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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 10:02

 

  Une génération de trois femmes en Géorgie, de nos jours.


Eka, déjà nonagénaire, pleine d’énergie, qui vit dans la célébration de Staline, pour elle, grand bienfaiteur de l’humanité, honnête et héroïque, incapable des crimes dont on l’a accusé. Marina, sa fille, née à la mort du dictateur, et qui a connu une histoire bien différente. Ada, fille de Marina, étudiante, a  vécu, enfant, la fin du communisme.  Les trois femmes vivent chichement dans un appartement, vendent  périodiquement  leurs biens aux fins de mois difficiles.  Ada ne connaît pas son père, a un flirt médiocre, Marina un ami cher qui l’aide à vivre humainement et économiquement, mais elle s’ennuie avec lui « ne parvient pas à en être amoureuse ». Eka, la vieille dame  vit pour son fils Otar, parti à Paris pour y  tenter sa chance avec son ami Niko. Otar a fait des études de médecine.  La famille parle français depuis longtemps et Ada lit Proust à sa grand-mère, le soir pour l’endormir.

 

Un jour  les plus jeunes des trois femmes reçoivent une mauvaise nouvelle. Otar, malgré son diplôme, n’a trouvé qu’un travail au noir dans la maçonnerie et sa chute d’un échafaudage lui a coûté la vie. Ni Marina ni Ada ne se décident à annoncer à Eka la terrible vérité. Ada écrit des lettres censées venir d’Otar, imite son écriture et lui invente une existence parisienne tout entière sortie de ses rêves ( Otar fréquente le café du Flore, rencontre des artistes et des écrivains…). Les voisins jouent aussi le jeu et Niko venu de France annoncer la nouvelle et rendre les maigres effets de son ami, doit se résigner lui aussi à feindre et emporter le colis que la mère attentionnée « lui » destine.

 

Eka profite de la vie qui lui reste, quoique courbée de rhumatisme : toujours élégante, chemisiers, tailleurs et foulard aux vives couleurs, coiffure impeccable, elle monte dans la Grande Roue, fume des cigarettes,mange des sucreries avec entrain, affiche en toutes circonstances une mine épanouie et une attitude volontaire.

 

Mais Eka, s’ennuie de son fils, qui ne téléphone plus et  profite d’une absence des deux  autres femmes pour prendre trois billets  pour Paris et obtenir des visas. Elle a vendu toute sa bibliothèque française pour payer le voyage. Ada et Marina ne peuvent toujours rien dire, enferrées qu’elles sont dans le mensonge. Installées à l’hôtel, Ada et Marina sortent pour aller au cimetière de Thiais, retrouver la tombe dans un quartier réservé aux indigents. Ignorante de leur destination, Eka se rend à l’adresse où Otar est supposé vivre. Un voisin lui apprend ce qu’elle devrait savoir  «  le toubib ? il est mort depuis plusieurs mois » et lui rend la lettre qu’elle lui avait écrite…

 

Eka retrouve Ada et Marina au café.  Devant le trouble de ses fille et petite fille elle leur apprend tranquillement qu’elle sait tout : « Otar est parti sans laisser d’adresse ; il a dit aux voisins qu’il partait pour l’Amérique, Otar, il est comme ça, j’ai toujours pensé qu’il partirait… » le jeu vicieux  qu’avait adopté la fille et la mère  se retourne contre elles. Plus Otar est introuvable, plus il est magnifié gagne un statut de personnage imaginaire.

 

Toutes trois regagnent l’avion avec un Otar  mort pour toutes les  trois et que chacune devra feindre de croire vivant pour les autres.  Au moment du départ, Ada les quitte pour vivre sa vie à Paris. Elle et sa mère se parlent à travers des vitres épaisses un langage muet.

