Léa et lui se dissimulent de moins en moins que la disparition de Paul est un bienfait pour eux. Jean va rejoindre Léa en Egypte où elle est partie… mais il ne sort pas de la famille…

Un roman  qui ressemble à  Mauriac….

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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