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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 00:59

Gallimard, 2012, 178 pages.

 

Le début des années 60 ; Paris, quartier Montsouris, Montparnasse, et alentours. Le narrateur Jean, se souvient d’avoir eu avec Dannie une brève liaison.  Il  déambulait autour de la cité universitaire, sans autre occupation que d’écrire dans un carnet noir, elle vivait provisoirement dans une chambre de cette cité, pas plus étudiante que lui…

De simples  rencontres  mais sans que l’on sache si c’est le hasard qui les provoque

 

C’est une jeune femme compliquée, mystérieuse, marginale, recherchée, ou seulement surveillée ?  par la DGSE ou une organisation du même genre.  Fuyant une  situation dangereuse, un passé trouble. Elle déménageait tout le temps d’hôtel en chambre d’étudiants et fréquentait des tocards : Paul Chastagnier, Aghamouri, Duwelz, Gérard Marciano, «  Georges »( qui semble dangereux), délinquants ou réfugiés politiques,  dont elle aurait bien voulu se rendre indépendante .

Une liste de noms que Jean rajoute dans son carnet noir,  à celle qui jusque là était surtout faite de personnages littéraires : Tristan Corbière rue Frochot, Nerval rue de la Vieille Lanterne, La baronne Blanche Jeanne Duval et Marie –Anne Leroy  qui fut guillotinée dans ce triste quartier du Montparnasse. Ceux-là sont partis pour toujours, et le narrateur n’a pu les connaître.    Dannie, selon lui, ressemblait à la baronne Blanche.

Cette baronne est semble-t-il une roturière longtemps amante du roi Léopold de Belgique qui la fit baronne, tout en la fréquentant clandestinement.

Le charme de cette brève liaison vient de la sensation d’être en permanence menacé sans trop savoir de quoi, du délice de devoir se dissimuler avec une jeune femme, à l’identité floue.  Une courte virée à «  Feuilleuse dans l’Eure-et-Loir »  dans une maison, où ils squattaient dans la clandestinité. Il y oublia un manuscrit déjà avancé.

Dannie, il ne l’a pas rêvée. Même si à présent« la plupart des immeubles vous donnaient l’impression de vous trouver en présence d’un chien empaillé, un chien qui avait été le vôtre et que vous aviez aimé de son vivant »

Le roman déroule les souvenirs comme d’ordinaire chez Modiano, à parti d’itinéraires géographiques, de nom propres( ici et pour « Dannie » un nom en cache un autre) de réminiscences de fragments de vie, déambulations nocturnes,  moments où il cherche à en savoir plus sur cette amie «  entraînée dans une sale affaire » sans doute criminelle, tout en jouissant de ne pas vraiment savoir et de la rencontrer en se cachant avec elle.

Quoi de plus semblable au fruit défendu ?

C’est pourquoi, longtemps après il cherche toujours à se rappeler ces moments particuliers.


N’ayant lu que trois romans de Modiano, je vois tout de même bien des schémas qui se répètent, notamment l’existence d’une héroïne toujours en fuite, magnifiée par son destin aventureux, mais n’occultant pas le côté « fille perdue ,orpheline abandonnée » . De même les quartiers de Paris sont étranges, mystérieux, et cependant misérables et à priori sans attraits, quoique la situation leur en prête…

 

Encore un beau texte, plein de charme, en tout cas...

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Anis 01/12/2012 09:44


Je n'ai jamais lu Modiano. Je n'ai jamais été attirée, il faudra que j'essaie un jour.

Dominique Poursin 18/12/2012 22:56



On vit très bien sans avoir lu certains auteurs! le tout est de trouver ceux qui nous font passer des moments intéressants ou/ et jouissifs.



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