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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 20:53

LP, 1955, 392 pages.

plus de quarante ans après, je reprends ce roman! j'avais oublié plein de détails, et même certains personnages.

J’avais oublié, surtout, que le narrateur du roman est une servante ( Mrs Dean, appelée Hélène ou Nelly suivant les cas) et que nulle autre personne ne donne son avis ! les autres récits ( ceux de Zillah une autre servante, une lettre d’Isabelle, les points de vue de la jeune Cathy) sont rapportés aussi par Nelly.

 

Mr Lockwood, revenu de Hurlevent la demeure qui appartient à son propriétaire Heathcliff, demande à sa servante Nelly de lui parler des êtres curieux qu’il a vus là-bas, Heathcliff, le sinistre patron, Hareton son neveu par alliance, et Cathy sa nièce, veuve de son fils Linton.

C’està Thrushcross Grange l’autre demeure, guère différente de Hurlevent, et distante de quelques milles de celle-ci qu’il apprend toute l’histoire, de ces deux malheureuses familles les Earnshaw et les Linton.

Nelly avait à peu près l’âge du fils aîné Earnshaw, Hindley, soit 15 ans, lorsque le maître de maison, rentra d’un petit voyage en ramenant Heathcliff ; ce garçon avait à peu près six ans, l’âge de Catherine la fille des Earnshaw. La maitre de maison le présenta comme un petit orphelin mourant de faim presque mort, qu’il a recueilli, parce qu’il lui rappelle un de ses enfants mort en bas âge.

Le lecteur pense, lui, que ce « petit bohémien » comme le désigne la servante, est peut-être un fils naturel du maître qu’il a recueilli parce qu’il n’avait plus de mère.

Quoiqu’il en soit, il manifeste le désir qu’il soit élevé avec et comme ses propres enfants.

C’est alors que la dissension naît . Hindley persécute ce petit garçon dont il est jaloux, Catherine en fait son compagnon de jeu. Nelly, qui est à al fois servante, et compagne de jeu des enfants, déteste Heathcliff, à l’égal d’Hindley dont elle est plus ou moins amoureuse. C’est pourquoi nous n’auront jamais de point de vue un peu neutre sur la situation.  Franchement je le regrette!

 

La grande affaire, on le sait,  c’est la passion amoureuse que se vouent Heathcliff et Catherine. Une passion que Nelly s’emploie à mettre à mal ; elle fait tout ce qu’elle peut pour éloigner les amoureux et les fâcher, et favoriser les accointances de Cathy pour le jeune homme qui vit dans la demeure de Thrushcross Grange.

Les caractères sont très tranchés, il y a les forts et les faibles. On meurt beaucoup, et on agonise loonguement dans ce récit de « romantisme très noir ». On se tape dessus, on fait des crises d’hystérie, on gémit, on se morfond. Je croyais me souvenir de belles et sombres descriptions de la lande dévastée par les vents. Mais, à la relecture, il me semble que les descriptions sont un peu maigres...

Bien contente d’être arrivée à la fin !

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 14:21

 

 

645 pages 10/18, 2015

2008 1ere publication. D’abord la version française est parue chez Sonatine, en 2014.

Cette intrigue m’a fait penser à celle du film «  Broken Flowers «  de Jim Jarmusch.

Un homme a reçu une lettre anonyme mais émanant sûrement d’une femme lui laissant entendre qu’il avait une progéniture dont il ignorait tout. Cet homme c’est Damian Baxter, qui a fait une brillante carrière à la City ; lorsqu’il a reçu la lettre il a attendu qu’on lui réclame une pension pour l’enfant, mais rien n’est venu.

S’étant marié sur le tard, il n’a pu procréer, et a divorcé. Menacé d’une fin prochaine, il repense à la lettre, et voudrait cette fois ardemment léguer sa fortune à cet(te) héritier (re).

Il va charger son ex-ami (le narrateur du roman) de retrouver cet héritier, lui fournissant une liste de plusieurs anciennes maîtresses qui ont eu un enfant avant une certaine date.   Le narrateur  déteste Damian depuis certains événements fâcheux qui se sont déroulés au Portugal en 1970. Et pourtant il va se charger de ladite mission.

