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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 12:51

LP, 2004, 412 pages.

Titre original : Case Histories

 

D’abord, nous avons les exposés de trois cas de disparition et/ ou assassinats à des époques et dans des familles très différentes  qui ne se connaissaient pas.

Les Land : une nuit de canicule, Olivia trois ans , benjamine d’une famille de 4 fillettes, disparaît pendant une nuit qu’elle passait sous une tente dans le jardin familial avec sa sœur Amelia.

Elle a disparu avec son doudou  la fameuse « souris bleue » ; nous sommes en 1970, et ces quelques pages nous brossent un tableau rapide d’une famille perturbée, avec des parents «  toxiques «  comme on dit à présent. Le père, toujours enfermé dans son bureau, à faire des maths (mais pas seulement devine-t-on…) , la mère , ex-infirmière, enceinte de son cinquième enfant, elle aussi retirée dans un monde à part, s’occupe des gosses… pour leur donner une aspirine tous les matins !! La fille aînée, Sylvia , entend des voix, celle de dieu précisément , et l’a dit à sa mère que ça n’a pas troublé, et qui a répondu «  c’est gentil »…

En 1994, un avocat Théo, a perdu sa fille de 18 ans , Laura. Un individu s’est présenté au bureau du père , l’a demandé et a abattu la jeune fille, qui y travaillait… on ne l’a aps retrouvé…

En 1979, c’est à la campagne dans une ferme, que Michelle a fendu le crâne de son époux ; elle était en colère, d’avoir dû lâcher ses études pour devenir épouse et mère…

En 2004, Jackson, détective, fait une filature ( une femme soupçonnée d’infidélité). Il s’ennuie, mais bientôt, il va avoir un vrai travail. Les deux sœurs  les moins perturbées de la petite Olivia , vident la maison après le décès de leur père. Elles retrouvent « la souris bleue » dans son secrétaire fermé à clef. Elles veulent aussi retrouver la petite fille… où ce qui en reste… Jackson va devoir chercher ce qui lui est arrivé…

Mais Théo vient aussi consulter le détective, pour qu’il enquête sur l’assassinat de sa fille. Inconsolable, Théo a pris beaucoup de poids, mauvaise santé, grosse déprime… Cependant, il  s’intéresse à une SDF «  aux cheveux jaune canari «  qui a plus ou moins l’âge que sa  fille aurait…

Enfin, voilà une certaine Caroline, qui a refait sa vie,  mais est prête à sauter encore le pas, avec  le pasteur de la paroisse, qui est vraiment irrésistible…

Les enquêtes se croisent et se complexifient, car Jackson est lui aussi poursuivi par un drôle de type… et doit s’occuper de sa fille, Marlee, huit ans.

On parle de ce roman comme d’un récit humoristique, mais j’ai trouvé personnellement que c’était l le côté sombre qui prévalait largement.  La mort est omniprésente, même Jackson  souffre de plusieurs deuils ( mère sœur frère tous disparus lorsqu’il était jeune… il passe aussi beaucoup de temps au cimetière…) ; il est vrai que fort heureusement, les survivants ont droit, après maintes souffrances à  des happys-ends relatifs mais réels et qui surviennent un peu comme des cheveux sur la soupe.

Il y a beaucoup de personnages ; l’auteure les multiplie comme les pains ! on finit par les confondre : qui est Emma ? se demande-t-on avant de revenir en arrière pour retrouver le petit passage où elle nous est rapidement présentée comme une amie de lycée de l’infortunée Laura. Les chats et chiens qui sont assez nombreux on les confond aussi ; Poppy , c’est un chien ou un chat ? Et qui donc est son maître ? Ou sa maîtresse ?  Les personnages principaux ont une psychologie assez banale , ils ne surprennent pas.  Le nombre de mauvaises rencontres qu’ils font, évidemment, c’est la fiction qui veut ça mais de mon point de vue, ce n’est pas amené de façon très futée. 

