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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 00:00
Mrs Dalloway

 

LP ,2009, 218 pages.

1ère publication mai 1925.

 

Intéressée par "Ulysses" de Joyce, qu’elle a lu en 1920 et pas vraiment aimé, Virginia Woolf  souhaite s’essayer au même exercice, pour en tirer son œuvre à elle.

 

Elle raconte une journée de juin également, en 1923, l’action ayant lieu aussi dans la capitale de son pays, et même dans un espace restreint (le quartier de Westminster, et Regent’s Park). Les personnages  s’expriment  par monologues sans transition forte. Les personnages évoluent tantôt dehors( la rue, le Parc qui a beaucoup d’importance)  tantôt dedans( leurs demeures, un café un magasin, un autobus) en alternance. Toujours en mouvement, puisqu’en pensée.

 

 

Clarissa Dalloway 52 ans, s’apprête à donner une réception le soir , et sa journée est réservée à la préparation des festivités. En outre, elle rencontre Peter Walsch son ancien fiancé de retour des Indes, et tous deux  vont évoquer d’autres journée s d’été  trente ans auparavant, dans une propriété familiale du père de Clarissa, dernier été d’une jeunesse libre avant les contraintes du mariage et de l’exil.

En filigrane nous suivons la journée bien plus sombre, dans un récit qui n’est déjà point trop gai , de Septimus Warren-Smith,  ex-jeune soldat, revenu de  la Grande guerre encore toute proche, profondément traumatisé psychiquement. C’est un narrateur omniscient qui relatera son passé au milieu du récit car Septimus n’est pas connu du petit microcosme de la société où évolue Clarissa.

Bien d’autres personnages interviennent dans le récit monologué de cette journée, connaissances de Clarissa, femme de Septimus, simples passants.

 

On a dit que ce roman était dépourvu d’intrigue, et ce n’est pas vrai. Des intrigues, il y en a beaucoup dans ce récit !  des intrigues de leur défunte jeunesse que revivent Clarissa et  Peter chacun dans leur pensées, physiquement ensemble ou séparés. Une intrigue  qui concerne la fille de Clarissa, pour qui sa mère craint l’influence de certaine personne ; le devenir de Clarissa qui passe de l’inquiétude à un bonheur relatif, et inversement suivant les heures de la journée et ce qu’elles apportent. Le devenir de Septimus, progression vers une fin de journée que l’on devine difficile.

 

 

De ma première lecture interrompue (il y a …. bien des années) je ne me souvenais  que de Septimus et de  sa jeune femme. Ces personnages seuls, m’avaient intéressée à l’époque ! et pourtant   L’auteur  ne met en œuvre aucun effet dramatique appuyé, elle laisse s’écouler cette histoire avec beaucoup de pudeur.

J’avais interrompu ma lecture parce que Clarissa et Peter me saoulaient avec ce que j’appelais  leurs bavardages futiles incessants.  A présent, je serais bien moins sévère à leur sujet.  Clarissa doit remplir le vide de sa vie avec des réceptions, et elle réussit à transcender  ses occupations en y percevant un rituel religieux : les réceptions sont une « offrande » qu’elle fait «  à la vie ».

 

J’apprécie également les belles métaphores ( parfois effrayantes) qui sont en rapport avec la nature et les arbres.

Enfin la critique sociale est de la partie et elle est impitoyable. Dans ce registre aucun personnage ne sera épargné( le député balourd et paysan ; la gouvernante Quaker psychorigide et soi-disant mystique,  les médecins cruels et irresponsables…) vu qu’ils se jugent les uns les autres et que  nous avons beaucoup de points de vue différents.

 

Bref un beau livre redécouvert au cours d’une lecture commune avec Keisha, Mango, et Girl from Earth.

 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

Karine :) 28/03/2010 16:30


Il m'a beaucoup plu, ce livre.  Une atmosphère très particulière dans laquelle il faut se laisser glisser...


A_girl_from_earth 28/03/2010 00:26


Je suis en retard, je suis en retard... ma publication pour cette semaine normalement... je ne vois que des billets enthousiastes pour l'instant, je vais faire tache, je le sens!