Le narrateur appartient à ce milieu particulier qu’est l’aristocratie britannique. Jadis, lors de leurs études à Cambridge,  il introduisit Damian l’ambitieux dans ce milieu, sur son souhait. Les jeunes filles,  frisant à présent la soixantaine, en étaient aussi.

Le roman est bien agencé, souvent critique, féroce et  parfois drôle (certains bals qui tournent au cauchemar, certaines personnes fortement caricaturées)  souvent romanesque et bien plus sentimental que Broken Flowers… Des passages m’ont paru  longs et ennuyeux : des descriptions de manoirs, de revers de fortune, de rituels propres à l’aristocratie, des changements intervenus après les sixties ; Des personnages introduits, j’ai apprécié Damian, le narrateur, au moins deux des femmes,  Lucy Dalton et Terry dont la déchéance et l’alcoolisme sont très bien rendus, moins Serena, un peu trop parfaite.

En fait, il y a trop de personnages, l’intérêt se dilue parfois. Dans l’ensemble on dira pourtant que cette étude de mœurs est réussie, très documentée.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 23:09

Dusty Answer, 1ere publication 1927

Phébus, 2003, 382 pages.

le récit dles premiers émois amoureux de Judith, jeune fille solitaire, au début du vingtième siècle, dans la campagne anglaise.

Fille unique, voyant assez peu ses parents, Judith est éduquée à domicile par des précepteurs, et à l’occasion par son père. Elle fait des études sérieuses, de vraies humanités (c’était rare au début du vingtième siècle pour les filles) sort peu, et ne fréquente que les enfants de la propriété voisine : quatre garçons et une fille , deux des garçons sont frères, les autres enfants cousins, élevés par leur grand-mère: Charlie, le préféré de Judith, Julien le frère de Charlie intelligent mais pas très beau, Martin qui l’adore et qu’elle trouve casse-pied, Roddy insaisissable et mystérieux, et Mariella la fille, passionnée surtout par les animaux.

A 18 ans, Judith n’a pas vu ses amis depuis plusieurs années ; et voilà qu’ils reviennent amputés de Charlie, mort à la guerre. Mariella est veuve de Charlie, et a un petit garçon dont elle ne sait que faire. Julien a fait de bonnes études comme Judith, il devrait être son interlocuteur et peut-être plus. Mais le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.

Judith intègre un collège de jeune filles, pour achever ses études ; elle va y cultiver une relation privilégiée avec l’irrésistible Jennifer. Cependant Jennifer voudrait quelque chose de plus charnel ...

La première éducation sentimentale de Judith s’achève avec le roman. Elle est au seuil d’une nouvelle existence…

Le roman est émaillé de jolies descriptions de nature qui rappellent les belles heures du romantisme. Les êtres, eux, sont exactement à l’inverse de cette belle nature : insatisfaits, malheureux, se heurtant durement les uns aux autres ; et aussi il faut bien le dire, plutôt riches et désœuvrés sinon oisifs. les personnages sont bien campés.

Un roman un peu long mais qui a ses charmes.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 23:03
Robert Galbraith La Carrière du mal

Grasset, 2016, 600 pages.

Robin, l’associée de Cormoran Strike, brillant détective privé londonien, reçoit par la poste un colis contenant une jambe de femme. Cormoran est persuadé qu’on veut s’en prendre à lui, à travers la jeune femme, se venger, faire couler son agence, maintenant réputée après la résolution d’affaires difficiles.

Réfléchissant à son passé il se voit trois ennemis particulièrement coriaces et pervers susceptibles de vouloir sa perte. L’un d’entre n’est autre que son ex-beau père qu’il pense coupable du décès prématuré de sa mère. Les deux autres sont d’anciennes connaissances de l’armée dont il aurait bien voulu se passer.

On pourchasse donc les fantômes du passé encore bien vivants, à deux, même si Robin est menacée par le tueur.

On retrouve la propriétaire de la jambe dans le congélateur de son appartement ; bien que très jeune la fille possédait son propre appartement ? Et qui était-elle ?

L’intrigue progresse sur plusieurs fils :

- les recherches de Cormoran et Robien ensemble à travers l’Angleterre et l’Ecosse, et dans la capitale pour retrouver les traces des trois suspects ; leurs errements, leurs rencontres de diverses personnes ayant pu connaître les suspects, voire les avoir hébergés. On se balade, on rencontre des gens divers, dans des endroits variés (toujours bien campés). Certaines situations sont humoristiques, le salon de massage thaïlandais par exemple.

-les pérégrinations de Robin, seule, pour qui l’on craint, sachant qu’elle est poursuivie, et qu’elle n’hésite pas à rencontrer seule des personnes de l’entourage des suspects,

- A partir des découvertes des policiers du Yard concernant la victime, les investigations de nos détectives dans l’entourage de la fille à la jambe coupée) : là aussi, nous rencontrons une galeries de gens bizarres, effrayants, parfois drôles (humour noir). Notamment les acromotophiles…

- Le fil de narration concernant le tueur, qui intervient à la première personne, et souvent, pour dire ses pensées et raconter ses méfaits ; Ce contenu est discutable ; Je m’en serais passée…

- les souvenirs de Cormoran à propos des suspects qu’il a bien connus : ils suffisaient amplement à mon avis, pour se faire une idée des profils de ces messieurs…

D’autres fils de narration servent à retarder la résolution de l’enquête :

  • Robin et Cormoran font des filatures n’ayant rien à voir avec l’enquête en cours ; c’est la routine de leur métier. Cela tombe un peu à plat, même si les personnes suivies ont des noms prometteurs ( Platine, Mad Dad…)
  • Robin se querelle avec son fiancé, parfois avec sa famille, interrompt puis reprend la préparation de son mariage avec ce jeune homme que l’on connaît déjà : un sinistre crétin selon Cormoran…le tueur l’appelle Jolicoeur
  • Cormoran fréquente sans enthousiasme une femme assez ennuyeuse…
  • Robin et Cormoran qui s’aiment sans se l’avouer, se querellent se réconcilient…

Les apartés qui servent à retarder l’enquête sont inévitables dans les polars : dans les bons polars, ils sont attrayants. Le second concernant Robin retient l’attention, il révèle quelque chose de son passé. Mais rien de très passionnant, tout de même… Robin se révèle assez conformiste.

Les personnages : les suspects se ressemblent ; du moins dans l’esprit du lecteur. On les confond parfois : l’un est du genre plutôt pédophile, l’autre est cruel avec les femmes, le troisième l’ex-beau-père de Cormoran est comme le second, mais il est complètement camé.

Ces suspects ne sont pas assez différents les uns des autres…

Au final, le roman se lit bien, et reste attrayant, malgré ses défauts. Les fils de narration sont bien alternés ; le meilleur ( le pérégrinations de Robin et Cormoran à travers Londres et la province, et la rencontre de différents témoins potentiels) fait passer le moins bon ( Le côté thriller que je n’aime pas , la femme que fréquente Cormoran, le peu de personnalité des « méchants »).

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 18:23
Daphné Du Maurier Ma cousine Rachel

Philip a été élevé par son oncle Ambroise Ashley, de vingt ans plus âgé que lui, qui n’avait pas de famille,lui non plus. Ils ont vécu l’un et l’autre en étroite symbiose, dans la propriété d’Ambroise en Cornouailles. Pas de femme : Ambroise avait embauché une nourrice pour son neveu et l’a chassée très vite la trouvant sadique à son égard.

A 40 ans Ambroise est parti en Italie soigner des rhumatismes : il y passe l’hiver et revient au printemps.

Là-bas, il a rencontré une femme, une cousine éloignée, la fameuse Rachel ; ils se sont si bien entendu… qu’Ambroise annonce par lettre son mariage à Philip ( très jaloux… !)

Il doit revenir avec son épouse mais tarde à le faire « ll y a des trucs à régler ». Et voilà que Philip reçoit une lettre alarmante : Ambroise est saisi de fièvre mystérieuse, et n’est plus lui-même ; il accuse sa femme d’être responsable de son état, appelle au secours.

Ce roman en dépit du caractère complexe de Rachel auquel on ne sait trop quoi attribuer comme vilenie au début, n’offre pas beaucoup de suspense. On hésite simplement : jusqu’où Rachel est-elle prête à aller ? A-t-elle malgré tout des sentiments pour Philip ? En a-t-elle au pour Ambroise ? On n’est pas trop surpris de la tournure des événements.

J’ai découvert que le cytise était vénéneux !

Le début avec le pendu au Quatre-chemins fait froid dans le dos.

Un ensemble assez attrayant, pas exceptionnel pourtant.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 18:26

Quai Voltaire,

     Après avoir vécu une année riche sur le plan de l’amour et du labour, Prue, volontaire agricole à Hallows Farm rentre chez sa mère pour aider au salon de coiffure ; elle s’y ennuie : les galants se font rares… 

    n Prue est coquette et aime plaire ! C’est un quadragénaire pourvu d’une Daimler ( je n’y connais rien en bagnole mais Prue apprécie) qui va la tirer de son ennui. Barry ( numéro 2 ) lui propose de l’épouser et comme il est riche, elle accepte.

       Les premiers temps sont durs, Prue voudrait reprendre le travail agricole et se trouver un amant (Barry N° 2 est vraiment très nul au lit) ; elle ne trouve son voisin Johnny, sympathique mais pas trop excitant non plus… et la gouvernante la maigre Bertha achève de l’attrister.

     Petit à petit la mauvaise fortune de Prue va s’améliorer c’est lent, quelquefois ironique, souvent mélancolique, le rythme se traîne un peu.

       Et pourtant, l’auteur nous offre quelques morceaux de bravoure bien enlevés, tel un accouchement dans une grange au milieu d’un troupeau de porcs énervés, la tentative de séduction d’un pasteur de petite paroisse, la rencontre avec cette charmante vieille dame qui lui fait aimer la lecture.

Mais Je ne suis pas sûre de me souvenir de Prue dans quelques années…

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 06:11
Stella Gibbons le Bois du rossignol ****+

Points, 2014, 501 pages

1ere publication 1938.

Aux Aigles, propriété de la campagne anglaise, dans l’Essex, Mr et Mrs Wither, pas riches mais jouissant d’une certaine aisance, vivent avec leurs deux filles : Madge, 39 ans, et Tina 35 ans, célibataires ; l'aînée rêve d'un chien, la cadette d'un mari.

Tina a étudié, notamment dans une école d’art. La voilà presque trop instruite pour s’intéresser à un homme quelconque.

Aux Aigles tout le monde s’ennuie à mourir …

Le papa est pingre, et leur donne peu d’argent de poche ; ces jeunes femmes déjà mûres souffrent de leur dépendance.

Arrive leur belle sœur Viola, veuve de leur frère aîné. Viola a 21 ans, et avait épousé le fils aîné pour quitter son emploi de vendeuse dans un magasin que tenait son défunt père. Viola n’a encore aimé que son père, et ce magasin. peu instruite, elle n’a pas du tout d’argent. Vivre chez ses beaux-parents la déprime sérieusement. Elle va se promener dans le bois du Rossignol. Au-delà se trouve une somptueuse demeure habitée par Victor, (beau garçon, belle voiture) sa mère, et une cousine orpheline ; un riche mariage se prépare…

Le roman est très agréable à lire, souvent satirique et mordant, plus conventionnel vers la fin, mais les histoires d’amour ne sont pas trop romanesques, et les personnages très bien enlevés.

Sauf que je n’aime pas trop le vilain sort réservé à la pauvre Hetty… qui ressemble à la Mary d’Orgueil et préjugés. Pourquoi décrier tant ces filles qui ont voulu se cultiver, et les ridiculiser ?

Evidemment on a envie de comparer avec Jane Austen. Ce sont les mêmes types de personnages qui sont croqués ici. Mais nous sommes en 1938, les mentalités évoluent, et l’on peut dans certain cas envisager une union dans un autre milieu social que le sien. C’est tout l’intérêt d’un tel roman.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 16:53

The Child Act

Gallimard, 2014, 230 pages

Fiona juge des affaires familiales presque 60 ans ; Jack son mari, professeur d’histoire à l’ université.

C’est un couple assez réussi, beaucoup de points communs, la musique , l’histoire, la géologie, et jusque récemment le sexe, mais Fiona est hantée par l’affaire des bébés siamois où elle a dû trancher pour la séparation des deux petits pour sauver la vie de l’un en provoquant la mort de l’autre. Une décision raisonnable, que pourtant les parents ne voulaient pas prendre, au nom de leur foi religieuse. Le récit paraît tout de suite tourner autour de la séparation, et aussi de la responsabilité de Fiona qui incarne la justice!