Les moments amusants sont en fait rares : le duo des deux femmes ( Julia et Amelia) amené comme un des morceaux de choix du roman, m’a plu pendant vingt ou trente pages, ensuite ça se répète.   La pauvre pécheresse schizophrène, abusée et maltraitée pendant l’enfance, qui  se réfugie dans un couvent, c’est très convenu… Le destin de cette pauvre Laura est d’une banalité absolue.  Michelle était plus intéressante, mais il lui aurait fallu un roman pour elle toute seule !

Marlee la fillette de Jackson est pratiquement la seule qui m’ait fait rire, et qui a fait des réflexions surprenantes.

Entrecroiser plusieurs intrigues n’est pas facile : l’auteure les a bien structurées, mais le suspens n’est pas au rendez-vous, car on sait bien avant Jackson de quoi il retourne ou à peu près.

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 18:11

POL, La collection, 1992,

Une très jolie collection, belle couverture, beau papier solide etc… dont je possède plusieurs titres ( dont les Grandes espérances) ; et qui a hélas duré très peu de temps…

1885 : Dans un café londonien le « Divan fumoir bohémien » trois amis désargentés et au chômage, se retrouvent : l’un d’eux Paul Somerset, voyant dans les annonces du Standard  qu’un individu louche est recherché dont on donne la description, propose de se faire détective pour toucher la récompense ; ses deux comparses Chaloner, et Desborough y sont peu enclins. Chacun d’eux promet pourtant de se jeter dans la première aventure qui leur échouera.

Chaloner va aider une jeune fille qui vient de s’échapper d’une demeure après une forte explosion : elle va lui demander son aide, et lui raconter une histoire incroyable mais fort dramatique à propos de sa jeunesse dans l’Utah aux prises avec de terribles Mormons qui auraient fait tuer ses parents et l’exécuteur auquel elle tente de se soustraire…

Paul Somerset, sera lui approché par une vieille dame fantasque qui lui confie son hôtel particulier dans lequel il ne se contente pas de loger mais qu’il va louer à un individu étrange et dangereux avec lequel il se lie pourtant d’amitié…

Desborough  a pour voisine une belle jeune femme, qui lui raconte être née à Cuba d’une mère esclave et d’un père poursuivi ; narre sa fuite éperdue au milieu de grands dangers (jungle, serpents venimeux, maître impitoyable, sorciers sacrificateurs…) avant d’être devenue réfugiée à Londres ; elle est en possession d’une boîte contenant paraît-il tous ses bijoux…

Ce roman est d’une lecture agréable, pleine de fantaisie et d’aventures ; il est à prendre au second degré ! En dépit de récits horrifiques, l’humour domine, et  si le lecteur prenait tout au sérieux,  il trouverait que les anarchistes ne sont de vrais gamins et les Mormons extrêmement dangereux !

D’après Wikipeadia , Stevenson aurait écrit ce roman avec son épouse Fanny, ce qui explique la présence de trois femmes comme personnages principaux.

On peut aussi lire la préface de Dominique Fernandez, mais après lecture du roman, car cette préface suppose la lecture complète.

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 09:46

Pocket, 2015  733 pages (the Lake House)

On croit entrer dans un récit policier, et l’on tombe dans un gros pavé romanesque à souhait, difficile à endurer pendant tant de pages.

Donc en 1933, dans le domaine de Loaenneth, sis dans les Cornouailles près de la mer, et pourvu d’un grand terrain où l’on trouve tout ce qu’on veut ( la rivière à truites, la mare aux canards, le sous-bois, la pelouse, le hangar à bateaux, la confortable vieille maison… un couple encore jeune Eleanor et Anthony, mais très éprouvé par la grande guerre,  un vieux monsieur conteur d’histoires ( Llewellyn) attaché à la famille, trois filles de 13 à 18 ans, dont Alice qui écrit des romans, et est amoureuse du jardinier Ben ( nomade qui vit dans une roulotte mais instruit et très bien élevé), et Clementine qui rêve de voler ; leur petit frère Theo onze mois, et la fête du solstice qui va avoir lieu. Theo a disparu le lendemain, et ne reparaîtra pas.