 

Le film génère une certaine angoisse. Les trois femmes sont malheureuses dans  leur pays : les conditions économiques précaires  y sont patentes à travers de petits faits : Marina prend une douche, et l’eau est brusquement coupée. Ada court longuement après un tramway qui  reste à sa hauteur sans pour autant s’arrêter pour la prendre. A l’hôpital, Marina doit demander une forte somme à son mai pour payer le cardiologue qui s’occupe de sa mère ; lequel est pressé de retourner dans on cabinet poursuivre une partie d’échecs avec son confrère. Ada fait un job de guide dans un musée où elle sert d’interprète ;elle reçoit pour sa journée  5% de ce que l’on a dû payer au cardiologue pour la vieille dame.

 

 

 

Que va devenir Ada à Paris ? Qui peut dire qu’elle aura plus de chance qu’Otar ?

 

 

 

 

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 10:20

Cach---film.jpgCaché (film de Michael Hanecke)

 

 

 

 

 

L’incipit est un plan fixe, insistant, qui montre la maison où vivent les protagonistes.

Une maison individuelle agréable pleine de verdure et parisienne cependant. Vu le titre, on cherche un indice on relève les particularités pour pouvoir ensuite s’en servir lorsque l’énoncé de l’énigme sera formulée.

 

caché 3


 

NNous scrutons avec Georges et sa femme l’image de  leur maison filmée qu’on leur a expédiée par courrier.Les Laurent reçoivent des cassettes vidéo leur montrant la façade de leur maison, envois anonymes, ainsi que des dessins figurant sommairement un enfant qui crache le sang. Ils examinent le dessin : rien ne prouve qu’un enfant l’ait tracé. Ce ne peut être une blague de leur fils de douze ans, ni de ses copains, parce que cela n’a pas  de sens immédiat  et que ces enfants ne peuvent être aussi cruels.

 

 

Georges Laurent ( Daniel Auteuil) est présentateur d’une émission de TV « littéraire », ce type d’émission people, où des invités plus ou moins écrivains commentent leurs « écrits » sous la direction d’un animateur essayant d’amuser en instruisant, selon la formule consacrée. Si Georges a un ennemi, cet individu l’a peut-être repéré dans l’émission, s’est procuré ses coordonnées.

 

 

Le plus souvent, Georges se tient dans son séjour avec sa femme ( Juliette Binoche) et ils dînent sur une table carrée en verre. D’interminables rayonnages bourrés de livres courent du plafond au plancher le cernent et occupent tout l’arrière-plan de l’écran. Les Laurent sont-ils des intellectuels ?

 

 

Intention satirique : l’intellectuel médiatisé qui discute à la télé 

et dont on se demande s’il lui reste du temps pour lire et écrire sérieusement.

 

 

Lui octroyer le visage de Daniel Auteuil qui a l’air anxieux gêné et rongé en permanence par de tristes pensées, c’est donner du poids au personnage.

 cache bicycle

 

Il leur fait raconter une blague, celle du monsieur qu’une vieille dame accoste parce qu’il lui rappelle son chien et la conversation se poursuivant, découvre qu’il est la réincarnation de ce chien. Comme on a intériorisé le titre « caché », on ne rit pas et on se demande  en quoi cette anecdote, la seule du film, nous renseigne-t-elle sur le problème, est-ce une mise en abîme ?

 

Georges reçoit une cassette vidéo qui montre la « maison de son enfance ». Il se précipite chez sa vieille mère ( Annie Girardot) et les souvenirs reviennent.

 

caché 2

Ses parents avaient adopté Magide le fils de leurs ouvriers agricoles algériens devenu orphelin, et Georges s’est arrangé pour se débarrasser de ce frère adoptif racontant à ses parents qu’il crachait le sang, puis lui donnant une hache et lui enjoignant de tuer le vieux coq en prétendant que c’est un ordre de ses parents. « Je l’ai cafté » explique Georges à sa femme, usant là d’un mot qui revient de l’enfance.

 

 

Magide veut se venger pense-t-on. Nouveaux envois de cassettes montrant le couloir d’un HLM et l’invite d’une rencontre à laquelle Georges se soumet, puis d’une deuxième pendant laquelle son ancien frère adoptif se coupe brutalement la gorge avec un rasoir comme l avait tranché le cou du coq (la scène où Magide tue le coq est revécue de façon récurrente par Georges dans un cauchemar).

Caché

 

Trancher le cou du coq peut s’entendre comme « tuer le père » . Et Georges a délégué son geste, l’a confié à son rival, en faisant son complice, sans se douter que voir un tel spectacle et l’avoir commandité était tout aussi troublant que d’agir lui-même.

 

 

Michael Hanecke dit avoir fait un film sur la culpabilité. Ce sentiment c’est Malgide qui l’éprouve le plus et c’est sur lui que vont  retomber les conséquences, puisqu’il va jusqu’à se tuer. Ce suicide est d’abord une mesure auto-punitive : tuer le coq signifie pour Malgide qu’il se retourne contre ceux qu’ils l’avaient accueillis, les parents de Georges, qu’il met symboliquement à mort le père ( ce qui le lie à  Georges ), et politiquement qu’il se rebelle contre le pays où il survivait, la France. Enfin, le jeune garçon n’a pas dû comprendre à l’époque ce qui avait causé la mort de son véritable père, et s’en est senti responsable. Rejeté par Georges, puis par ses parents, il vit depuis toujours en exclu, et rongé le sentiment de la faute. Il se suicide devant Georges moins pour se venger de lui, que pour l’impliquer dans son malheur.

 

C’est la culpabilité des victimes que nous montre Michael Hanecke. Comme les enfants qu’ils sont restés, les uns (algériens) se croient coupables parce qu’ils ont été punis par la répression qui s’est exercée sur eux, et les autres ( les français bourgeois comme Georges) éprouvent un vague remords mais aussi se croient relativement innocents parce que leur naissance les a gratifiés des avantages de la civilisation et de l’argent. Les uns et les autres sont  soumis à une forme de pensée magique.

 

Derrière la culpabilité (faible mais réelle) de Georges et forte et dangereuse de son ex-frère adoptif, se cache aussi le plaisir éprouvé à tuer le vieux coq (gaulois ?) à s’autodétruire, à contempler ces spectacles (Georges est ici le Spectateur) et à imaginer et mettre en scène des actes violents et sanglants (Georges est metteur en scène). En Georges se réunissent le spectateur et le cinéaste et nous sommes invités à une culpabilité partagée avec Hanecke.

 

 

M.Hanecke a le goût pour mettre en scène des mutilations sanglantes (on se souvient des actes automutilant de La Pianiste).

 

L’ultime scène du film, un plan d’ensemble longuement montré comme le premier donne à voir à la sortie de l’école le fils de Georges «  qui se bat avec sa puberté »( c’est son père qui le dit : et avec quoi Georges se bat-il ?).  En tous cas ce jeune garçon semble prendre contact avec le fils de Malgide qui s’est donné la mort. On se demande si ces deux représentants de la génération suivante feront d’aussi tristes boulots que leurs pères.

 

 

Anecdote du chien contée par Podalydès: le chien n’annonce t’il pas le coq ? Le chien s’est fait écraser, et l’invité des Laurent, avec humour, prend la responsabilité d’être la réincarnation du  chien…n’est-ce pas là la version humoristique de l’enfant qui s’identifie au coq ?

 

 

 

M. Hanecke veut-il nous montrer Georges comme un personnage veule et lâche ? Pour moi, Georges n’est pas antipathique. On se reconnaît dans son anxiété, son désarroi, et son espoir d’y échapper à moindres frais. Il prend des cachets pour dormir quelques heures.
 

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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 17:07

 

Je n’ai rien fait de ma soirée caniculaire elle est passée comme ça .


J’ai cherché une vieille vidéo  non encore vue. « La Petite Lili » pouvait convenir. De Claude Miller je me souviens de « La meilleure façon de marcher ». Vers 1975, Un jeune moniteur de colonie de vacances ( Patrick Bouchitey) montait des pièces de théâtre  pour intéresser ses pensionnaires.

