Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 09:30

kuperman nous étions des etres vivants

 

Gallimard, 2010, 203 pages.

 

Mercandier-presse, édition de livres et albums pour la jeunesse, est victime d’un « plan social » et d’une « restructuration ». Un repreneur Paul Cathéter va s’occuper de rentabiliser la petite maison d’édition en déshérence. Pour commencer, il monte les employés les uns contre les autres, promettant à certains un bon poste, s’ils lui indiquent qui devrait être licencié.

Il ya aura beaucoup de licenciements, mais ceux des employés dont nous entendons les voix particulières, sont les premiers touchés et ils le savent. Agathe Rougier ne vit que pour son travail et une collection de poupées datant de son enfance auxquelles elle pense souvent dans ses moments de solitude. Déjà à l'époque, entre les poupées, il était question de compétitivité.

Ariane Stein, divorcée avec deux enfants,  s’effraie à l’idée qu’elle devra dire «  je n’ai plus de travail » à ses enfants, qui alors risquent de lui échapper complètement pour vivre avec la nouvelle amie de son ex-mari.  Ariane nous inquiète avec sa façon de dire "je ne bouge pas".Patrick Sabaroff est décidé à faire  de son mieux pour plaire au nouveau patron… en vain ! Muriel, nommée directrice générale ne supporte pas de devoir dénoncer ses collègues… Dominique, nommée directrice adjointe, se demande sur quel pied danser.

Il y a aussi le  chœur comme dans les tragédies grecques, ( le "nous" du titre) qui représente les salariés de l'entreprise et nous informe du contexte, pour exprimer les angoisses, et la colère des   employés tous condamnés au chômage au  à plus ou moins longue échéance, et sinon à ramper devant Cathéter qu’on appelle « le gros porc ». Le repreneur  n'est pas un personnage, c'est l'anonymat de l'ultra-libéralisme inhumain et uniquement préoccupé de rentablilité. 

Des romans comme celui-là, décrivant le naufrage des entreprises, broyées par le monde moderne, il s'en écrit beaucoup depuis plusieurs années. Je n'ai pas le courage de les lire, d'ordinaire, mais j'aime beaucoup Nathalie Kuperman...


Son choix de l'oralité, est comme toujours parfaitement maîtrisé, en rapport avec la situation.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Anis 06/04/2013 09:15


Je ne la connais pas mais je pense que j'aimerais la lire car ce thème et l'écriture semblent très forts.

Dominique Poursin 06/04/2013 10:02



C'est une écriture de très grande qualité. Proche du théâtre, et cela me plaît, car j'aime le théâtre qui se lit, moins celui que l'on joue.



Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher