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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:33

les-raisons-de-mon-crime,M67235

Gallimard, 232 pages, 2012.

 

 Marianne, la narratrice, a décidé d’écrire un roman sur sa cousine Martine.

Elle la connaît peu.

Lors de vacances chez leur grand-mère maternelle, Pépée la Guenon, Martine fascinait et terrifiait Marianne, plus jeune et mieux élevée, jusqu’à une conclusion inattendue, où la cadette prit le dessus grâce aux fourmis... A l’âge adulte,  la mère de Marianne a su échapper à sa famille d’alcooliques dégénérés… on ne se voyait que pour les enterrements.  Les deux cousines ont perdu tôt leurs mères.

Lorsqu’elles se revoient par hasard, bien des années ont passé. Les cousines flirtent avec la cinquantaine.  Graphiste au chômage, Marianne a du temps, s’intéresse à sa cousine qui vit dans une grande précarité, veut profiter de son temps d’inactivité pour explorer, à travers Martine, sa famille Martine est d’accord « Il y aura des mensonges, des inventions, tu m’en voudras, forcément, parce que je ne vais pas être tendre. Je m’en balance, de ta tendresse, ce que je veux, c’est la vérité, que tu dises toute la vérité. Je te raconterais tout, même quand le père de ma fille m’a tiré dessus avec un fusil. Et Jacques, mon frère, tu sais quoi ? Quand les pompiers sont venus, ses organes étaient noyés dans du liquide. Il flottait dans l’alcool, et son foie est revenu par sa bouche. »

C’est parti pour l’enfer ! Martine a un compte à régler avec sa cousine depuis l’enfance, sa vérité ne va pas la laisser indemne. Petit à petit, au fil des rencontres dans le studio de quinze mètres carrés où vit Martine, avec Lucien, Radio-Nostalgie, l’alcool, et des kilomètres de Sopalin et de souvenirs tragi-comiques à dérouler, Marianne entre dans le jeu «  Elle vit avec moi désormais, et je vis avec elle. Je ne pense plus qu’à elle, je parle d’elle à mes amis, je fais des rêves inédits, je dors moins, je me suis mise à boire. Je me rapproche d’elle. » . Martine est devenue le personnage du roman.  

Dans les premières pages, je me sentais à mi-chemin entre Annie Saumont et Régis Jauffret. Puis, très vite, L’écriture de Nathalie Kuperman devient unique en son genre, très prenante, une grande maîtrise de l'oralité écrite, et on ne peut plus se passer de cette famille Maillard! On se sent boire, rire, pleurer, se taper dessus, agoniser, mourir et revivre avec eux.  


 Une belle réussite!

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Anis 23/06/2012 15:54


Et c'est un grand succès pour un écrivain de happer à ce point son lecteur. Je le note car c'est un nom que j'entends régulièrement.

Dominique Poursin 16/07/2012 09:50



J'ai emprunté "nous étions les vivants " mais ne l'ai pas encore commencé; j'aime bien son écriture!



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