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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 12:51

L’Olivier, 2010.

Sarah a quitté mari et enfants pour le Japon, au bord de la mer, une maison où vivent des désespérés, qu’un ancien policier à la retraite, Natsume Dombori héberge après les avoir convaincus de ne pas se jeter des falaises toutes proches qui attirent les candidats au suicide.

Sarah vient de perdre son frère Nathan dont elle était très proche, d’un accident de voiture dont elle pense que c’était un suicide. Nathan était instable, tantôt apathique, tantôt « gonflé à bloc », maniaco-dépressif » comme de nombreux héros de romans actuels. La bipolarité est à la mode. Comme dans les années 70 la schizophrénie… vous avez remarqué que les gens atteints de bipolarité se multiplient comme les petits pains ?? Dans la fiction, mais aussi dans la réalité.

Nathan menait une existence plutôt chaotique et quelque peu aventureuse, vivait de petits boulots et écrivait un roman, qu’il a terminé avant de mourir. Il se débrouillait bien, mais empruntait souvent de l’argent à sa sœur où squattait son canapé. Bien qu’économiquement faible, il avait réussi à séjourner au Japon et comptait y retourner. C’est Sarah qui s’y rend. Pour y faire son « deuil » suppose-t-on.

Dans ce roman presque tout m’a semblé cliché, poncif et caricature. Sarah est cette jeune femme qui a réussi, fait un beau mariage, gagne bien sa vie, et n’aime pas cette vie, qu’elle trouve factice. Ses enfants adolescents travaillent trop bien, ils sont trop parfaits, son mari est trop gentil, sa vie est trop bien huilée, les gens autour d’elle sont hypocrites. Mais au Japon, elle sera encore malheureuse, elle sera attirée par les maudites falaises, et le souvenir de Nathan, qui y a laissé un souvenir mémorable. Il plaisait facilement.

D’accord, c’est triste, la vie, mais le Japon, c’est tout de même une chance de pouvoir y aller. Si malheureuse qu’elle soit, Sarah profite : elle découvre les temples, se fait héberger, visite Kyoto comme son frère avant elle, et voit de très belles choses. Ensuite, elle ira promener son vague à l’âme sur la côte d’Azur pendant plusieurs mois. Elle s’est fait licencier de son travail, mais n’est pas obligée de faire la queue à Pôle Emploi. Pas du tout ! Son trop gentil et ennuyeux mari lui a donné de l’argent. Elle se sent très seule, mais tout au long du récit, elle aura beaucoup de contacts intéressants, parfois positifs, avec un grand nombre de personnes.

J’ai détesté ce personnage qui se plains fréquemment d’une vie que bien des gens lui envieraient, et qui se prélasse dans une mélancolie au fond assez confortable.

Je ne nie pas que l’auteur se donne du mal pour être poétique et décrire les paysages et états d’âme :

« Sous le ciel dégagé d’un bleu encore pâle, les roches étaient presque jaunes, aucune trace de végétation ne venait troubler leur aridité, le jeu des brisures les lignes droites ». La mer bouillonnait à leur pieds se fracassait en écumant avant de s’écarter en une houle contradictoire. L’ensemble avait quelque chose de sévère, d’implacable, se pencher tout au bord c’était un vertige insensé, l’eau et les récifs agissaient comme un aimant, le corps entier paraissait attiré tandis que toute pensée s’absentait pour laisser la place au ressac et au sifflement du vent ».

Rare est la description juste qui touche, et bien plus fréquemment, on verse dans la bonne rédaction scolaire, pour moi, ce type de texte en fait partie.

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commentaires

dominique 23/08/2013 10:01

Ce roman m'a plutôt exaspérée, à cause de la façon dont il est écrit. Pour moi,cela sonne faux. L'héroïne se plaint énormément, et puis ce personnage de sauveteur m'énerve aussi.

Marcozeblog 22/08/2013 21:57

Bonjour, l'argent ne fait pas le bonheur. En voilà un autre de cliché qui s'avère pourtant vrai, surtout quand on traîne un mal être et qu'on vient de perdre son quasi jumeau. Relativiser parce que d'autres sont plus à plaindre matériellement, ça ne fonctionne qu'un temps. J'ai été personnellement touché par ce livre sensible et poétique.

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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