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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 15:50

metamorphose-dun-mariageLivre de poche, 2008, 500 pages. Traduit du hongrois.

 

Ce roman  met en scène trois personnages deux femmes, et un homme qui les a épousées l’une après l’autre, en tout trois dialogues que ces trois protagonistes énoncent  tour à tour, chacun s’adressant à un ou une amie, longtemps après les faits, pour raconter ce mariage, mais aussi sa vie tout entière. 

Ce sont en fait des monologues car l’interlocuteur ne parle pas , mais on évoque ses réponses, destinées à relancer le récit…

C’est Ilonka,  première épouse de Peter, qui ouvre le feu.

Elle est issue de  la bourgeoisie moyenne et a épousé en Peter un bourgeois aisé. Sa vie a changé dut tout au tout. Sa vie conjugale a été ratée, son mari étant toujours occupé ailleurs, elle a passé le temps à chercher l’nnemie la rivale ( quitte dans un premier temps à l’imaginer en la personne d’un ami de Peter)…à conquérir son mari inaccessible…

 

Ensuite Peter s’exprime, pour évoquer ses deux mariages l’n très convenable avec Ilonka l’autre qui lui paru très aventureux et excitant avec Judit, jeune femme qui servait dans sa famille de bonne à tout faire…il parle aussi longuement de son enfance, de sa jeunesse, de ses voyages, de son ennui profond, de son regret de n’être pas artiste ou écrivain.

 

Puis c’est Judit , la servante devenue maîtresse de maison, après avoir vécu une enfance misérable à la campagne et une vie de bonniche bien meilleure chez ses bourgeois aisés, qu’elle mérpisait tout en les enviant…

S'approprier les biens matériels et culturels de la classe dominante, tel est son but ; elle les apprécie tout en les méprisant, ce qui n'est pas sans provoquer des contradictions chez ce personnage.

 

Ces trois témoignages ( en fait il y en a quatre...) ne manquent pas d’intérêt. On y vérifie ou l’on y découvre, c’est selon que chacun désire  ce qui lui paraît inaccessible,qui se refuse à lui,  et ce qui lui fait figure d’interdit. Ilonka aime son mari qu’elle a senti loin d’elle dès le départ . Chaque personnage est conditionné par sa classe sociale, et son sexe ( les préjugés véhiculés à propos de son sexe, et auquel il se conforme).  Tout cela est fort bien observé. Ilonka est prisonnière de ce qu’on lui a dit sur les femmes, les femmes n’ont pour but qu’aimer un homme et avoir un ou des enfants, les femmes ont besoin du bonheur, pas les hommes.

Les femmes ne sont pas intéressées par la politique, ainsi il sera peu question des bouleversements qu’elle a vécu : deux guerres mondiales, l’installation d’une  démocratie communiste, sa chute , rien de tout cela nel’a marquée sérieusement ! Pauvre Ilonka, toujours à la poursuite de sa rivale, elle est vraiment cruche, mais comment lui en vouloir ?

 

Peter décrit longuement les travers de la bourgeoisie, et les idées préconçues sur les hommes, dont  il ne s’est pas affranchi car il les a trouvées à son avantage.  Le contexte politique est un peu plus présent  dans sa vie.  Toute fois ses préoccupations sont avant tout intellectuelles, etlorsqu'il tente d’annalyser ses échecs conjugaux , il a une façon particulière de faire semblant de se mettre  en question, en se réservant tout de même le beau rôle.

Toutefois, c’est  Judit, la servante qu’il a épousée, qui  a vraiment vécu les conflits sociaux-politiques, guerres, dictatures,  et la déportation des juifs  ne lui a pas échappé contrairement aux deux autres…

 

Il y a aussi Lazar, cet écrivain original, qui joue un rôle pour chacun des protagonistes, et dont la mélancolie décadente est présente dans chacun des récits...

 

L’écriture est assez originale surtout les métaphores employées.

Un défaut tout de même, ces monologues sont un peu longs, et répétitifs concernant les enfances des protagonistes, et redondants parfois.On passe quelque pages de temps à autre. L’ensemble est néanmoins riche d’analyse socio-psychologiques de trois êtres très différents, (cinq en réalité), et de méditations sur divers sujets fondamentaux.

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commentaires

Carole 08/05/2013 11:58

Je sais, que je suis très en retard sur le post, mais le fait est que ce roman m'a marquée et voulant le relire, j'ai lancé la recherche sur la toile.
J'ai beaucoup aimé ce roman. cet auteur a une façon très intéressante d'aborder le mariage, la foi, la société. Belle lecture que vous faites là

nymphette 08/02/2011 09:57



Elle est à peu près à jour sur Babelio si cela t'intéresse, tous les "pense-bête": http://www.babelio.com/mabibliotheque.php?&s1=3!


 


Si vraiment ça t'intéresse!



Dominique Poursin 08/02/2011 16:28



Je ne peux pas me connecter à Babelio.



Nymphette 06/02/2011 18:19



Oui, infernale... dont le début touche les nuages, et le bas plonge dans les abysses ;-)



Dominique Poursin 07/02/2011 19:21



J'aimerais la connaître!



Nymphette 02/02/2011 18:20



Voilà un roman intéressant: le mariage est au coeur de tellement de non-dits dans notre société! à noter dans ma liste infernale...



Dominique Poursin 05/02/2011 13:40



Une liste infernale? ça me plaît comme dénomination...


le roman de Marai est bien srtucturé, les différents personnages parlent chacun leur voix, sont approfondis, et c'est donc une réussite d'un point de vue polyphonique. Je vais bientôt relire cet
auteur.


Il y a beaucoup à dire sur le mariage dans toutes les sociétés. De nos jours, on peut discuter du mariage forcé, du mariage blanc, du mariage d'amour, pourquoi se marier plutôt que se pacser...
un sujet riche!


 



fabienneli.over-blog.org 31/01/2011 11:41



J'ai beaucoup aimé ce roman, une bonne histoire bien construite. Heureuse de le retrouver dans littérature sans frontières.


Fabienne



Dominique Poursin 01/02/2011 17:50



Je crois qu'il y a beaucoup de billets sur les oeuvres de cet auteur ; notamment " Braises" que j'ai également noté.



Dominique 28/01/2011 09:19



C'est un bel auteur, je suis d'accord avec toi sur quelques longueurs mais l'analyse des sentiments est vraiment excellente. Il y a une certaine désespérance dans ses romans



Dominique Poursin 01/02/2011 17:08



Oui, on peut penser qu'il n'y a pas de solution. Le personnage de l'écrivain est pris dans des contradictions insolubles et vraiment négatif. Les luttes de classe ne font que s'exacerber comme le
montre le dernier personnage  qui survit de nos jours à New-York.


Mais tout cela est  très bien analysé...



freude 27/01/2011 15:30



Je n'ai jamais lu cet auteur encore, mais ton billet donne envie et je vais essayer cette année de découvrir un peu la littérature hongroise, je viens d'acquérir Vos jours sont comptés, le
premier volume d'une trilogie de Miklos Banffy.



Eeguab 27/01/2011 08:54



Bonjour.Sandor Marai est pour moi une des très grandes voix de cette Mitteleuropa si riche en écrivains,souvent bouleversants.



Dominique Poursin 01/02/2011 16:28



Un grand écrivain en effet!



Manu 26/01/2011 19:34



J'ai lu pas mal de positif sur cet auteur ces derniers temps.



Schlabaya 26/01/2011 16:13



Un livre que j'ai apprécié, moi aussi. Je vais linker ton billet. Ravie que tu participes à la semaine hongroise :D



Dominique Poursin 01/02/2011 16:26



Je relirai Sandor Marai ou peut-être Magda Sczabo dont j'avais bien aimé la Porte.



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