Bientôt Fiona doit juger l’affaire Adam Henry : ce jeune homme de 17 ans et demi, atteint d’une leucémie, dont l’état de santé et le traitement nécessitent des transfusions sanguines. Il est Témoin de Jéhovah, élevé ainsi par ses parents et membre de cette communauté très particulière, où l’on a décidé que recevoir le sang d’autrui est impur, est blasphémer contre ce cadeau de Dieu qu’est la vie qu’il nous a donnée.

Les parents et leur fils étant opposés aux transfusions, Adam va vers une mort certaine. Certains textes stipulent que à partir de 16 ans, l’avis du malade doit être pris en compte,

Elle se rend au chevet du garçon, vu l’urgence, pour se rendre compte si ce refus de transfusion est personnellement réfléchi ou s’il est manipulé par la communauté des TJ ; on remarque que beaucoup d’affaires à traiter sont liées à l’extrémisme religieux…

Sa rencontre avec Adam est différente de ce qu’elle avait imaginé ; le garçon est bien de son âge, romantique, rêveur, écrivant des poèmes, prêt à sacrifier son existence ; très engagé dans cette foi délirante… et en même temps d’une intelligence aiguë ; Fiona et lui finissent par interpréter une ballade traditionnelle irlandaise ( Down the Sally Gardens) lui au violon, elle au chant.

Puis Fiona prendra la décision qui s’impose autoriser la transfusion ; le garçon sort de l’hôpital et reprend une vie normale ; sauf que c’est Fiona qui a pris la place de Dieu...

Les personnages de Fiona et d’Adam sont assez bien, les seconds rôles en revanche, m’ont ennuyée. Et toutes ces relations à propos d’affaires de la part des collègues ( notamment son collègue musicien) sont longues et pénibles. la réunion des juges à Newcastle, avant que ne se produise quelque chose, quel ennui!

Dans l'ensemble, j'ai senti peu d'invention d'écriture à travers la traduction. Le conflit entre Fiona et Jack est présenté de façon banale; j'ai eu du mal à m'y intéresser.

Le sujet du livre est très intéressant, et l'intrigue menée correctement; et pourtant tout cela tombe un peu à plat, alors que j'aurais dû me passionner pour cette histoire! Je crois que l'écriture le choix des mots est trop conventionnel ici, que cela manque d'inventivité.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 11:20
Jessie Burton Miniaturiste

Gallimard du Monde entier, 2015, 500 pages.

Le récit se déroule à la fin du 16 me siècle à Amsterdam, pendant quatre mois. Le prologue nous montre des obsèques en janvier 1687 ; c’est la fin de l’histoire. Nous ne savons encore rien des protagonistes, de simples silhouettes qui nous mettent l'eau à la bouche...

Ensuite, on revient en arrière, lorsque Nella Oortmann, une jeune fille de 18 ans, toque au perron d’une grande maison bourgeoise, au début d’octobre de l’année précédente. Elle vient de la campagne et a épousé le maître de maison, Johannes Brandt, un riche marchand de vingt ans plus âgé qu’elle. Elle est impatiente de commencer sa nouvelle vie. Malgré son âge, le mari qu’elle a vu l’espace d’un après midi lui a fait une bonne impression. Il a une belle prestance, un visage buriné, et a visité moult pays exotiques...

Nella est accueillie froidement par sa belle sœur Marin, célibataire endurcie, et sa servante Cornelia dont les manières lui semblent très osées pour une domestique. Johannes a aussi un serviteur noir, Otto ; Nella n’a encore jamais vu une personne de couleur. Mais le plus étonnant c’est que les jours passent et Johannes se fait désirer. Il tarde à consommer son mariage, et reste très distant. Nella se voit offrir une maison miniature, réplique exacte de celle qu’elle habite à présent, et Johannes l’enjoint de la décorer… Nella est très déçue, irritée et intriguée aussi par les propos sibyllins des gens de la maison, et leur attitude envers elle.

Ce roman a été comparé à celui de Tracy Chevalier la jeune fille à la perle ; il se déroule au même endroit, à la même époque. Ayant déjà lu un roman de Tracy Chevalier (pas celui-là) je pense que l’écriture de Jessie Burton est davantage travaillée, plus élégante, et l’ensemble paraît d’une autre habileté. Les descriptions sont très belles et ressemblent à ces fameux tableaux qu’on admire encore souvent, pleins de vie, de crudité, et d’un mûrissement excessif comme des fruits talés.

