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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 19:11

   la vie très privée de Mr Sim(The Terrible Privacy Of Maxwell Sim, 2010)

Gallimard,  2011, 450 pages.

 

 

Le roman est divisé en quatre parties portant chacune le titre d’un itinéraire parcouru par Mr Sim qui, en mars –avril 2009, voyage beaucoup à pied en avion et en auto…voyages qui ont un air initiatique et se révèlent  riches de rencontres,  les unes insolites, les autres attendues et décevantes…

 

Dans Watford-Sidney , Mr Sim quadragénaire déprimé, en congé longue durée,  va reprendre l’avion pour l’Angleterre,  tout en déplorant le manque total de communication avec autrui, notamment  son père qu’il est venu voir.  Ce dernier lui recommande d’aller dans son appartement de Lichfied pour lire le contenu d’un certain classeur bleu…

Sim  envie une chinoise et sa fille en train de jouer aux cartes, si joyeuses et conviviales.  Sa fille à lui, il ne la voit guère, elle est partie vivre avec sa femme loin du domicile conjugal. Mais  comment pourrait-il partager la joie de ces deux personnes ?

Dans l’avion du retour, il rencontre une jeune fille  avec qui il ne parlera guère plus ;  elle lui donne  un étonnant compte-rendu du voyage que Donald Crowhurst, navigateur solitaire, entreprit pour faire la course autour du monde à la voile en 1969….On apprend que Crowhurst, guère plus marin que n'importe qui, ne fit pas la course mais feignit seulement de concourir, et se laissa prendre à son propre piège; c'est un double du personnage principal.

Pour avoir un contact avec sa femme Mr Sim est contraint de changer d’identité et d’utiliser Internet…puis de lire  les nouvelles qu’elle écrit.

 

Arrivés là, notre héros («  bien peu héros » , comme dirait Stendhal) va donc être en possession de trois documents écrits dont deux le concernent directement.

Cet esseulé de Mr Sim est tenté de  s’identifier au malheureux faux navigateur, mais solitaire au plus haut point, et, découragé par l’incommunication dont il est l’agent  un peu, la victime surtout, ne trouve de réconfort que dans la voix sereine de son GPS, alors que le voilà lancé sur les routes vers l’Ecosse où il doit… vendre des brosses à dents écologiques.  

J’aime bien l’écriture de Coe, à la fois loufoque, humoristique, sentimentale, et  ses narrations apparemment décousues ses coups de théâtre  fréquents, et je le suis volontiers, même s’il y a des longueurs comme ici. De très bons passages aussi, dont les déboires avec Internet , outil qui devrait autoriser plus de communication entre les êtres mais ne tient pas ses promesses ; le dialogue avec le GPS Emma( non ce n’est pas Emma Bovary l’inspiratrice, mais Emma Thompson l’actrice )est une merveille d’humour noir !

Du suspense, de multiples aventures qui tournent court,  ce que vérifie pleinement  la chute finale.

Un roman très amer, très pessimiste, mais tellement juste.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 00:11


         GF Flammarion 2 tome, 947 pages et 64 chapitres titrés.

DAVID Copperfield 

           En1850 Charles Dickens a neuf enfants nés et huit romans publié, donc un de retard, c’est normal, car David Copperfield, le dernier en date,  lui a pris beaucoup de temps, et c’était son préféré.

 

Le narrateur nous raconte « David Copperfield », son autobiographie, de sa naissance à l’âge de trente-cinq ans environ. C’est un roman de formation qui relate à peu près tout des expériences de David durant ces trente et quelques années : orphelin de bonne heure, enfant battu par un beau-père pervers et sa sœur, séjours dans divers internats, dont le premier très éprouvant,  abandon par des parents indignes, obligé de gagner sa vie à dix ans, SDF très tôt sur la route de Londres à Douvres, attachement à des figures maternelles secourables ( dont son excentrique tante Trotwood, et la servante au grand cœur Pegotty) , expérience de l’amitié avec le séduisant James Steerforth, le curieux monsieur Dick( Dickens ?), la surendettée et cyclothymique famille Micawber, de l’inimitié avec des méchants intégralement méchants , apprentissage d’un métier en rapport avec la justice, amours diverses avec des femmes moyennement intéressantes, mariage, paternité, et réussite en temps qu’écrivain.