En 2003, Alice devenue octogénaire, sait des choses sur cette disparition et se culpabilise. Elle n’a jamais épousé son jardinier bohème, et écrit des romans policiers qui se vendent depuis toujours ou presque.

Une jeune policière Sadie, prend des vacances chez son grand-père tout près du domaine maintenant abandonné depuis longtemps, et se passionne pour cette vieille histoire non élucidée. Elle va tenter de prendre contact avec Alice, héritière du domaine, après avoir lu tout ce qui était relatif à l’enquête, et à ses protagonistes, dans les archives de la bibliothèque municipale.

L’histoire ne serait pas mal, si l’auteur ne compliquait pas inutilement le pitch initial ; d’abord Sadie, est en même temps sur une autre enquête qui nous intéresse peu et retarde inutilement les progrès de celle-ci, ensuite, le bébé que Sadie a dû abandonner à l’adolescence, et qui se rappelle à elle, comme si elle avait besoin d’une semblable expérience pour s’intéresser à l’enquête.

Et puis les protagonistes de 1933 ; on s’intéresse à eux, mais pourquoi faut-il qu’on nous déroule toute l’existence d’Eleanor et Anthony avec force romanesqueries ( c’est long et il y a trop d’amour –toujours, c’est sirupeux) ; le vieux monsieur et son conte sont sympathiques, mais le conte ( Eleanor sur le seuil magique) n’a pas besoin d’être aussi longuement rapporté ; nous ne sommes plus des enfants.

Pour la résolution de l’histoire, c’est correct, ça se tient jusqu’à un certain point… je n’ai pas aimé la fin, complètement tirée par les cheveux.

Bref le roman est deux fois trop long, même si les descriptions sont soignées et souvent agréables (celle du domaine en particulier).

Enfin, les gens dans cette histoire sont trop bons ; il n’y a qu’une seule vraie méchante : ce n’est pas suffisant, surtout sur une période aussi longue !

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 09:40

Points ( grands romans) , 2017, 501 pages.

1ere publication en 1944

 

Une demeure spacieuse à Sunglades dans le Hertfordshire ; y vivent Miss Constance  Fielding la cinquantaine bien sonnée, autoritaire et despote, sa cousine miss Barton qui rêve de son lointain mari et joue cent fois par jour une unique chanson d’amour qu’elle composa autrefois.  Et Kenneth, le petit frère de miss Fielding, déjà 45 ans, c’est lui le célibataire. Sa sœur le domine, et il n’est jamais plus heureux  qu’à s’occuper du jardin.

A Sunglades sont également venu s’installer Betty une femme de 40ans, et son fils Richard ,elle travaille dans un  bureau , et Richard qui a un diplôme d’économie, attend un poste de prof dans une université.

Constance a rempli sa vaste demeure de pensionnaires parents et amis  pour éviter qu’elle ne soit réquisitionnée pour les réfugiés.

Il reste une chambre et Miss Fielding a pris à son service une jeune réfugiée,  d’un pays colonisé par l’Angleterre la Baïramie, petit état exotique, supposé être dans des lieux plus cléments ( le bassin méditerranéen ?)  où l’on trouve une « vallée des abricots » enchanteresse. La nouvelle venue, d’à peine 18 ans, est surnommée Varthouhi (on n’arrive pas à prononcer son vrai nom), elle est très performante question ménage courses et organisation domestique, mais s’y entend aussi à charmer les messieurs ( le jeune et celui d’âge mûr) sans avoir l’air d’y toucher… et sans trop devoir se montrer respectueuse et reconnaissante : elle a son franc-parler.

