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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 23:21

 

Essais sur le quotidien Tzvetan Todorov «  Eloge du quotidien », essai  sur la peinture hollandaise au 17eme siècle

 

 

 

 

  L'auteur étudie la naissance et l'épanouissement de la" peinture de genre" au 17eme siècle, et qui fut portée à son apogée par les peintres hollandais.

l'invention de la scène de genre proprement dite ( ainsi que d'autres conceptions telles que la nature morte, le paysage, le portrait) témoigne d'un affranchissement vis-à vis du religieux  qui est l'indice d'un vrai progrès de l'esprit humain. les hollandais n'ont pas inventé le poisson dans le plat mais le fait que ce ne soient plus les apôtres qui le consomment mais des citoyens ordinaires,  remarquait Malraux.

Dès le seizième siècle, on voit d'ailleurs que les scènes religieuses se transforment : la vierge est souvent représentée dans une belle salle cossue avec feu de bois; elle est richement vêtue, l'enfant de même. Sa coupe de cheveux est travaillée. Elle se livre à des travaux  quotidiens. Saint jérôme est de moins en moins souvent dans le désert. Il arrive parfois qu'il médite dans un bureau confortable... ce ne sont là que des prémices.

La religion se transforme. Avec le luthéranisme, elle acquiert une certaine dose de laïcité. Des peintres tels que Cranach changent de sujet : des scènes morales et quotidiennes en même temps apparaissent comme sujets de tableaux.

 

Mais l'épanouissement de cette peinture c'est selon Todorov, l'absence de sujet. On va représenter des citoyens ordinaires dans leur vie de tous les jours occupés à des tâches ou à des plaisirs ( les scènes d'auberge, fêtes et réceptions ne sont pas en reste).

 

En outre les peintresveulent montrer la prospérité de cette société qui jouit de privilèges tels que la bonne marche du commerce, l'élévation du niveau de vie, tout ce qu'autorise une assez longue période de paix.

 

 

Cette société là, dit Todorov, prévilégie les représentations d'activités dévolues traditionnellement aux femmes. Scènes domestiques, travaux d'aiguille, lecture, cuisine, conversation, musique, repas pris en commun, relations sexuelles plaisantes, nombreuses présences d'enfants et d'animaux domestiques.

 

Les scènes violentes telles que la chasse, le viol, et dures telles que les travaux des champs en sont exclues. Restent tout de même les rixes d'auberge.

 

  Pour Todorov,tout cela signifie que cette société sait jouir de la vie, et montrer la beauté des gestes les plus élémentaires. Ce que nous ne savons plus faire actuellement.

 

Il va plus loin cependant, et interprète les significations cachées de certains tableaux.

 

Certains tableaux font l’objet d’une classification intéressante.  Notamment les tableaux de « scène de lettres », scènes d’auberge, des tableaux avec des personnages en action qui veulent dire autre chose que leur titre et dont les apparences sont trompeuses.

 

 

 

  La buveusePieter de Hooch 

Pieter-de-Hooch-La-Buveuse.jpg

 


Van-Mieris-le-petit-chien.jpg

 

Le petit chien Franck Mieri

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Gabriel Metsu 002 Gabriel Metsu l'enfant malade

 

Gabriel Metsu - Man Writing a Letter

 

 

Gabriel Metsu femme écrivant une lettre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Gerard Dou femme accrochant un coq à sa fenêtre

 

Gerard Dou femme accrochant un coq à la fenêtre : elle l'a eu celui là!

 

 

Gerard Ter Borch Le Concert avec joueur de luth théorbé

 

Gerard Ter Borch le Concert avec joueur de luth théorbé

 

 

 

 

 

 

Des peintres tels que Gerhardt Ter Borch, et Pieter de Hooch, que je connaissais seulement de nom ou pour avoir vaguement jeté un coup d’œil sur un tableau dans quelque musée, prennent soudain un relief inattendu.