 

Le roman contient donc une multiplicité d’intrigues, toutes ou presque en rapport avec  la vie du narrateur David (parfois surnommé pour notre plus grand bonheur « Trot » ou encore « Pâquerette »…par certains des personnages les plus intéressants)

Il n’arrive rien de particulier à David mais tout lui arrive ! Du bon du mauvais de la joie et des deuils, des péripéties loufoques, une grande variété de tons et d’atmosphère destinés à accompagner le lecteur sans l’ennuyer dans un parcours de  longue durée.

C’est en général avec plaisir que l’on suit ces aventures qui pourtant traînent parfois en longueur.

 

L’auteur a voulu rendre le langage et les mœurs de couches sociales diverses, dont la famille de la servante Pegotty, des gens  de conditions modestes et ce n’est pas toujours réussi : il mime tant et tant le langage de ces gens qu’il en fait parfois un vrai charabia qui relève de la caricature : de plus, dans sa volonté de montrer le peuple bon honnête et plein de bonnes intentions, il met en scène  des personnages exagérément naïfs à la limite de la bêtise. Parfois, il exagère dans l’autre sens…

Je préfère le peuple tel que le dépeint Maupassant, Zola ou même Simenon, qui sont plus proches d’une certaine réalité.

 

Autre petite déception, les personnages féminins jeunes( Agnès un vrai bonnet de nuit, Dora stupide, Emilie sans beaucoup de traits frappants),  m’ont franchement ennuyée.  

 

En ce qui concerne la bourgeoisie, les milieux juridiques, les caractères sont bien enlevés, certains seconds rôles sont fort plaisants.

 

Lu dans le cadre du challenge Dickens organisé par Isil pour  le 198eme anniversaire de naissance de l'auteur.

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 23:08

l'auberge de la Jamaïque

1935.

Voilà un roman de 350 pages environ qui ressemble beaucoup à ceux que je lisais entre douze et quinze ans d’Elizabeth Goudge ou de Rosamond Lehmann, voire des sœurs Brontë…

 


Sauf que ce n’est pas la même lande. Ici c’est la Cornouaille du nord, vers Penzance, des paysages arides et marécageux, des roches de granit aux formes étranges, qui évoquent les légendes arthuriennes. La description des paysages est très fouillée et,  en dépit de nombreux événements romanesques, c’est avant tout un roman d’atmosphère. Les personnages sont assez convenus mais si bien intégrés au décor, qu’on les suit sans ennui.

 

Mary Yellan, vient d’enterrer sa mère et va rejoindre sa tante Patience  et son époux qui tiennent l’auberge de la Jamaïque. On ne sait pourquoi elle est ainsi nommée, ce qui est sûr c’est que l’on s’ y approprie  du rhum, sans doute venu  de Jamaïque.

 


L’auberge, Mary le remarque dès le premier soir est un repaire de brigands, et son oncle Joss  Merlyn, un tyran domestique alcoolique, qui  persécute la pauvre tante. Et il a des complices, des sous-fifres et un chef ! Mary se dresse seule contre ces malfaiteurs, cherche à savoir ce qu’ils trafiquent, se perd  maintes fois dans la lande, se confie à un prêtre albinos, s’intéresse à Jem le jeune frère de Joss dont on ne sait jusqu’à quel point il trempe dans de louches combines…

 


En bonne pâte de lectrice j’ai joué le jeu au point de ne rien chercher à deviner, de sorte que cette lecture fut très agréable.

 

Il me tarde de voir ce que Hitchcock en a fait....

 

 

 

Découvrez aussi :

 

Poussière ( Rosamond Lehmann)

 

Les Oiseaux ( Alfred Hitchcock, 1963)

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 00:00
Mrs Dalloway

 

LP ,2009, 218 pages.

1ère publication mai 1925.

 

Intéressée par "Ulysses" de Joyce, qu’elle a lu en 1920 et pas vraiment aimé, Virginia Woolf  souhaite s’essayer au même exercice, pour en tirer son œuvre à elle.

 

Elle raconte une journée de juin également, en 1923, l’action ayant lieu aussi dans la capitale de son pays, et même dans un espace restreint (le quartier de Westminster, et Regent’s Park). Les personnages  s’expriment  par monologues sans transition forte. Les personnages évoluent tantôt dehors( la rue, le Parc qui a beaucoup d’importance)  tantôt dedans( leurs demeures, un café un magasin, un autobus) en alternance. Toujours en mouvement, puisqu’en pensée.

 

 

Clarissa Dalloway 52 ans, s’apprête à donner une réception le soir , et sa journée est réservée à la préparation des festivités. En outre, elle rencontre Peter Walsch son ancien fiancé de retour des Indes, et tous deux  vont évoquer d’autres journée s d’été  trente ans auparavant, dans une propriété familiale du père de Clarissa, dernier été d’une jeunesse libre avant les contraintes du mariage et de l’exil.

En filigrane nous suivons la journée bien plus sombre, dans un récit qui n’est déjà point trop gai , de Septimus Warren-Smith,  ex-jeune soldat, revenu de  la Grande guerre encore toute proche, profondément traumatisé psychiquement. C’est un narrateur omniscient qui relatera son passé au milieu du récit car Septimus n’est pas connu du petit microcosme de la société où évolue Clarissa.

Bien d’autres personnages interviennent dans le récit monologué de cette journée, connaissances de Clarissa, femme de Septimus, simples passants.

 

On a dit que ce roman était dépourvu d’intrigue, et ce n’est pas vrai. Des intrigues, il y en a beaucoup dans ce récit !  des intrigues de leur défunte jeunesse que revivent Clarissa et  Peter chacun dans leur pensées, physiquement ensemble ou séparés. Une intrigue  qui concerne la fille de Clarissa, pour qui sa mère craint l’influence de certaine personne ; le devenir de Clarissa qui passe de l’inquiétude à un bonheur relatif, et inversement suivant les heures de la journée et ce qu’elles apportent. Le devenir de Septimus, progression vers une fin de journée que l’on devine difficile.

 

 

De ma première lecture interrompue (il y a …. bien des années) je ne me souvenais  que de Septimus et de  sa jeune femme. Ces personnages seuls, m’avaient intéressée à l’époque ! et pourtant   L’auteur  ne met en œuvre aucun effet dramatique appuyé, elle laisse s’écouler cette histoire avec beaucoup de pudeur.

J’avais interrompu ma lecture parce que Clarissa et Peter me saoulaient avec ce que j’appelais  leurs bavardages futiles incessants.  A présent, je serais bien moins sévère à leur sujet.  Clarissa doit remplir le vide de sa vie avec des réceptions, et elle réussit à transcender  ses occupations en y percevant un rituel religieux : les réceptions sont une « offrande » qu’elle fait «  à la vie ».

 

J’apprécie également les belles métaphores ( parfois effrayantes) qui sont en rapport avec la nature et les arbres.

Enfin la critique sociale est de la partie et elle est impitoyable. Dans ce registre aucun personnage ne sera épargné( le député balourd et paysan ; la gouvernante Quaker psychorigide et soi-disant mystique,  les médecins cruels et irresponsables…) vu qu’ils se jugent les uns les autres et que  nous avons beaucoup de points de vue différents.

 

Bref un beau livre redécouvert au cours d’une lecture commune avec Keisha, Mango, et Girl from Earth.

 

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 00:57

Gallimard, collection l'Imginaire.Roman anglais, le plus simple mais non le moindre de Sylvia Towsend-Warner, excellent romancière, traduite, mais peu lue...

Suckey Bond est retirée de l'orphelinat à douze ans pour aller chez les Noman, des fermiers dans l'Essex. C'est un pays marécageux où les tourbières de confondent avec la mer. Mme Seaborn place régulièrement des écolières dans cette ferme.

Suckey adore Mme Seaborn la femme du pasteur qui lui semble être une déesse. Pourtant le sort de fille de ferme promis à cette enfant nous semble bien injuste. Suckey s'en acquitte avec zèle, passionnée par le paysage, par le fait qu'elle vit «  sur une île » et à cause de la présence d'Eric, énigmatique jeune garçon blond d'une grande beauté dont elle s'éprend.

Nul ne sait xe qu'Eric est censé faire à la ferme, ni pourquoi il y réside : il parle peu, semble indifférent, disparaît dans les alentours toute la journée mais éprouve du plaisir à traire les vaches le soir. Le lecteur le ressent plus ou moins autiste.

A sa manière, il fait des avances à Suckey ; il lui offre de petites pommes acides. Tous deux passent de bons moments ensemble, s'embrasent... ignorante, Suckey se croit enceinte alors qu'ils n'ont pas copulé. Elle veut Eric pour époux et lui demande de tuer un coq pour elle. Effrayé par le sang, Eric s'enfuit et a « une crise d'hystérie ».

Suckey doit quitter la ferme, et part en ville rechercher Eric que Mme Seaborn a emmené.

Elle a compris qu'Eric était son fils, et qu'effrayée par le penchant que Suckey manifeste à son égard, elle le séquestre désormais...

Suckey connaît de nombreuses tribulations avant de se trouver une place de gouvernante ménagère dans la ville voisine. Elle se fat une alliée de la nouvelle employée des Noman, parvient à retrouver Eric qui a perdu son père et dont la mère est devenue folle, persuade le tuteur d'Eric qui ne sait qu'en faire d'épouser ce jeune homme « un peu demeuré ».

Eric va se trouver une occupation l'apiculture à quoi il s'adonnera avec passion. Suckey s'occupera du domaine des Seaborn. Lorsque s'achève le roman, en proie à une plénitude presque mystique, Suckey va mettre au monde une fille... et ce sera Volupté car la romancière nous avait prévenu que le trio Mme Seaborn-Suckey-Eric c'est Vénus-Psyché-Amour.

Une façon originale de développer ce mythe : Junon qui est la patronne du mariage dirige un bordel : «  seules les maisons de tolérance pouvaient préserver la vertu des femmes chastes ».


Le livre ne manque pas d'ironie. Suckey aussi nous plaît par sa naïveté qui lui attire des aventures étranges. Comme toute fillette sortant du couvent, la Bible est son guide, et c'est là qu'elle va chercher la réponse aux questions qui se posent à elle. Son amour pour Eric, après des années de religion, lui parait une révélation, l'accès à un monde païen libre, qui préserve intacte la beauté.

Et, comme toujours Sylvia Townsend-Warner présente le destin d'une femme volontaire, seule, occupée de son désir et de sa singularité, en un cheminement qui lui est propre, au milieu d'une société victorienne rigide à laquelle elle ne comprend pas grand-chose, mais qu'elle parvient à utiliser à ses fins. L'autre point fort du roman ce sont plusieurs passages de prose poétique délicieuse : l'offrande des pommes, la romance de Suckey et Psyché...

 

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 11:10

A la fin du 19eme siècle, Michel Henchard, jeune botteleur de foin, personnalité ambitieuse, brouillonne, animée de sentiments excessifs, vend sa femme à un marin Newson , un soir d'ivresse, pour cinq guinées.

Il part pour Casterbridge gros bourg dans le Wessex situé à une vingtaine de kilomètres du lieu du délit. Il y devient négociant en grains et ne bois plus pendant 18 ans ayant fait un vœu.

Le voilà  maire de la ville. Mais ce que l'on nous raconte c'est l'histoire de sa déchéance...  


Sa femme Suzanne, que l'on dit simplette, a accepté la transaction commerciale dont elle est l'objet. Avait-elle pris son époux au mot ou espérait-elle gagner au change ? Elle fut heureuse mais très pauvre. Le marin ayant disparu en mer, Susan revient chez Henchard avec Elizabeth-Jane  la fille qu'elle a eue de Newson. Elle porte le même nom que l'enfant que Suzanne avait eu d'Henchard et qui  n'est plus.  

Henchard croit que c'est sa fille et l'on ne dément pas ... Belle, intelligente, cultivée, elle semble attendre son heure...


Deux ans plus tard, Newson réapparaît et  veut la reprendre...

Henchard a pris pour associé Donald Farfrae, jeune blond écossais, économe sans être avare, qui allie la froideur du calcul à la sentimentalité. Il fascine Henchard, qui laisse cet associé le supplanter, sans qu'aucun des deux ne l'ait souhaité.

Devenu pour Henchard un objet de haine, il manque périr sous sa main.


Henchard s'est aussi fait des ennemis : Une marchande témoin de la transaction qui se rend à Casterbridge, pour révéler la vérité et faire tomber Henchard , Jopp qui cherchait une place de régisseur et s'est fait évincer par Henchard se venge en divulguant des lettres qu'il a échangées avec sa maîtresse Lucetta.


Mais c'est Donald Farfrae qui, sans avoir de malice, lui prend tout. Sa place de maire, de premier négociant, sa maison, sa maîtresse Lucette qu'il épouse, sa fille adoptive... Henchard fait toujours ce qu'il faut pour tomber encore plus bas...


J'ai bien aimé ce roman qui  mêle l'analyse sociale et psychologique, en évitant la plupart des clichés. Les personnalités des deux hommes qui s'affrontent est intéressante.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 00:25

1998, 464 pages.

Avec une citation de Rosamond Lehman, en exergue: cette romancière semble avoir durablement influencé Coe. 

 

Dans le manoir anglais d'Ashdown, au bord d'une falaise, vivent plusieurs étudiants, au milieu des années 80. C'est leur dernière année d'université.

Sarah souffre de troubles du sommeil; parfois, elle croit avoir vécu ce qu'elle a rêvé. Ses songes sont très concrets et imitent méchamment la réalité d'où des quiproquos parfois drôles souvent pénibles. Gregory est devenu son ami : 'il s'intéresse à ses bizarreries davantage qu'à sa personne, ce qui a pour conséquence de la faire fuir. Un autre étudiant Robert, en est amoureux, mais elle se tourne vers une femme. Terry se passionne pour le cinéma et recherche le film perdu d'un certain Salvatore Ortese, cinéaste hyperréaliste, marginal, proche de Pasolini par le style.

 

Nous suivons leurs destinées sur deux époques en même temps, car les chapitres impairs sont consacrés aux mêmes personnages douze ans plus tard, lorsque lancés dans la vie active, ils vont bientôt se rencontrer à nouveau, dans cette même demeure attrayante et angoissante, que le docteur Duden a transformée en laboratoire, pour s'y livrer à des expériences inquiétantes.

 

Je ne sais trop quoi penser de ce roman. Il se lit avec plaisir, et l'on suit volontiers le devenir des différents personnages : Sarah et Terry sont vraiment intéressants. Les autres m'ont surtout paru des faire-valoir, et Coe n'aurait pas dû se pencher autant sur leur cas.

Certains aspects m'ont irritée notamment le sentimentalisme de Robert, quelque peu outré, surtout dans ces conséquences. Sarah et lui ont affaire à des psychiatres intrusifs, voire complètement dingues, ces caricatures de psy, que l'on rencontre bien souvent dans les romans finissent par m'ennuyer. La critique sociale dans ce roman est moins bien venue que dans ses autres livres. Dans l'ensemble, je ne suis pas très convaincue. Si j'ai tant attendu pour le lire, ne soupçonnais-je pas précisément qu'il me déplairait?

D'ordinaire, si j'ai un roman de Coe en main, je le lis sur-le-champs.

Je mettrais cet opus loin derrière «  Testament à l'anglaise »( qui reste son meilleur), Bienvenue au club, et La Pluie avant qu'elle tombe...

Et voilà le problème, avec la PAL: ce sont des livres que l'on remet à plus tard, parce, dans plusieurs cas, on a senti, sans se le dire, qu'on avait eu tort de les acheter...

 

Cette lecture est commune avec George, je me demande si elle sera moins sévère que moi...

 

 

 

 

 

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 13:21

l-amant-de-Lady-Chatterley.jpgAprès lecture du carnet de la cinéaste Pascale Ferran, dans un vieux numéro des Cahiers du cinéma j’ai eu envie de me replonger dans Lady Chatt, lu à l’adolescence, bien oublié depuis . 


A la Fnac, j’ai opté pour l'édition folio-classique avec une intro du professeur Topia ( André)  qui souhaite expliquer l’intérêt socio-culturel d’un roman qu’il serait injuste de considérer comme une partie de jambes en l’air même fort réussie.

 Il  nous dit entre autre que Lawrence jugeait Jane Austen mesquine et sèche,  et qu’il rêvait de l’Angleterre rurale d’avant l’industrialisation. 


Dans la fusion entre deux être se révèle ce qu’ils ont d’unique, pensait cet idéaliste.


…..

Constance ( Connie) est une fille « libre »: elle va à l'université,  et  son père, un intellectuel, la laisse fréquenter  des jeunes gens à sa guise.  Nous sommes au début du vingtième siècle.


Après une première histoire gentillette avec un musicien, elle rencontre Clifford issu de l’aristocratie rurale, qui n’aime fréquenter que ceux de son groupe, tandis que la citadine Connie, bourgeoisie libérale aisée, jouit d'une grande souplesse de mœurs.


Clifford est dépeint comme un jeune homme désabusé jusqu’au cynisme, trouvant tout «  ridicule » : plusieurs pages sont consacrées au « ridicule » selon Clifford, qui s’enferme dans une nihilisme sommaire. L’amour physique fait également partie des ces activités qu’il trouve grossières, et ne supporte qu’à titre de formalité.


Lorsque ce jeune homme revient de guerre, impuissant et paralytique, Connie est encore jeune et n’a plus rien à vivre d’important avec lui, sauf jouer les infirmières ; ils se déclament du Racine, un auteur, qui, pour Lawrence est conforme aux prédispositions de Clifford, pour qui la jouissance esthétique se trouve dans la pureté et le dépouillement.

Clifford finira par s’inventer des plaisirs de chair avec une Mrs Bolton qui ne le cède en rien à cette Irina Palm qui passa sur les écrans, il ya quelques temps .


Et l’histoire d’amour de Connie avec le garde-chasse ?

Vous l’attendiez ?

C’est un brave homme Mellors, il n’est pas bégueule (vous le saviez déjà ?).

Il se dit de jolies choses sur ce que peuvent éprouver une homme et une femme, dans une relation sexuelle réussie.

 Connie ne savait pas grand chose de ce qu'une relation sexuelle peut provoquer, et  sa découverte du plaisir se fait par étapes, lente mais sûre.

Mais pourquoi faut-il que Mellors qui est apte aux plaisirs charnels soit peu instruit et que Clifford, l’intellectuel, ne soit bon à rien ?

Pourquoi faut-il qu’il déclare sa femme d’une «  race inférieure » parce qu’elle a couché avec un « domestique ».

Qu’est-ce que cette sorte d’intellectuel ?

Tout cela est sous-tendu par une idéologie assez primaire.

L'avis d'Ys qui a trouvé les scènes de sexe ennuyeuses. Je suis assez d'accord!

C'est vrai qu'à présent, on varie davantage les postures et les aventures. Pensez que Connie n'a eu finalement que trois amants ( en comptant son mari et le musicien, j'espère que je n'oublie personne? corrigez-moi au besoin...) , c'est peu pour une jeune femmede trente ans . Ajoutez à cela qu'elle n'a pas essayé l'homosexualité, ni les accessoires érotiques.... !!!
 