Nous suivons cette petite société, qui évolue, pendant les heures assez sombres de la guerre de 39-45, vers des mariages ( plusieurs !) comme Stella Gibbons la « Jane Austen «  du 20eme siècle nous y a accoutumés. Roman un peu long, personnages très bien campés, dont J'ai suivi l’évolution avec plaisir. Le contexte socio-historique est bien mis en valeur.

 

Je ne vous inflige pas la première de couverture car je la trouve détestable...

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 10:43

Quai Voltaire, 1997, 408 pages (Land Girls 1992)

 

Trois jeunes filles, volontaires agricoles pendant la seconde guerre mondiale , se rendent dans  une ferme du Dorset.

Ag a fait un cursus d’études supérieures et ne sait dans quoi se spécialiser. Prue travaille dans le salon de coiffure de sa mère, et s’y ennuie un  peu. De Stella, nous savons seulement qu’elle a un amoureux, appelé à la guerre, et ne pense qu’à lui.

 Remplacer deux garçons de ferme, appelés sous les drapeaux, leur donne l’impression d’être utiles, et c’est une transition intéressante entre leur vie actuelle un peu fade, et la vraie vie qui commencera après guerre.

Joe le fils du fermier, asthmatique, a été réformé. C’est une chance car les trois filles n’auraient pas aussi bien travaillé sans lui ! Entre celle qui le séduit, la seconde qui en tombe amoureuse, et la troisième qui partage avec lui des discussions intellectuelles (ils ont tous deux fait de bonnes études) Joe va être bien occupé pendant ces deux ans ! C’est sans doute le sort des jeunes hommes qui ont eu la chance d’être réformés ???

Un récit agréable, où l’on nous détaille les travaux inhérents à l’entretien de la ferme, les soins aux bêtes (vaches, moutons, porc, poules) le labour d’avant les moissonneuses batteuses, l’habileté extraordinaire des jeunes filles ( qui n’ont pourtant jamais fait cela…) et le goût qu’elles y prennent instantanément ( c’est surprenant). On partage avec elle ces moments difficiles et importants, car l’auteur a beaucoup de qualités pour conter, et décrire.

 

 

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 18:10

Se rendre invisible : c’est ce qu’a réussi à faire un jeune chimiste impécunieux, dans ce célèbre roman considéré comme un classique de la science-fiction.

Griffin, comme il l’expliquera à un de ses condisciples retrouvé, dont il espère faire son complice,  s’est focalisé sur ce type de recherche, parce qu’il est albinos : cette anomalie le conduit à faire des recherches sur les phénomènes de réflexion et réfraction des rayons lumineux et  les mécanismes  de ce qu'on appelle perception visuelle. L’absence chez un individu comme lui de mélatonine aurait favorisé son devenir « invisible »!

Au-delà de  ses théories loufoques,  les albinos étant mis à l’écart, voire persécutés, on sent bien qu’il aspire à l’invisibilité pour ne plus être remarqué. C’est pourtant l’inverse qui se produira. Et l’urgence de tester sa découverte sur lui-même, lui est dictée par le désir d’échapper aux nombreuses dettes qu’il a contractées…

L’homme invisible est d’abord un homme en fuite, et le récit est largement l’histoire de sa cavale.  le début de l'intrigue, son séjour à l'auberge d'Iping, petite ville du sud de l'Angleterre, est un mélange de burlesque et d'humour noir, ses agissements, et les réactions des  gens vont d'abord amuser le lecteur ; l'effet d'étrangeté qui, peut-être prévalait il y a un siècle, n'est plus guère de mise de nos jours. Cependant, le roman va vite devenir une haletante course-poursuite très bien menée.

L'intérêt est relancé lorsque  Griffin se révèle  un dangereux délinquant, rêvant de devenir maître du monde !

Etre invisible, voir sans être vu, est un fantasme vieux comme le monde.  On ne peut s'empêcher  d'évoquer  la légende grecque de l’anneau de Gygès : ce berger tombant par hasard sur un anneau qui rend invisible réussit à s’emparer du trône et à en évincer le roi.  La destinée de Griffin qu’on relit avec un mélange de peine et de soulagement est bien différente…

Un personnage complexe, des second rôles bien campés,  de l'action et du suspens, c'est là un classique qui vieillit plutôt bien.

