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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 23:04

Les nuits de la pleine lune Pascale Ogier

Eric Rohmer Les nuits de la pleine lune( 1984)

 

« Qui a deux femmes perd son âme,qui a deux maison perd sa raison »

 

   Louise (Pascale Ogier) travaille dans une entreprise de décoration. Elle partage un appartement avec Rémi ( Tchery Karyo) à Marne-la-Vallée, proche de la station terminus du RER. Cette station de métro symbolise pour elle la liberté. Elle peut s'y rendre à Paris d'une traite, Paris où elle a loué un studio. Elle informe Rémi qu'elle y passera désormais la semaine et le rejoindra le samedi matin. Une existence de rêve qui lui permettra des activités que son ami ne peut partager avec elle. Cet arrangement a lieu après qu'elle ait été avec lui dans une soirée dansante où il s'est ennuyé.

 

Pourtant Louise ne fait que troquer cet être un peu frustre pour Octave ( Fabrice Luchini) qui passe le temps à pérorer dans les cafés prétendant être à la fois écrivain et journaliste. Il égrène à bonne allure une somme de clichés montrant une culture superficielle, non sans donner à toutes ses phrases des allures de citations( on a une première approche de ce qu'on appelle à présent les cafés littéraires, ce qu'y s'y dit ,le ton adopté...) . Les spectateur s'amusent, mais Louise pas du tout.

Dans son petit studio, elle tourne en rond, se met à téléphoner sans cesse à partir d'un carnet d'adresse bien rempli mais où, visiblement, ne se trouvent pas les bons contacts...

La voilà finalement avec un petit chanteur de rock quelconque avec qui elle tente de se persuader avoir du plaisir, en vain. Se lève,exaspérée, fait sa valise, et dégoûtée de la vie parisienne, retourne chez Rémi.

C'est samedi,une nuit de pleine lune, elle prend le premier RER du matin, après avoir conté sa vie à un clochard qui se donne comme peintre et fait son portrait sur un napperon dans l'estaminet où ils s'offrent la première boisson de la journée.

Ils conviennent que les nuits de pleine lune, on recherche l'étreinte...

 

Une aube dans un petit café admirablement filmée, une nuit presque palpable. L'exaltation un peu factice que l'on ressent lorsque l'on est éveillé et dehors, à l'aube.

 

Puis vient la surprise finale...

 

Les deux personnages principaux la jeune fille insatisfaite et le snob ( Fabrice Luchini fait rire avec un jeu très outré à la limite de la caricature) sont d'une grande naïveté . Louise tente d'affirmer sa personnalité, Octave aussi, et chacun tombe dans la banalité. Quant à Rémi, physiquement et moralement, c'est un vrai bloc de béton.

 

Derrière cette satire de la petite bourgeoisie, il y a le pathétique de Louise, le corps maigre, gracieux, qu'elle vêt de toilettes noires à dentelles, le chignon noir aux mèches disparates, sa façon de  percher haut sa voix en y distillant des nuances et des intonations mi-raisonnables, mi-évaporées. Elle voudrait être un bel objet, pour elle-même, et ne rencontre que des hommes vraiment minables. Le plaisir qu'elle aura connu se limite à quelques pas de danse et quelques instants d'étourdissements. 

 

 

 

 

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commentaires

Eeguab 17/01/2010 20:06


Curieusement je n'avais jamais vu ce film.Arte a eu la bonne idée de le programmer à 20h40.Je l'ai aimé,notamment cette sorte de géographie des villes nouvelles que Rohmer trouvait,je
crois,assez fascinantes.Les acteurs,jeunes,s'intègrent bien dans ce curieux va et vient,étrangeté un peu lunaire justement.


Dominique Poursin 19/01/2010 10:41


C'est exact! les lieux comptent autant que les acteurs. La ville champignon, le trajet jusqu'au RER et la vie parisienne, des sujets à étudier aussi. Ainsi que cette brasserie au petit matin.


sylvie 16/01/2010 15:52


c'est drôle, j'ai vu ce film il y a très longtemps, et j'ai le souvenir d'une esthétique qui m'avait marquée... En lisant ton billet, je me dis que je devrais le revoir aujourd'hui, j'en aurais un
regard différent.


Dominique Poursin 16/01/2010 21:02


c'est vrai que je n'ai introduit aucune image! c'est un tort, car une image du film peut raviver des souvenirs.


dasola 13/01/2010 22:24


Bonsoir Dominique, et oui, encore un cinéaste qui disparaît (il avait l'âge de mon papa). Il reste Chris Marker de la même génération. A part ça, il faudrait que je revois les nuits de la pleine
lune avec la regrettée Pascale Ogier. C'était un film léger mais je n'en ai pas beaucoup de souvenirs. Bonne soirée.


Dominique Poursin 14/01/2010 10:54


Il avait aussi l'âge de ma maman!
Alain Resnais est aussi de cette génération. il tourne encore...
Les films de Rohmer ne sont légers qu'en apparence. Pacale Ogier semble un peu effrayante dans ce film, après coup, quand on sait qu'elle n'avait plus beaucoup de temps à vivre. Cette maigreur, ce
visage émacié, ces tenues noires...
Je vous sais gré d'être venue Dasola.
Bonne journée.


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