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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 14:14

1803, révisé en 1815.

10/18 275 pages

Suivi d’une notice biographique courte mais précise de Jacques Roubaud, grand admirateur des romancières anglaises.

Catherine Morland 18 ans vivant à Fullerton, près de Salisbury, a maintenant 18 ans, et ses parents la trouvent « presque jolie ». Ils l’envoient passer quelques semaines à Bath avec un couple d’amis les Allen, pour qu’elle puisse aller au bal et se trouver un mari.

Là-bas, Catherine commence par s’ennuyer copieusement avec Mrs Allen qui ne sait parler que chiffons. D’autres rencontres vont faire évoluer l’action, d’abord celle des jeunes gens Thorpe : Isabelle, jeune femme complètement allumée, aussi à la chasse au mari, sauf que chez elle, cette démarche est consciente, sinon cohérente… les deux jeunes filles adorent les romans gothiques tels que les Mystère d’Udolphe et s’exaltent à propos d’énigmes, chambres secrètes, trésors enfouis, héros chevaleresques et criminels assoiffés de sang. Hélas le frère d’Isabelle John, un vrai goujat, doublé d’un parfait crétin, poursuit Catherine de ses assiduités.

Enfin, elle fait connaissance d’Henry, aimable, ironique, cultivé et qui sait même parler des toilettes féminines, chose vraiment rare ! Catherine s’en éprend bien vite.

La première partie du roman est amusante : Catherine s’évertue à éviter ce malotru de John Thorpe et à tenter de tomber sur Henry Tilney. Ce dernier se révèle très spirituel, voire un assez singulier personnage. La première rencontre est très réussie. La satire sociale s’exerce, en particulier aux dépens des Allen et des Thorpe. Les dialogues sont enlevés et savoureux.

En revanche, dès que Catherine arrive à Northanger Abbaye, on sent davantage que les jeux sont faits, on sait parfaitement comment va tourner l’intrigue. Henry devient sérieux et banal et ne tient plus ses promesses d’individu hors norme. Sa sœur Eleanor, sert l’intrigue, mais ne s’épanouit pas comme vrai personnage. On aime le moment où Catherine suspecte le maître de maison de crimes ou séquestration, et furète partout à la recherche de faits horrifiques. Dommage que tout cela retombe bien vite. J’aurais préféré d’ailleurs que Catherine soit en mesure de suspecter son bien- aimé, cela aurait eu plus de sel.

L’auteur se révèle moraliste « lorsque l’on désire plaire à quelqu’un, il faudrait toujours être ignorant. Trop d’instruction équivaut à une incapacité totale à flatter la vanité des autres, ce qu’une personne intelligente souhaitera toujours éviter. Une femme surtout, si elle a le malheur de savoir quoi que ce soit, devra le dissimuler aussi bien que possible »

Catherine est très ignorante, mais avide de s’instruire auprès de son bien-aimé, ce qui plaît à Henry, qui représente le modèle masculin raffiné. Eût-elle été cultivée autant que lui, elle n’avait aucune chance. Son autre prétendant ,John Thorpe, est prêt à épouser n’importe quelle jeune femme qu’il suppose riche.

Mais la plupart des hommes sont bien plus simples : ce qu’ils cherchent en se mettant en ménage, c’est la garantie d’avoir un service sexuel gratuit, fonctionnant autant de fois qu’ils le désirent. De nos jours, avoir une femme qui a de bons revenus n’est pas forcément appréciée par les hommes : plus une femme a de l’argent, moins elle sera soumise. La plupart du temps, si elle a de l'argent, c'est qu'elle le gagne. Même dans les autres cas, elle n'est pas souvent dans un tel état de dépendance.

Pour l’instruction, ce que dit Jane Austen est encore vrai de nos jours, et le restera.

En fin de compte, un récit d’intérêt inégal, les événements y deviennent vite trop prévisibles. Il ne se passe pas grand-chose !

Autres chroniques Austiniennes : Orgueil et préjugés

Mansfield Park

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

dominique 23/08/2013 10:17

Pour son époque, elle s'est vraiment bien débrouillée! pour écrire, pour se faire publier...et être lue!

Anis 03/08/2013 19:10

Moi j'adore. Je comprends ce que tu dis. L'intérêt est dans ce que cette femme vivant dans autant d'interdits parvient à faire passer en écrivant. Et sa tendresse ironique vis à vis des romans gothiques est assez savoureuse.

keisha 29/07/2013 08:43

Il faudrait que je le relise, pour voir... Jane Austen pastiche les roman gothiques, pour ce que j'en sais. Pas mon préféré de l'auteur en tout cas (mais bien quand me^me)

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