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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 13:07

2013 avec Mads Mikkelsen pour Kohlhaas, David Bennent pour César le valet, Denis Lavant pour le pasteur luthérien.

J’attendais beaucoup de ce film, mais j’ai compris très vite que je n’allais pas l’apprécier. Le visage de Mikkelsen, trop hâlé, fait penser qu’on lui a tartiné une épaisse couche de font de teint. Peut-être pas, mais dès qu’on pense cela, c’est fichu, on n’adhère pas.

Le traitement du film opte pour la contemplation, la lenteur, les longs plans fixes, les gros plans.,là où l'on aurait attendu plus de dynamisme et d'ardeur. Fixes et toujours un peu trop insistants. Je reconnais que les plans sont originaux : la femme blessée toujours renversée, dont on ne voit que des morceaux de corps et la façon dont le sang est répandu, dans une demi-pénombre, c’est horrible.

Lorsque la fillette court dans la forêt derrière le cheval qu’elle a perdu, c’est bien long.

Il est peu vraisemblable que la princesse se rende chez Kohlhaas. On a l’impression qu’elle le visite chez lui dans son domaine. Lorsque la princesse (puisque princesse il y a) s’approche de Kohlhaas, qui sort de sa baignoire, fier, exhibant ostensiblement, sa belle plastique, elle a l’air un peu nunuche d’une femme qui verrait un homme pour la première fois. Inattendu ! Par la suite, Kohlhaas étant laissé libre, on ne saisit pas pourquoi il se fait subitement mettre dans les chaînes et condamner.

Dans le texte original, après l’intervention de Luther, les différents agents du pouvoir, aussi bien en Saxe qu’au Mecklembourg, et jusqu’à Vienne, discutent de la meilleure façon de faire tout de même condamner le rebelle ( qui menace réellement le pouvoir) et y parviennent, aidés en cela par la longueur de leurs palabres, des mesures d’intimidations, et divers événements révélant le ridicule et la fourberie de certains personnages hauts placés… Kohlhaas ne rencontre l’électeur de Saxe qu’en captivité à Dresde ou à Dahme dans cette circonstance incroyable où il veut lui ravir un billet donné par une chiromancienne où serait écrite sa destinée. L’aventure du billet est très ironique presque farcesque, et permet à Kohlhaas de se venger de cet homme, de façon posthume. Je comprends que le cinéaste n’ait pas conservé cet élément, tant son film est dépourvu de cet humour noir, que Kleist savait distiller à petite dose. Son style de constat le permet. Ici, on opte pour une vision du monde très différente.

Mais peut-être si je n’avais pas lu le roman, aurais-je aimé…

Michael Kohlhaas Arnaud des Pallières

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Published by Dominique Poursin - dans Cinéma
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commentaires

Kohlhaas 01/10/2014 13:08

J'ai adoré ce film. Selon moi, nombre de tes critiques sont basées ou orientées sur la problématique d'une adaptation de roman. Pour moi le but d'une adaptation n'est pas essenciellement de retranscrire mot pour image une histoire déja écrite... quel interêt sinon ? l'histoire d'un livre est faite pour être imaginée, elle est en quelque sorte libre et pleins de choses a la fois, chacun se la représente différemment. Or l'histoire d'un film, par la nature même du média utilisé, les images, est l'une de ces représentation. Peut on vraiment comparer le "un" au "tout"? ou plutôt, le doit-on ?
De plus, ce film ne mérite pas, selon moi, les critiques esthétiques que j'ai pu lire. La lenteur du film contribue bel et bien à l'immersion du spectateur dans l'univers de Kohlhaas, les cadres sont minutieux et ambitieux, la mise en scène également. Toute l'émotion et l'immersion de cette contemplation pour la nature, les chevaux et le personnage ne se condensent elle pas, de manière cathartique pour le spectateur, en deux séquences magnifiques du film?
Ces deux scènes sont évidemment la course de la petite fille dans la forée et le plan final du film. On remarquera que seules ces deux scènes sont accompagnées d'une musique dans le film. Contrairement à la plupart des des réalisateurs qui mettent de la musique à toutes les sauces et sans aucune raison, Despallières lui fait un travail indéniable sur le son dans ses film, et nottamment ici dans l'utilisation de ces deux chansons qui, montées avec les images, ont un effet spectaculaire. Comme ces moment de cinéma sont rares, lorsque la musique, le sens auditif, prend le dessus sur les images, le sens visuel, et offre une toute nouvelle interprétation et signification à ce que l'on voit. Un film est fait pour être vu et entendu, Despallières ou meme Lynch par exemple, l'ont bien compris, très peu de spectateur y sont pourtant attentifs. Pourquoi vouloir toujours plus d'images,plus de couleurs, plus d'action. Je m'arreterais là pour aujourd'hui.

Je vous conseille de le revoir, peut être dans de meilleures conditions, ou en essayant de faire abstraction de cette volonté de similarité avec ce que vous avez lu. Ce film est un véritable conte chevaleresque, inspiré du livre de Kleist, mais réalisé et immaginé par Despallières. Ne peut on pas savoir apprécier les deux?
Bonne journée à vous

dominique 12/10/2014 14:21

vous parlez beaucoup de la musique, elle ne m'avait pas tellement plu si je me souviens bien. Je n'attendais pas spécialement de musique accompagnatrice pour ce sujet. Ce qui m'a laissée froide, c'est le côté hiératique de cette réalisation. Kohlhaas y est presque un saint ! Moi j'en aurait fait un rebelle pur et simple. Je n'aime pas qu'il se repente...
Bien sûr qu'on ne fait pas un film pour répéter le livre ; celui de Kleist est passionnant mais n'évolue pas non plus comme je l'aurais souhaité.

dasola 13/09/2013 10:53

Bonjour Dominique, je n'ai pas lu la nouvelle de Kleist mais j'y suis allée pour Mads Mikkelsen. J'avoue que je suis restée en dehors. C'est un film trop abstrait pour moi. Bonne journée.

dominique 30/09/2013 16:08

Que ne ferait-t-on pour Mads Mikkelsen!

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