 

retrouvez  Herbert-George Wells sur Lecture-écriture

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 18:31

Gallimard, 2017, 485 pages titre original The Muse

Londres 1967 ; Odelle, venue de Trinidad travaille dans un magasin de chaussures ; elle en souffre car elle possède un diplôme d’enseignement supérieur et s’essaie à l’écriture. Elle souffre aussi du racisme, son origine et sa couleur de peau l’on reléguée à cet emploi subalterne qu’elle exerce depuis plusieurs années…

Sa candidature au Skelton ( une galerie d’art) est acceptée par la directrice Marjorie Quick , une femme étrange qui semble avoir des secrets. Odelle devient dactylo ; un jour un jeune homme Lawrie Scott se présente, muni d’un tableau que sa mère, récemment décédée lui a légué. La toile (une huile)  représente » d’un côté, une fille tenant la tête sans corps d’une autre fille entre ses mains, et de l’autre, un lion, assis, hésitant à bondir sur cette proie. « Le décor est pastoral jaune et vert, le ciel indigo, en arrière-plan on aperçoit un genre de petit château blanc.

Ensuite, nous sommes propulsés en 1936, en Andalousie : la famille Schloss fuyant l’Allemagne nazie s’est réfugiée dans une demeure qu’elle loue à un certain don Alfonso ; Harold le père vit du commerce de l’art, de plus en plus mal, la mère Sarah se contente d’être belle et dépressive,  la fille Olivia peint en secret.   Elle sait qu’elle a du talent, mais ne peut pas imaginer qu’en tant que femme, ses tableaux puissent intéresser.

Deux enfants naturels d’Alfonso, Isaac et Tereza leur servent de domestiques. En fait, ils sont aussi des amis de la famille. Le jeune Isaac devient communiste,  d’autant plus que  l’Espagne, dans une situation instable, va devenir franquiste…

Dès lors nous suivons en alternance les deux histoires celle de 1967, et celle de 1936 ; le tableau mystérieux, et ceux qui en sont proches  sont l’objet d’une quête et d’une enquête de la part d’Odelle.

C’est le récit de 1936 qui est le plus percutant ; et me plaît le plus. Les événements de 1967, semblent avoir été conçus pour mettre en valeur le devenir du tableau et des survivants de cette terrible époque. Il est certain qu’Odelle et Olivia sont jumelles par delà les époques et les lieux : toutes deux sont artistes et ont des difficultés à se mettre en valeur.

Pourtant  les deux histoires n’ont pas le même intérêt à mes yeux.  Surtout, je ne suis pas satisfaite du sort réservé à Marjorie Quick, et le personnage du jeune Lawrie semble bien fade.

Le roman reste intéressant dans l’ensemble, la légende de Rufina et Justa bien mise en perspective, et les protagonistes du drame andalou font un beau roman. Bien sûr je me suis demandé à quoi pouvait ressembler le tableau et ceux dont il est question dans le roman et qui ont le même sujet. En fait le tableau n’existe pas de la même manière que Miniaturiste, toutefois les tableaux dont l’auteure s’est inspirée sont très intéressants.

Voici un lien menant à un blog sur l'art , dans lequel on parle du roman de Jessie Burton, et où l'on trouve diverses peintures qui y sont rattachées : :https://americangirlsartclubinparis.com/2016/08/24/the-muse-by-jessie-burton-an-artists-view/

Tout le blog est intéressant, d'ailleurs...

 

Et  la Rufina de Vélazquez , merveilleuse…

 

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 23:24

Gallimard, 2017, 212 pages ( 1ere publication en 2016)

Tout comme François Weyergans ( La vie d’un bébé, publié dans les années 80) Mc Ewan fait du fœtus, le narrateur du roman. Je n'ai pas accès à ce roman, déjà ancien, sinon j'aurais comparé la façon dont les deux auteurs mettaient les fœtus en scène. 

