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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 23:06

Alberto Manguel le livre d'imagesAlberto Manguel «  Le Livre d’images »  Actes sud,2001.

Reading Pictures: history of love and hate

 

 

 

 

Ce titre a une connotation volontairement enfantine (l’enfant et son livre d’image). Manguel veut rester proche du plaisir de contempler les images, que l'adulte doit conserver. Dans l'incipit il se souvient, enfant, d’avoir admiré le tableau de Van Gogh Barques sur la plage de Sainte-Marie, et il fut pour la première fois fasciné par un tableau «  la plage multicolore de Van Gogh ».

Ce n’est pas la première fois qu’il parle de cette peinture ; ailleurs il nous parlera de l’effet de symétrie des  barques , ici dans ce chapitre « l’image-récit « , il place la peinture dans une optique résolument narrative; tout tableau suscite une histoire à raconter.  Tout  au moins pour celui qu'il appelle " le spectateur ordinaire" , soit une première approche des oeuvres d'art

Cette histoire est faite à la fois du contexte dans lequel le tableau a été peint( pour Van-Gogh évocation de son contact avec la méditerranée du pèlerinage des Gitans à Sainte-Marie, du nom d’une des barques, d’événements dramatiques…) et sa propre réaction face au tableau dans une optique autobiographique.  Les deux conjugués nous font imaginer quelque histoire à partir du tableau.

 

 

van gogh barque plage l

J’aime aussi le chapitre “ L’Image-connivence” .Manguel y explique commennt l'on peut peindre une personne ou un objet qui nous représente, sans que ce soit le moins du monde un autoportrait. On s’attache aux personnages de Gonçalvès, l’homme lettré et poilu comme un singe, à sa famille, notamment Tognina( on peut les voir au Kunsthistorisches Muséum de Vienne et à la National Bibliothek (pas demain la veille pour moi ! )  et aux portraits qu’en fit Lavinia Fontana, être d’exception comme elle, puisque femme et peintre au dix-septième siècle.

 

Laviania Fontana autoportrait

      Tonigna Gonçalves

Portrait-of-Antonietta GonçalvesLavinia Fontana autoprotrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’Image-absence Manguel tente de saisir le sens que l’on peut donner aux tableaux qui ne veulent plus représenter des objets  identifiables. C’est à  partir de Joan Mitchell et de ses deux pianos qu’il réfléchit à la problématiques de art cet de l’irreprésentable, mais aussi de l’œuvre de Jackson Pollock.  «  Le mot empêche le silence de parler » disait Beckett.

joanmitchell1

Le refus de représenter des personnes vivantes remonte « à la tradition des philosophes iconoclastes du VIIIème siècle . Les premiers chrétiens avaient hérité de la méfiance des Juifs envers les représentations de sujets vivants, même s’ils ont continué, suivant la tradition romaine à décorer d’images religieuses les catacombes et les tombes.

Joan Mitchell partage le credo artistique de Pollock , en gros,  ne pas dépeindre ce qui ne peut être dépeint, garder aux perceptions de qu’elle ont d’incommunicables, travailler hors langage.

Cependant dans cette absence, où dans ce peu de représentation ( dans les Deux pianos, il y a déjà ou encore des traces de piano…) Manguel voit bien des choses : la symbolique de couleurs qui est un langage, le contexte dans lequel le tableau fut peint, le titre du tableau, et  il fait vivre pour nous ces œuvres à sa manière, en retraçant la vie et les conversations des artistes entre eux.


Inversement à l’image qui se veut  pure peinture, sans signification( avec Manguel c’est raté !) les artistes du seizième siècle au Pays-Bas , tel Robert Campin, conçurent des compositions chargées de significations  telle cette Vierge à l’enfant  dans laquelle tous les éléments sont porteurs de snes cachés.

 

Robert Campin1

 

C’est l’occasion pour Manguel de nous faire un remarquable historique des représentations des vierges à l’enfant à travers les siècles jusqu’à celle humoristique de Max Ernst La vierge châtiant l’enfant devant témoins.

 

 

Ernst-vierge

Les variations de Manguel sur l’image sont au nombre de douze.  J’ai aimé toutes ces variations, qui nous font voyager dans l’histoire de l’art, comme dans la littérature de laquelle Manguel ne s’éloigne jamais, avec érudition et dans un langage simple, mais jamais simpliste. Il  nous rend  les artistes et leurs œuvres vivantes et  proches de nous, et y mêle comme il le fait toujours des souvenirs autobiographiques en rapport avec son propos.

 

Certains chapitres sont moins pertinents le dernier sur Le Caravage ( l'Image-théâtre) est plutôt moins bon que ce que j’ai lu avant sur lui. 

 

 

L'ensemble est néanmoinsà lire et à relire!!!

 

 

 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures essais et documentaires
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commentaires

Anis 06/07/2011 12:43



est véritablement passionnant, je crois que je vais me l'offrir.



Dominique Poursin 08/07/2011 10:08



Achète-le en grand format si tu peux!



keisha 11/06/2011 19:08



Tu as aussi l'histoire des bibliothèques : tout aussi indispensable!



Dominique Poursin 05/07/2011 09:26



J'en ai encore plusieurs à lire!



L'Irrégulière 11/06/2011 11:25



Tu me tentes beaucoup ! Il faut que je lise ça !



Dominique Poursin 11/06/2011 12:07



Les livresd'art plaisent toujours! je n'arrive pas à en chroniquer beaucoup, hélas... cela prend plus de temps que l'on ne croit.



Dominique 11/06/2011 09:41



Vrai que tous les chapitres ne sont pas passionnants je suis d'accord avec toi, c'est vrai dans d'autres livres de Manguel, mais ceux qui le sont emportent largement sur le reste et rendent ses
livres passionnants à lire et à relire



Dominique Poursin 11/06/2011 12:06



Dans le livre, les bons chapitres valent complètement le détour!


j'ai été un peu déçue par un de ses livres, celui dans lequel il relit une douzaine de chefs d'oeuvre, qui l'ont autrefois marqué.J'y ai trouvé plein de redites. j'ai même oublié le titre.



keisha 11/06/2011 07:23



Je ne connais pas cet essai, mais avec manguel c'est intéressant, forcément. merci!



Dominique Poursin 11/06/2011 12:02



Mangue,je l'ai découvert avec l'Histoire de la lecture. Magnifique! j'en ai lu plusieurs depuis. Le livre des lieux imaginaires,c'est bien aussi.



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