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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 13:06

 

Film de Paolo et Vittorio Taviani (1977)

 

 

Vers 1920 en Sardaigne une famille de paysans élève des  chèvres. Ils ont plusieurs enfants et vivent dans la précarité.

Le père fait irrruption un jour à l’école du viallge pour en arrache Gavino son fils aîné âgé de 6 ans . C’est l’incipit du film. Malgré les supplications de l’institutrice, il emmène le gamin non sans avoir expliqué ce que sera sa vie : là-haut sur la montagne, il y a la bergerie familiale ;le garçon va s’en occuper, seul, la nuit comme le jour.

Ce premier épisode est dramatique ; mais nous comprenons que le destin de Gavino, qu’on pressent singulier, est aussi celui de la plupart des autres élèves, qui craignent eux aussi de devoir quitter l’école pour travailler…

 

 

 

retiré de l'école

 

Tout au long du film, les relations de Gavino avec les autres bergers ( souvent contrariées nous sont montrées) ; on a l’occasion d’apprécier que son père est particulièrement sadique.

 

 

Gavino demeure berger jusqu’à ses vingt ans : existence dans une cabane, ne voyant jamais âme qui vive ; il lui est défendu de communiquer avec les autres bergers. Tout manquement aux règles se solde par des corrections paternelles d’une rare violence, dont l’une faillit lui coûter la vie.


battu par le père

 

  Il ne parle qu'avec les chèvres qui lui font des reproches ; aucun pitié n'est à attendre , ni des hommes ni des animaux.

 

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Le paysage montré est rude, les tons sobres. L'être perdu dans l'immensité alterne avec les gros plans.

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 Un jour, au printemps, il voit passer un accordéoniste qui joue une valse de Strauss. La musique va désormais compter pour Gavino ;il réussira à se procurer l’instrument et à en jouer.

 

 

 

Les sons ont toujours beaucoup compté pour lui : mais en lieu et place des bruits de la nature, il va découvrir le monde plus riche de la musique.

 

 

Un hiver particulièrement rude qui met à mal la plantation d’oliviers change le cours de la vie de Gavino.

 

tu étais riche mai ça a mal tourné

 

 

Il va pouvoir quitter la maison familiale, se scolariser, découvrir que le monde existe, la guerre, l’art, la société, s’affronter avec son père, gagner son indépendance et une sorte de liberté.

 

Toutefois,   les  rassemblements de la famille et de la communauté sont fréquents et Gavino y a sa place, un peu différent tout de même. Il a perdu l’habitude de parler, et est affecté par moment d’un balancement rythmique qui évoque la schizophrénie. Ce symptôme revient tout au long du film. Il est  la conséquence de  la solitude d’un isolement répété,  et des mauvais traitements infligés.

 

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La lutte sans merci avecle père est un moment clef du film : la violence extrême y est accompagné du concerto pour clarinette de Mozart, musique insupportable au père. le monstre prend la famille à partie

mon père ce monstre

 

 

Les Frères Taviani se sont inspiré d’un récit de vie autobiographique «  l’Education d’un berger Sarde »écrit par Gavino Ledda, qui prend la parole à la fin du film. Disant à quel point il est attaché à ses racines, et demeurera un fils maudit.

Gavino Ledda

 

Gavino reste un être singulier aux prises avec l’élémentaire de la communication, ce qui suppose de sa part une intelligence des complexités des langues, et de la façon dont elles  gouvernent les civilisations.

Le film a été réalisé avec un petit budget pour la télévision ; cependant il fut présenté à Canne et y remporte la palme d’or en 1977.

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commentaires

Tietie007 24/09/2011 08:57



Le cinéma italien a été victime de la crise ayant touché les salles de cinéma, dans les années 70-80, à cause de la concurrence de la TV, et de la standardisation des productions destinée, avant
tout, à un public d'ados. 


 



Dominique Poursin 30/09/2011 10:22



Je suppose qu'il n'y a pas de remède pour l'instant...



Tietie007 22/09/2011 14:26



Emouvante évocation de la vie d'un jeune berger sarde !



Dominique Poursin 23/09/2011 19:10



Oui,ce film m'avait bouleversée lrosque je l'ai vu en salle ( il y a longtemps...) et encore maintenant avec le DVD.



dasola 05/08/2011 11:04



Bonjour Dominique, avec Padre Padrone, le cinéma italien était à l'honneur et la Palme d'or était méritée. Je n'ai pas revu le film depuis longtemps. Et les Frères Taviani ne tournent plus rien
(et c'est dommage). A Cannes, ils ont été remplacés par les Frères Dardenne, je ne suis pas sûre que l'on y ait gagné au change. Merci pour le rappel de ce film. Bonne journée.



Dominique Poursin 09/08/2011 14:38



Je me demandent pourquoi ils ne tournent plus rien?


les frères Dardenne sont aussi talentueux que les Taviani, mais complètement différents.



Eeguab 04/08/2011 19:52



Film admirable comme cinq ou six des meilleurs Taviani.Rude comme la terre,brutal parfois comme la vie savait l'être,plein d'espoir malgré tout.Paolo et Vittorio ont eu la côte quelques années
puis ils ont été pas mal oubliés, minorés même souvent.Injustement,j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire plusieurs fois à propos de leurs films.



Dominique Poursin 09/08/2011 14:35



Bien sûr! Il y a eu  un âge d'or du cinéma italien, années 70, 80... tous ne sont pas morts mais tous ont été frappés.


Actuellement il n'y a guère que Nanni Moretti comme grand cinéaste italien que je connaisse. Marco Bellochio filme encore des choses intéressntes aussi.



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