A l’aide d’une documentation très sérieuse, l’auteure a brossé une étude de mœurs de cette société de négociants prospères, aussi cupides qu’hypocrites et corsetés dans un calvinisme sévère. Les Brandt cultivent une liberté d’esprit qui en fait des marginaux, et le monde dans lequel ils vivent est trop étroit pour eux.

A mesure qu’on avance dans l’histoire et que les protagonistes perdent leur mystère, ils changent aussi de visage. Le drame fait son apparition, le traitement de l’intrigue se révèle très romanesque. La troisième partie pourra sembler longuette, les sentiments soudain outrés dans leur manifestation, les personnages plus idéalisés que je ne l’aurais imaginé.

Il n’empêche que voilà un premier roman d’une grande qualité qui se lit avec plaisir.

Je m'aperçois que je n'ai pas parlé du (ou de la) miniaturiste! c'est que pour moi, comme pour Nella au début, cette maison de poupée si parfaite soit-elle, ne m'inspire pas, et guère plus les inquiétudes et les passions qui se cristallisent sur ces petits personnages et objets, répliques de ceux de la maison sur lesquels on croit lire je ne sais quelle marque d'un drame. En fait, l'objet en question ne sert à rien pour l'intrigue.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 18:50

Gallimard, 2014, 408 pages.

Titre et parution originaux: NW, 2012

Au Nord ouest de Londres, il y a des quartiers chics et paisibles et d’autre plus bruyants et carrément défavorisés. Les héros du roman ont grandi dans une cité ouvrière et multiculturelle,la cité Caldwell, entre Willesden et Kilburn, où se côtoient des ethnies diverses.

Tous âgés de 35 ans au moins, certain de ces jeunes ont plus ou moins réussi leur ascension sociale, d’autres n’ont pas réussi à sortir de cet endroit problématique.

Nous suivons ainsi, par le biais du monologue intérieur, Leah, jeune irlandaise qui a réussi à obtenir un diplôme universitaire et se consacre à une organisation pour les défavorisés à la mairie. Son travail l’ennuie, mais elle est déterminée à faire du social utile. Mariée à Michel un coiffeur français, d’origine africaine. Ils sont toujours très proches, sauf qu’un gros différend les oppose : Leah ne veut pas d’enfant, Michel en rêve. Ignorant les désirs (ou plutôt non-désir) de sa femme, Michel croit qu’il y a un problème de stérilité…

Le couple vit dans un lotissement agréable, mais on voit la cité de la fenêtre de l’appartement.

Natalie s’appelait autrefois Keisha Blake. Elle a changé de nom, (dommage, Keisha c'est joli ... mais elle avait ses raisons, que vous apprendrez...) en même temps que de quartier : elle vit près du parc encore plus loin de la cité, avec Frank, et est devenue juriste. Le couple a deux jeunes enfants. Natalie et Leah continuent à se voir ; ensemble elles se plaisent encore, en groupe, elles s’ennuient mais s’accrochent. Elles ne sont pas très heureuses mais tiennent bon...

Félix a exercé divers emplois qu’il a toujours quittés et s’est récemment sevré de la drogue et même de l’alcool. Marié jeune et père, il ne voit plus cette famille, et s’est trouvé une énième maîtresse qui va le rendre heureux. Sauf qu’il n’a pas rompu avec d’anciennes « relations »…

Nathan plaisait beaucoup aux filles étant enfant, mais il a très mal tourné...

Des notations elliptiques, précises et réalistes, nous renseignent sur le personnage que l’on suit, qu’il pense, ce qui lui arrive. Nombreuses énumérations, phrases sans verbes, plongée dans une atmosphère, mais aussi dialogues brefs et longs, récits souvent logorrhéiques, où l’on doit deviner qui parle , qui s’adresse à qui, et où, à l’aide de pensées livrées tronquées, parfois ; à d’autres moments, la narration redevient classique.

Autant dire que depuis "De la beauté", Zadie Smith a évolué, plus ou moins changé de style s’orientant vers un récit relativement expérimental, mais très ancré dans la tradition anglaise (V Woolf par exemple a pu servir de modèle, mais aussi bien Joyce ). N’allez pas croire pour autant que le récit est vraiment difficile à suivre ! On est seulement déconcerté de temps à autre, et on reprend vite le fil. Les personnages sont très attachants.

Pour moi, c’est là encore une belle réussite.

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