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 23:43

Ce roman, l'un des plus réussis de Virginia Woolf, paraît en 1926, entre «  Mrs Dalloway » et «  Orlando » : une période de création féconde mais qui génère chez l'auteur de graves crises de dépression, en particulier lorsque le roman est achevé, paru, et qu'elle ne peut encore se mettre sérieusement au suivant.




La famille Ramsay est en vacances, dans une propriété aux Nlles Hébrides.


L'auteur a pris pour modèle La propriété familiale de St Ives en Cornouailles, lieu de vacances, de la famille de Virginia enfant.


La maison est pleine : Huit enfants (filles et garçons de 6 à 18 ans) Mr Ramsay, prof de littérature à l'université, Mrs Ramsay, ménagère, mère au foyer. Des amis et voisins dont la plus importante est Lily Briscoe , artiste peintre, qui résiste à la tyrannie masculine pour se consacrer à son art.

Elle résiste aussi à la tentation de peindre des sujets à la mode du temps.


Mrs Ramsay est le personnage principal. Qui tient toute la place. Qui est reflétée et digérée par chacun des autres protagonistes. Qui ne vit que d'être irremplaçable. Rien ne doit se faire dans la maison ni au village sans qu'elle n'y joue un rôle central, négatif ou positif. Elle ne perd jamais des yeux un membre de la famille ni un objet de la maison

Le petit James, 6 ans, est couvé par sa mère, déteste M. Ramsay, écrivain présenté comme dominateur, intellectuel.

Le Phare brille tous les soirs, présence inaccessible. La promenade dont il est question dans le titre est toujours remise au lendemain pour des raisons fallacieuses. En fait, on sent que le phare doit rester loin et que la maison ne doit pas être désertée...

  1. Mr Ramsay a un admirateur, Charles Tansley, l'équivalent d'un jeune normalien en France, et William Banks un collègue sans enfant qui le critique d'avoir une si nombreuse famille, mais le jalouse en même temps. Le troisième allié est M. Carmichael, poète. 

Mrs Ramsay doute de son mari. Il aurait déjà écrit tout ce qui était important pour renouveler la philosophie de son temps, et son prestige actuel serait dû à ce passé. Il a écrit un nouveau livre mais il se répète et il le sait. Sa femme doit le réconforter le soir, et lui répéter qu'il est l'un des plus grands esprits de sa génération, tout en lisant à James le « conte du pêcheur ».


En réalité ce que ressent Mr. Ramsay, c'est une impression d'étrangeté, entre l'univers culturel où il vit en pensée, et la retombée subite au milieu de de sa vie de famille, des êtres qui lui sont chers, mais qu'il n'appréhende que de loin. Sa citation préférée est le letmotiv du roman: «  Nous pérîmes chacun tout seul » allusion à un naufrage décrit par Tennyson. La phrase deviendra obsédante dans la dernière partie de l'ouvrage.


La partie I, pendant laquelle nous pénétrons dans la conscience des différents personnages, se déroule pendant une après-midi et une soirée d'été, incluant le repas du soir qui représente un chapitre particulier.


Après ce repas, Mrs Ramsay a réussi à persuader Paul Raylay, un jeune homme qu'elle considère comme un simple d'esprit, d'épouser Minta Doyle, une jeune femme de 24 ans, dont elle craint qu'il ne plaise à son mari.



La partie 2 s'intitule «  Le Temps qui passe ». On relate une période de dix ans, probablement de 1913 à 1923: la grande guerre de 14-18 y est mentionnée, ainsi que la vie de la famille et celle de la maison de vacance : personne n'y vient plus et l'endroit se détériore plus ou moins malgré les soins d'une femme de service, Mrs Mc Nab.

La description de cette maison vide qui attend en vain que ses habitants viennent l'animer est déchirante, surtout dans les détails : la châle vert de Mrs Ramsay autour de la tête de sanglier qui plaisait à James, mais effrayait Cam, est finalement emporté par le vent en plusieurs phases.

Les lectures de jeunesse de Mr Ramsay ( Walter Scott) auxquels il tenait tant moisissent sur les rayonnages.

