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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 10:37

Quelques heures de printemps D6D6-f jpg-q x-xxyxx

 

Y-a-t-il une vie après la mère?

 

 

 

 Réalisé par Stéphane Brizé.

Acteurs : Vincent Lindon , Hélène Vincent, Emmanuelle Seigner.

 

Après dix-huit mois de prison effectués pour avoir accepté de passer de la drogue dans son camion, Alain, célibataire d’âge mûr, revient vivre chez sa mère. Elle n’a pratiquement jamais été le voir en prison. Elle l’héberge, mais lui dit qu’il n’est pas chez lui. Le fils et la mère sont en conflit ouvert. Ils ne partagent pas la même table ni les mêmes repas. Ils « communiquent » par l’intermédiaire du chien qu’ils aiment tous les deux, et sinon se disent des injures. Après une terrible échauffourée, Alain va vivre chez son voisin,ex-collègue de travail.


Alain ne peut reprendre son emploi de transporteur. Il se fait embaucher à trier le contenu des poubelles « carton » à la voirie. Au café, il rencontre une femme : Emmanuelle Seigner à qui les chemises à carreaux, les queues de cheval et un  jeu »naturel simple et gai» vont bien. Mais à ce moment de la relation où l’on parle à l’autre de soi, de sa vie, il se trouve minable et fuit, fâché, sans s’être expliqué.

Donne sa démission de l’emploi qu’il occupait.

Jusque là, le sujet semble être l’impossible réinsertion d’un individu marginalisé. Qui vit avec sa mère. 

L’état de santé de  Mme Evrard est préoccupant. Cancer et métastases. Elle choisit le suicide assisté  en Suisse avant d’avoir des symptômes sévères qui l’amèneraient à croupir dans un hôpital. «  C’est la seule chose que j’aurais choisie dans ma vie » dit-elle. Une phrase terrible ? Ou peut-être simplement la lucidité. Les Evrard mère comme fils sont sans illusions. Ils ont eu une vie moche, dont ils sont l’un et l’autre mécontent, et c’est pour cela qu’ils se querellent. 

Les critiques ont fait remarquer qu’Yvette et son fils ne se parlaient pas.  Certains critiques ont dit que dans les milieux modestes on n’a pas beaucoup de mots pour exprimer les sentiments. Au contraire, dans les milieux modestes, on parle souvent beaucoup, on s’exprime, lorsque l’on en a le désir, la possibilité. Comme partout.

Dans ce contexte, même si Yvette et Alain n’étaient pas en conflit, ils auraient peu  à se dire de toute façon !  Le fils, devenu un homme depuis bien longtemps, a forcément d’autres préoccupations que sa mère.

Cependant Mme Evrard tient à son fils. Elle a acheté une cafetière parce qu’il n’aime pas le café en poudre. Lui parti, elle cherche à le faire revenir, se servant du chien. Alain ne reviendra que pour le chien… elle le sait.

Et finalement pour le suicide assisté. C’est le deuxième sujet du film. Quel est son rapport avec le premier sujet ( la marginalité) ?  On ne sait pas ce qui va changer pour Alain, sa mère étant défunte. 

La façon de présenter le suicide assisté : plusieurs personnes viennent à la maison demander à Yvette si elle a eu une bonne vie. Puis lorsqu’elle esquive la question, l’assurer qu’elle est « un être précieux et unique ». Je suppose que l’équipe de psychologues cherche à savoir si Yvette est vraiment décidée à ce geste. Pour ce faire, ils devraient plutôt lui rappeler que le suicide assisté reste un suicide.

Je n’avais jamais tenté d’imaginer comment se déroule un suicide assisté. Je n’avais même pas imaginé que l’on y recourait alors que l’on avait peu de symptômes graves, mais la certitude venue de l’autorité médicale que ça allait empirer. Cela paraît tout simple, et très effrayant tout de même. Juste ingurgiter une boisson au goût d’orange. Pleurer brièvement son fils, et plonger dans son dernier sommeil. Et cette unique image de la Suisse une petite rivière coulant  avec une montagne en arrière-plan ? C’est tout ce qu’ils auront eu comme vacances.


Certains critiques trouvent le film sentimental voire misérabiliste, et plein de bons sentiments. D’autres le trouvent pudique et sachant éviter le pathos et les bons sentiments. Personnellement je trouve que pour éviter totalement  le côté sentimental ou cliché il aurait fallu  supprimer le personnage du voisin chez qui Alain trouve refuge, et le médecin de Mme Evrard qui  bêtifie sur  la nécessité de subir les soins palliatifs.

D’autres trouvent la mise en scène banale. Personne ne dit la même chose !

C’est un film intéressant, les personnages sont crédibles et confrontés à de vrais problèmes. Des gens qui connaissent la vie et savent ce que l’on peut en tirer…

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Published by Dominique Poursin - dans Cinéma ni lu ni commenté"
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