«  De Hooch est le premier à peindre le dehors comme s’il s’agissait d’un dedans »

Il choisit pour cela un espace intermédiaire : la cour »

 

Vermeer peignait en transcendant le sujet (jeune fille à la perle)  c’est pourquoi il est moderne.

 

 


 

Plus qu'un ouvrage sur une période de l'histoire de l'art, c'est aussi l'esquisse d'une philosophie de la vie.

 

 

 



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Published by Dominique Poursin - dans Lectures essais et documentaires
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commentaires

Résonances 30/12/2011 19:32


Merci pour cet article sur un livre tout à fait passionnant. Je l'ai lu après avoir vu l'exposition sur la collection Kremer "L'Age d'or hollandais" à la Pinacothèque de Paris et je l'ai trouvé
très éclairant. Du même auteur, il y a aussi "Eloge de l'individu" sur la peinture flamande de la Renaissance, l'avez-vous déjà lu? 

Dominique Poursin 31/12/2011 09:43



Je n'ai pas vu cette exposition,hélas, ni lu l'Eloge de l'individu ( mais j'ai l'intention de le lire un jour, sûrement l'année prochaine. La façon qu'a Todorov de mettre en valeur l'art aussi
bien que la société de l'époque, ma paraît tout à fait pertinente.



Annabelle 17/05/2011 10:41



J'ai bien envie à mon tour de lire ce livre, merci. J'aime beaucoup la peinture flamande, pour moi son côté profane est incroyablement révolutionnaire. J'en profite pour conseiller la lecture de
tous les ouvrages de Daniel Arasse, le connaissez-vous? Ce qu'il écrit sur la peinture est absolument bouleversant, vous ne regarderez jamais plus certains tableaux de la même façon, et à chaque
fois son récit a autant de suspense qu'un roman policier. Je conseille  "Histoires de Peintures", un recueil qui est la transcription de 25 émissions proposées sur France Culture, et le
fameux "On n'y voit rien" (Folio Essais). L'analyse qui m'a impressionnée le plus concerne La vénus d'Urbino, de Titien.



Dominique Poursin 17/05/2011 13:40



Merci Annabelle! j'ai lu " Quand on n'y voit rien" il y a quelques années,j'ai un peu oublié, peut-être  le reprendrai-je un jour pour le blog. J'ai entendu quelques unes des émissions
aussi.


C'était un critique de tout premier ordre!



keisha 14/05/2011 07:11



Tout à fait le genre d'essais qui me plaisent! Merci dominique!



Dominique Poursin 14/05/2011 12:09



Je n'ai que le livre de poche, en fait, mais j'ai trouvé sur Le Net, en couleur et un peu plus grands, la plupart des illustrations, relatives au tableaux dont il parle! Une chance...



Irrégulière 13/05/2011 17:26



J'aime beaucoup Todorov, il est clair tout en étant profond...



Dominique Poursin 14/05/2011 12:06



En effet, il a toujours été aisé à comprendre, même dans les années 70, ne versant jamais dans l'hermétisme...



Dominique 13/05/2011 11:31



J'aime bien Todorov ayant lu plusieurs essais de lui, mais je ne connaissais pas celui là que je vais garder en référence car la peinture Flammande est un grand plaisir, le we dernier j'étais à
Paris et je suis allée à la Pinacothèque où sont exposés des toiles très variées et en particulier pas mal de peinture hollandaises



Dominique Poursin 14/05/2011 12:04



Je ne connais pas encore La Pinacothèque, j'espère y aller un jour...


Longtemps je n'ai lu de Todorov que ses essais de la période dite " structuraliste", et un jour je me suis lancée dans ses livres ulttérieurs, de sujets variés, souvent intéresants comme
celui-là.


J'au aussi " Nous et les autres " et " La Littérature en péril" à lire...



mango 13/05/2011 07:07



Intéressant, ce livre de Todorov!  La peinture hollandaise  de cette période est réellement  fascinante.



Dominique Poursin 13/05/2011 11:23



Elle me plâit énormément à moi aussi, et dans cet ouvrage très bien mise en perspective, et en valeur.



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