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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 00:46

The Crying Of Lot 49, 1 er publication mars 1966; traduction en 1987 au Seuil( Fiction & Cie).  

 

Oedipa Maas, l'héroïne, s'ennuie avec quelques amies à une tupperware party. Elle a trop bu.

De retour chez elle, une lettre l'attend pour l'informer de la mort de son ex-amant Inverarity Pierce, promoteur immobilier. Il l'a nommée exécutrice testamentaire, ce qui lui vaut de devoir se rendre à San Narciso ( Californie) pour s'occuper de l'affaire.

 

A San Narciso, elle va rencontrer Metzger autre exécuteur testamentaire. Il faudra vendre l'immense collection de timbres appartenant à Pierce.

Du temps où elle fréquentait cet individu, sa collection l'irritait .A présent, elle trouve sur chacun d'eux le dessin d'un cor postal muni d'une sourdine. Ce dessin, elle l'a vu aussi plusieurs fois sur les murs de la ville ainsi que dans les toilettes d'une auberge avec l'inscription WASTE, un nom ou un acronyme?


Un certain Mike Fallopian au bar du Scope lui conte l'histoire de soldats pris dans une embuscade en Italie, «  des postiers de l'armée » dont on repêcha les os après qu'ils se furent noyés; Lesquels os furent vendus à diverses firmes et servirent à fabriquer des filtres à cigarettes : une société que Pierce exploitait.


Avec la sympathique compagnie, des Paranoïds groupe de rock fondé par de vrais quadruplés ,elle    

assiste à une pièce élisabéthaine «  la Tragédie du courrier »particulièrement sanglante.

L'héritier d'un duché italien, Niccolo, menacé par la famille de son demi-frère bâtard, et tenu à la clandestinité, s'est enrôlé comme postier; il est assassiné par des brigands .


Oedipa médite sur des vers apparemment obscurs «

 Comme Thun and Taxis celui que l'on connut

Tombe sous le stylet toujours par thorn tenu

Tacite désormais pose sa corne d'or

Nulle étoile sacrée ne veille quand il dort

Sur l'ancien compagnon du pauvre Trystero.

 

Le nom de Trystero l'interpelle, bien qu'il ne soit prononcé qu'une seule fois dans la pièce. Il lui faut savoir qui est ce personnage.

Dès lors l'interprétation du testament de Pierce va se confondre avec le possible déchiffrement de ce nom « Trystero », et la démarche d'Oedipa devient une quête fort complexe.

 

Mi résultat d'enquête, mi affabulation de sa part, elle finit par établir qu'un réseau de courrier postal clandestin s'est développé en Europe au 15eme siècle. Le service postal du Saint-Empire romain germanique » Thun and Taxis » fut doublé par un certain « Trystero », l'héritier déshérité d'un membre honorable et décédé dudit service postal.

Ses compagnons et lui pervertirent le service postal ordinaire, soit en volant le courrier , soit en attaquant les messagers officiels, soit en intervertissant les lettres aux destinataires... l'emblème du réseau Trystero fut ce ce cor muni d'une sourdine.

 

Héritier déshérité, imposteur, trafiquant de timbres, bandit des grands chemins,

ancêtre des «  amoureux anonymes », de part sa parenté phonétique avec Tristan, qui fut Trystero ?

 

Oedipa ( Oedipe au féminin) se débat dans une foule de messages mystérieux. Elle attend du «  système Trystero » l'expression d'une marginalisation étouffée depuis longtemps.

 

Ce mystère devrait s'éclairer avec l'apparition de l'acheteur du lot de timbres.

«  49 » est aussi l'âge de l'auteur lors de la parution du livre ( Pynchon est né en 1937).

 

 

 

«  Si Trystero n'est rien alors l'Amérique est fichue » dit Oedipa dans un long monologue final. Elle s'est entichée et nous la comprenons de ce héros marginal mythique et pense qu'il se manifestera par delà les siècles pour lui apporter un Message Essentiel.

 

Pourtant, la reconstitution au fil des siècles du système Trystero ( qui n'est autre que la métaphore de la littérature selon Pynchon ,autre langage que l'officiel, messages parallèles et codés, invention d'une autre vie «  souterraine »; tiers exclu de la société, perversion des messages officiels,...) souffre bien des lacunes.

En effet, notre triste héro-ïne,Oedipa, est amateur de boissons forte : durant toute l'histoire, elle ne dessaoule pas, et ses interlocuteurs non plus,quitte à se pinter...au vin de pissenlit, lorsqu'ils ne trouvent rien de mieux!

 

Dans cette œuvre ouverte ( au sens d'Eco) le nombre de sphinx consultés est élevé : tous se piquent de savoir quelque chose

Il est vrai que souvent c'est l'héroïne qui les met au défi de lui apprendre quelque chose et sollicite des histoires...

 


 

 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Lilly 24/11/2009 10:53


J'ai envie de découvrir Pynchon depuis quelques mois, mais j'ai l'impression que c'est un auteur  qui demande de la patience et du temps... ce que je ne peux pas me permettre en ce moment...


Dominique Poursin 24/11/2009 16:05


Exactement! et j'ai choisi son roman le plus mince et le moins ambitieux paraît-il. Je ne vais pas le relire avant un certain temps.


keisha 07/11/2009 18:08


Cela m'étonnerait, tu es allée au bout de Pynchon, c'est une preuve!!!
Et je relis mon dernier commentaire, excuse moi c'est bourré non pas de fautes d'orthographe, mais de fautes de frappe. J'essaierai d'être plus vigilante avant de cliquer sur envoyer...


Dominique Poursin 08/11/2009 13:22


Tu es absoute! 
Je ne suis pas allée au bout de Pynchon. Les spécialistes n'y parviennent même pas.


keisha 07/11/2009 10:23


J'ignore si cette histoire d'étides scientifiques est avérée.
Bon, Powers , je ne sais pas, je crosi que oui, Vollman?, Gass? je l'ignore. Je voulais dir qu'il faut un peu d'attention pour les lire.


Dominique Poursin 07/11/2009 15:11


Bah! cette collection n'est pas pour moi! j'ai la "comprenette difficilette" comme on disait autrefois


keisha 07/11/2009 08:48


Pynchon n'est pas considéré come un auteur facile. Je n'ai pas trop lu en détail ton billet, juste pour savoir si tu en es ressortie "vivante" car je compte bien m'y lancer.
Sache aussi que c'est grâce à ce roman que le cherche midi a appelé lot49 sa collection destinée à des auteurs, euh, dont la lecture est plus exigeante.
Tout cela promet!


Dominique Poursin 07/11/2009 10:08


Aussi vivante qu'on peut l'être au milieu de l'automne, un automne parfaitement conforme à sa réputation.
J'ai remarqué qu'il existait une collection "lot 49" en effet. Richard Powers y est publié aussi. Tous les romancier américains "exigeants" n'y sont pas. Je crois qu'il s'agit d'une certaine
catégorie. Ceux qui ont fait des études scientifiques de haut niveau?


Mango 07/11/2009 08:41


Telle que tu la racontes, cette histoire me plaît mais je n'arrive pas à comprendre si tu as aimé le livre! 


Dominique Poursin 07/11/2009 10:00


Je ne sais pas, moi non plus! Il y a de très bons passages et d'autres un peu kitsch, un peu interminables, ou même obscurs. Je ne saisis pas tous les jeux de mots, ne l'ayant pas lu en anglais. "
lot" signifie plusieurs choses en plus de lot de timbres...


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