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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 10:08


Rue KatalinViviane Hamy, 2006, 235 pages.

1er publication 1969.

 

Les Ekeles , leur fille Iren, et leur gendre Balint, vivent à l’étroit dans un appartement du centre de Budapest, avec  la petite fille qu’Iren a eue d’un premier mariage. Nous sommes en 1968. Ils ne sont pas heureux, ne cessent de penser au passé, lorsqu’ils vivaient rue Katalin, dans des maisons avec jardin, avant la guerre. Ces maisons ne sont plus, et certaines personnes chères ont également disparu, notamment Le couple Held et leur fille Henriette, compagne de jeu d’Iren et Balint, victimes des persécutions nazies.

Blanka, la sœur d’Iren vit loin d’eux dans une île au climat tropical, dépendante d’un époux et d’une famille riches, qui la séquestrent, tout en l’entourant de sollicitude

Henriette, disparue depuis longtemps, circule au milieu d’eux, comme fantôme, sans être reconnue. Vivants et morts sont obsédés par l’existence d’autrefois, tel un paradis perdu.

Au fil des chapitres, nous prenons connaissance de ce passé, plongés dans les pensées de l’un ou l’autre des protagonistes.

Tout commence en 1934, lorsqu’Henriette et ses parents arrivent rue Katalin, où vivent déjà les Elkeles et Balint, ainsi que son père. Dans les jeux des enfants perce déjà la rivalité amoureuse : les trois fillettes sont folles de Balint. Les parents sont difficiles, la vie est loin d’être idyllique, mais ces êtres sont jeunes et pleins de passion, quoique déjà perturbés…

 

Ce récit est surtout un roman psychologique et de mœurs. Bien sûr,  les événements historiques  (seconde guerre mondiale, persécution nazie, dictature communiste) y tiennent une part non négligeable, et se mêlent de gâcher irrémédiablement la vie, déjà bien  compliquée, des personnages.

  La narration souple navigue dans les pensées des uns et des autres, dans un va-et -vient du présent au passé et d’un personnage à l’autre. La forte présence du fantôme de la jeune Henriette qui se promène parmi les vivants  et prend de plus en plus d’importance est là  pour désigner  là une vraie tragédie : les survivants à la famille Held, vont se comporter comme des morts-vivants tout le restant de leurs jours. Les connaissances qu’ils font à l’âge adulte, ils les tiendront à distance, rejetant comme peu important tout ce qui n’a  pas de lien avec la rue Katalin. Soit qu’ils aient été traumatisés par leurs deuils, soit que leurs familles aient vécu trop repliées sur elles-mêmes la constat est désespérant.

 

Il n’empêche que pour l’auteur, l’âme humaine est généralement torturée, et  le présent  alourdi par les souvenirs et les regrets.

 

 

 

 Lu dans le cadre de la semaine hongroisesemaine hongroise 7 au 13 mars

 

D'autres billets chez Schlabaya et Cryssilda.

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commentaires

Anis 01/04/2011 22:06



je la connais déjà et je suis ravie de la retrouver sous ta plume experte. Un grand écrivain, docteur en philologie je crois. Les communistes à partir de 1948 l'ont plus ou moins condamnée au
silence. Je n'ai lu que "La porte" et j'ai très envie d'en lire un autre.



Dominique Poursin 03/04/2011 18:40



J'ai lu aussi La Porte, mais c'était avant le blog. Je ne l'ai donc pas chroniqué. Je viens d'en emprunter un autre en bibliothèque "la  Ballade d'Iza".



Manu 09/03/2011 13:10



Tu me donnes envie de découvrir cette auteur que je ne connaissais pas du tout. J'aime beaucoup la couverture ;-)



Dominique Poursin 12/03/2011 13:22



Tu as raison Manu, c'est bien un chat! Et pourtant, je ne me souviens pas en avoir croisé dans le récit...



Sibylline 09/03/2011 10:30



Hello


Je ne vois pas tes nouveaux titres s'azjouter dans tes index d'auteurs, c'est un oubli? Parce que je trouve ces index bien pratiques.



Dominique Poursin 09/03/2011 10:56



Je n'ai pas rajouté les trois derniers il me semble!


Peut-être en manque-t-il d'autres? Je vais réparer cela...


Merci de me le dire!


 



Anis 09/03/2011 07:19



Je n'ai pas lu ce lui-là mais cette dame est un grand écrivain. En ce moment je cherche des noms d'écrivains pour mon tour du monde. je vais aller voir du côté de cette semaine hongroise.



Dominique Poursin 09/03/2011 10:53



J'étais très attirée par la trilogie Transylvaine de Miklos Banffy. Mais c'est trop cher...


J'ai feuilleté aussi des ouvrages publiés chez Viviane Hamy notamment L'Alouette d'un certain Kostolanyi, et le Parapluie de Saint Pierre de Mikszath( ??cen'est pas tout à fait ça) un conte
ironique, un peu grivois, assez rigolo, mais là nous sommes au Dix neuvième siècle en pleine campagne.


Il faudrait lire Imre Kertesz aussi mais je n'ai pas envie pour le moment.


La littérature hongroise est très riche!



JEA 08/03/2011 17:18



Citation extraite de "La Porte" :


- " Quand on n'aura plus rien à faire de soi-même, parce qu'on ne le peut plus, il
convient alors d'en finir, quand l'humanité marchera depuis longtemps à l'échelle des étoiles, ceux qui vivront alors seront loin d'imaginer la crèche barbare où, pour une tasse de cacao, nous
avons livré nos pitoyables combats, seuls ou avec d'autres, mais même à ce moment là on ne pourra toujours pas corriger le destin de celui qui n'a sa place dans la vie de personne."


                                                                          


 



Dominique Poursin 09/03/2011 11:01



J'ai lu la Porte,mais je ne m'en souviens pas dans le détail... c'est une citation intéressante, mais pleinement compréhensible dans le contexte où elle est dite.



Dominique 07/03/2011 10:27



Je n'ai pas lu celui là mais c'est une auteure que j'aime bien même si le plus souvent elle est assez noire



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