La vaisselle en porcelaine finit par se briser à cause des tempêtes.... la maison se désincarne, les tempêtes la font grincer et gémir , elle se plaint. Nous apprenons incidemment que les Ramsay ont connu des deuils : Mrs Ramsay est morte «  brusquement » annonce la femme de service, et Prue ( la plus jolie des quatre filles) à peine mariée, a succombé à son premier accouchement.

Andrew, le plus intelligent des quatre garçons, est tué à la guerre, des morts violentes, qui reviennent en écho dans les pensées des personnages restant, dans la troisième partie.


La partie III ,le Phare : Dix ans plus tard, Mr Ramsay n'a rien de plus pressé que de conduire James et Cam au phare, promenade que James désirait tant dix ans plus tôt, et qu'il n'a pas obtenue.

En souvenir de Mrs Ramsay, James et sa soeur, maintenant adolescents, vont pouvoir se rendre au Phare.

Et maintenant, ils s'en fichent mais tant pis!

James hait toujours son père, et imagine souvent lui planter un couteau dans le coeur, mais, durant cette traversée, il ne saura pas résister à un compliment,  lui disant qu'il conduit fort bien le voilier. Ce qui amuse Cam, la jeune soeur...

Cam s'ennuie, et James peste contre son père, qui essaie maladroitement de dialoguer avec eux.


Restée à terre, Lily recommence la toile inchevée dix ans auparavant, de la maison, sa façade, ses haies, le jardin, Mrs Ramsay et James dans un coin( «  le triangle violet ») .

Lily ne vit pas de sa peinture. Sa toile sera « roulée sous un lit ou accrochée dans le grenier »

Cependant son souci est d'équilibrer les masses d'ombre et de lumière. Elle doit représenter l'absence et la présence de Mrs Ramsay dans le trait blanc qu'elle trace au milieu des courbes qui figurent la maison et tendent vers un centre qui est vide : elle sait enfin quoi y mettre...

 


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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 14:05

Sa majesté des mouches... 


Il n'y a pas de fille dans le roman.


Lorsque Jack devient chasseur, il ne ramène le gibier à aucune femme, et aucun père ne le félicite.


Les partisans de la civilisation (Ralph et Piggy) entretiennent le feu de l'espoir, celui qui sert de langage, mais les amis du jeune chasseur Jack, se comportent comme s'ils avaient inventé le feu, et Ralph et Piggy comme s'ils l'avaient volé.


D'ailleurs c'est le feu, qui, en incendiant l'île, finira par donner l'alerte, le feu devenu une parole gigantesque, un appel au secours et une destruction.


Les enfants sont orphelins ; la mère, c'est cette truie dont ils viennent adorer la tête,déjà pourrissante,  et que l'on appelle Lord Of The Flies (il s'agit d'une femelle dans la version française mais en anglais c'est " Lord" ), et qui donne son titre dérisoire au roman.


Simon, le gamin contemplatif et inquiet, se demande si elle vit.

C'est lui aussi qui découvre que la bête effrayante, le fantôme sur la montagne, ce n'est que les restes d'un des pilotes de l'avion, engoncé dans son parachute et qui se ballotte au gré du vent , alors que son parachute est pris dans un arbre.

Ce parachutiste symbolise tout ce qui reste du père...

Simon est le premier des enfants à être éliminé.


Piggy, le second, parce qu'il réfléchit. Il n'a pas de nom, juste un pseudonyme, et ce pseudo évoque fâcheusement l'animal tué.


Ralph pourrait être éliminé parce qu'il sait parler. Son meeting avec le coquillage «  la conque » qui leur sert de micro est digne d'un petit Moïse au Sinaï.


Finalement, je trouve que ce roman qui m'avait frappée il y a très longtemps ( et dont j'avais " récupéré" les personnages pour en faire des histoires de mon cru) a résisté au temps.

Je l'aime encore!


Si je vous disais que j'étais très attachée à ces garçons vous ne me croiriez pas et pourtant...


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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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