Ici, il s’agit d’une parodie d’Hamlet, on le sait dès l’exergue, et le couple engendreur du futur bébé ce sont la mère et le  beau-père de l’infortuné foutu fœtus. D’ailleurs, ils portent les mêmes noms ( Trudy, gentil pseudo pour Gertrude, et Claude) que dans la tragédie de Shakespeare.

Ce couple est installé dans une maison londonienne et géorgienne, de prix, mais délabrée et pas du tout entretenue, qui appartient au père du narrateur. Trudy est une belle femme avec de longues tresses blondes savamment enroulées : complètement amoureux déjà, notre fœtus l’imagine ; d’après ce qu’il entend dire, elle ressemble à … je vous laisse deviner.

Trudy et Claude complotent pour assassiner le père ; pas de quoi nous étonner on a déjà vu cela.

Le fœtus, lui, est carrément savant ( il écoute la radio et la télé toute la journée avec sa mère et ce n’est pas TF1 ni Chérie FM…) bref c' est déjà un citoyen avisé sur l’état du monde et pourvu d’une excellente culture générale , notamment en œnologie. Trudy et Claude boivent beaucoup et d’excellents cépages.

Si bien qu’on plaint, le petit drôle, qui, à peine né, devra téter du lait ! Il sera déçu et dégrisé… se dit-on, sauf s’il reste avec sa mère et le même accès aux bons vins (mais il y a peu de chance…).

Ian Mc Ewan a réussi la gageure de mettre le fœtus en situation, grâce à de nombreux détails réalistes sur son ressenti physique, dont certains sont amusants ; par ailleurs, il ne voit rien, mais entend tout, imagine ce qu’il ne voit pas, interprète le moindre petit son, grincement de porte, goutte d’eau qui tombe, vêtement qui glisse,  le moindre silence des protagonistes, bref il a tout pour être détective.

La mélancolie hamlétienne ne lui fait même pas défaut «  la courageuse communauté que je vais bientôt rejoindre, cette noble congrégation humaine, ses coutumes, ses dieux et ses anges, ses idées enflammées et sa géniale effervescence ne me font plus vibrer. Un poids alourdit le voile qui enveloppe mon corps minuscule. A peine s’il ya en moi de quoi fabriquer un petit animal, et encore moins un homme. Je suis prédisposé à une stérilité mort-née, puis à la poussière »

L’écriture est élégante, soignée, ironique, et la réussite de cette parodie serait totale si le lecteur pouvait être quelque peu surpris ! Mais ce récit brillant reste très attendu dans son déploiement, et sa chute, le héros l’a trop bien imaginée, et elle se déroule  comme prévu ! Dommage…

 

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 23:32

Ed des Deux Terres, 2014

Titre original : the Saint-Zita Society, 2012.

Le quotidien des employés de maison de quelques bourgeois aisés de Hexam Place à Londres.

June, demoiselle de compagnie de la Princesse, 78 ans, décide de fonder un genre de syndicats qui se réunit au Dugong pub. Les autres membres le sont devenus pour lui faire plaisir...

Il y a Henry chauffeur de Lord Studley, qui passe son temps à attendre son maître, et le reste à faire des galipettes avec la gent féminine de la haute société.

Il ne s’en plaint pas trop, sauf qu’il a très peur d’être découvert, et que les  femmes ne font rien pour éviter de le compromettre… le docteur est très sympathique avec Jimmy parce que comme lui il a des origines roturières ; Beacon est le chauffeur noir des Still ( l’homme est banquier) il est outré par les mœurs de sa patronne.

Montserrat est catalane comme son nom l’indique ; elle est entrée au service des Still grâce à son père, et n’a rien à faire mis à part servir le thé, ouvrir une certaine porte à certaines heures et surveiller...