Dominique Poursin 28/03/2010 14:37


C'était ma deuxième lecture de ce texte!
la première ne m'a pas laissée un si bon souvenir.
Sans complexes, tu pourra expliquer ce qui t'a déroutée ou plu au contraire et pourquoi!
Ce sera tout à fait intéressant...


Titine 26/03/2010 11:07


C'est mon livre préféré de Virginia Woolf, j'avais adoré cet univers et les personnages. je suis actuellement entrain de lire "Oralndo" que je trouve plus difficile, moins facilement abordable que
"Mrs Dalloway".


Dominique Poursin 26/03/2010 21:16


J'ai plus rapidement adhéré à Orlando. Ce personnage de garçon fille qui traverse les âges est tout simplement fascinant!


Armando 26/03/2010 10:14



Il est à chaque fois un plaisir de vous lire commenter des lectures.  Quel
dommage que le temps manque si souvent de souplesse et que la multitude des choses a faire ne nous oblige a chaque fois a faire des choix. Mais je note. Je note. Un jour je serais vieux
et je m'installerais face à la mer, avec ma pile de bouquins et je coulerais alors de lectures heureuses.


 

 


Dominique Poursin 26/03/2010 21:14


Vous voulez dire " quand vous serez retraité", vous lirez davantage.

Pourquoi pas Viginia Woolf en effet?


Bénédicte 25/03/2010 10:00


je l'ai ajouté dans ma LAL Merci de ton article


Dominique Poursin 26/03/2010 21:11


Je pense que tu seras contente de le lire un de ces jours.


Dominique 23/03/2010 11:09


Etant inconditionnelle de ce roman et de VW en général je ne peux que souscrire, ce qui me frappe Dominique c'est à quel point on peut ne pas aimer du tout un roman un jour et le trouver très bon
quelques années après, je crois que c'est un peu pour ça que je ne fais pas de billet sur les bouquins que je n'aime pas au moins comme ça je ne me contredirais pas !


Dominique Poursin 23/03/2010 18:12


Assez souvent, je me rends compte qu'autrefois j'ai dédaigné ou pas compris des livres qui,à présent, me plaisent beaucoup.

Mais l'inverse se produit tout aussi fréquemment.

Il y a aussi des auteurs que je n'aime plus à certaines périodes et que je retrouve avec plaisir à d'autres.

Pour Virginia Woolf, je l'ai aimée très tard dans ma vie, et ce fut d'abord grâce à Orlando.




keisha 22/03/2010 19:02


Oui, bien sûr , VW a toujours voulu écrire du nouveau, du personnel.
J'ai franchement adoré ce roman, il est allé au dela de mes espérances...


keisha 22/03/2010 18:34


J'ai lu ce livre en décembre, figure toi et depuis j'ai lu une biographie d'elle, où j'ai appris entre autresque, comme tu le dis bien, elle essaie d'imiter (si l'on peut dire ) Joyce.
Dire que ce roman est dépourvu d'intrigue est faux, je suis entièrement d'accord, cela a été une surprise pour moi, car à force de l'entendre dire sans doute, on se fait peur. Et pourtant!
Bref, un magnifique roman. Je suis heureuse de t'avoir entraînée dans l'aventure!


Dominique Poursin 22/03/2010 18:57


Je ne crois pas qu'elle ait voulu l'imiter, mais reprendre la même structure pour en faire quelque chose de personnel.

On a coutume de dire qu'il ne se passe rien dans ce roman! Mais si l'on va au-delà des préjugés, en effet l'aventure est au rendez-vous


Mango 22/03/2010 17:49


J'aurais dû lire ton billet avant de me lancer dans cette lecture que j'ai beaucoup aimée mais que je n'ai pas vraiment comprise! Je dois relire le livre! Je me suis sentie perdue plusieurs
fois! 


Dominique Poursin 22/03/2010 18:53


Ma première lecture n'a pas été fructueuse non plus! Je n'avais goûté qu'une petite partie du roman. Franchement, une seconde fois est nécessaire pour être en phase...


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