Rab est un acteur apprécié de séries télévisées médicales type « urgences » et le petit neveu de June ; la Princesse le reçoit aussi.

C’est Rabia une jeune pakistanaise, qui s’occupe des enfants Still notamment le petit Thomas qu’elle affectionne particulièrement car elle a perdu des enfants en bas âge.

On doit aussi mentionner Dex le jardinier : il adore les plantes et les fleurs et s’en occupe à la perfection.

Et Thea, une drôle de femme qui sert de domestique à tout le monde, tout en proclamant qu’elle n’est pas une domestique !! Sa culpabilité et son orgueil lui coûtent cher…

Le crime se commet à la moitié du roman, ne soyez pas trop pressés !

Un bon Rendell, des personnages divers et bien campés, une action lente mais agréable à suivre, un humour féroce, crime et assassinats au rendez-vous ; Rendell est toujours bonne lorsqu’elle fait évoluer des employés de maison…

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 23:06

Deux siècles exactement que Jane Austen disparaissait...fêtons-là, relisons-là!

j'ai opté pour " Emma " car, les autres " Austen" disponibles, et pas encore lus, étaient des romans épistolaires, une forme de narration que je ne goûte guère.

 

 

LP, 1996, 512 pages.

1ere publication, 1816.

Dans le Surrey, à quelque 30 kms de Londres, le domaine d’Hartfield, la jeune Emma s’ennuie à mourir, avec son vieux papa hypocondriaque. Sa gouvernante et amie vient de se marier, et se consacre désormais à sa vie d’épouse, tout en espérant un bébé. Cela a créé un vide dans l’existence routinière d’Emma… bien qu’elle soit persuadée d’avoir été l’instigatrice du mariage de miss Taylor !

Emma se fait une nouvelle amie, Harriet Smith, une toute jeune fille, orpheline, fille naturelle « de quelqu’un » qui habite chez son institutrice, jusqu’à ce qu’elle trouve un mari.

D’après Emma qui adore les intrigues, Harriet peut et doit prétendre à un mariage très avantageux ; elle le mérite, et si ça se trouve son père est quelqu’un de prestigieux qui n’attend qu’une occasion pour la doter.

Harriet est très influençable, et davantage une victime qu’une amie pour Emma ; elle la persuade que le pasteur est amoureux d’elle, et tente de manœuvrer pour que ce mariage se fasse. Ses manigances échouent, elle jette alors son dévolu sur un autre prétendant, Pour la satisfaire, la gentille Harriet a dû renoncer à un candidat qu’Emma ne jugeait pas assez bien pour elle !

En suivant les intrigues fomentées par Emma, nous croisons une multitude de personnages dont les plus intéressants sont l’arrogante vulgaire et stupide Mrs Elton, que le pasteur a finalement épousée, le frivole et galant Frank, la belle et discrète Jane Fairfax, de noble origine et éducation, mais sans fortune, sa nièce Mrs Bates, une grande bavarde qui passe d’un sujet à un autre sans continuité, et le pauvre père d’Emma qui vit dans la crainte continuelle d’un refroidissement, ou d’un empoisonnement par la nourriture. N’oublions pas George Knightley le beau-frère d’Emma, réaliste, très critique à son égard « qui passe le temps à lire ou faire sa comptabilité » et rechigne à danser lorsqu’il ne peut se soustraire à un réception…un personnage plutôt sévère mais son patronyme (Knight) laisse entrevoir plus de romantisme que prévu…

Il ne se passe pas grand-chose dans le récit, pourtant, lorsque Frank arrive chez Mr Weston, son attitude en fait un personnage énigmatique dont on ignore les intentions réelles. De même la belle Jane, que va-t-elle devenir, et ce piano qui lui est livré, de quel correspondant mystérieux ? Pour le reste, on sait à quoi s’en tenir des mariages qui se feront, classiquement, à la fin du livre.

Emma est avant tout un roman de mœurs, agréable à lire, un peu long dans sa dernière partie.

 

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