 

 

Ici c’est Julien ( Robinson Stévenin) qui veut être cinéaste. La dégaine un peu trop attendue pour le jeune pur et dur. Moue. Mèches rangées derrière les oreilles qui rebiquent. L’œil sombre, allumé. Il me plait mieux que Patick Bouchitey, pourtant.


 

Il a une amie Lili ( Ludivine Sagnier) 


Petite Lili Ludivine Sagnier Lili


 

l’autre jour dans « Huit femmes »d'Ozon, coupe au carré, pantalon et tee-shirt vert pâle, ici longue chevelure et vêtement rouge puis noir décolleté). les deux jeunes batifolent dans les herbes tendres et folles.

 Petite Lili Ludivine et son mec

Robinson Stévenin et Ludivine Sagnier

 

Pendant ce temps, le vieil oncle Simon (Jean-Pierre Marielle) sommeille dans le pré sur un transat  et plusieurs vaches noires et blanches  aux pis gonflés le réveillent. On lui a laissé un mot doux «  Tu avais l’air heureux on t’a laissé dormir ».


petite-Lili.jpg

 

Jean-Pierre Marielle et Julie Depardieu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jeune metteur en scène en herbe  de 1975 se faisait boycotter par un collègue jaloux (Patrick Dewaere). Dans celui-ci, Julien  projette son court métrage noir et blanc dans la grange familiale, et se fait traiter par sa mère, Mado( Nicole Garcia), de « Bergmann de province ».

 

L’ami de celle-ci ( Bernard Giraudeau) cinéaste « arrivé » tient des propos un peu cyniques  sur les essais du  jeune prodige de province, s’arrangeant pour draguer sa petite Lili. 

Liaison malheureuse et sans avenir.Petite Lili Bernard Giraudeau

Bernard Giraudeau et Nicole Garcia

 

En 1975 la petite amie de l’artiste ne faisait l’amour qu’avec lui qu'une seule fois, et ils se dépucelaient. On voyait beaucoup d’herbes folles aussi, mais  presque pas de nu. 

 

En 2003, Julien fait une dépression et finit par se mettre en ménage avec Jeanne Marie ( Julie Depardieu) qui l’aime depuis toujours. Dans le premier film la dépression était plus courte et la partenaire efficace depuis le début. Cinq ans doivent passer pour que Julien soit prêt à monter le film de cette crise en changeant la fin (il se suicide dans son film, pas dans la vie). les acteurs seront les même que ceux de la réalité. Sauf le vieux Simon, interprété par Michel Piccoli.

 

 

Happy end plutôt morose. Personnages tous atteints du mal de vivre. Comme le dit Simon, philosophe du film, s’adressant à Michel Piccoli : Je voulais écrire un livre, être célèbre, avoir ma rue, que tout le monde dise "après la rue Simon, c’est les toilettes ….Je n’ai rien fait de ma vie ; elle est passée comme ça" .

 

 

Questions :

 

 

1) Qui va traire les vaches ?

 

 

2) Sachant que deux des trois  jeunes vedettes de «  La meilleure façon de marcher », Patrick Dewaere et Christine Pascal se sont suicidées dans la vie  dix et vingt ans après le film, que deviendront Robinson Stévenin, Ludivine Sagnier et Julie Depardieu dans dix et vingt ans ?

 

 

3) A ce moment là j’aurais l’âge de Simon (Jean-Pierre Marielle). Dormirai-je dans le pré aux vaches ?

 

 

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16 juillet 2006 7 16 /07 /juillet /2006 14:25
LaDolceVita.jpgLa Dolce vita : relation événementielle (après avoir vu le DVD).
 
Ouverture : Midi : temps clair.
Des femmes en maillot de bain saluent 3 journalistes qui emportent une statue du christ en hélico au-dessus de Rome.
 
Statue Jésus hélico
 
1) Soir : Marcello Rubini, l’un des trois, dîne dans un restaurant où l’on se rince l’œil à voir des danses indiennes lascives avec masques. Il se fait engueuler par un consommateur âgé qui l’accuse de donjuanisme.
 
des Indiens dansent
 
En compagnie de Magdalena ( Anouk Aimée) il se promène dans Rome la nuit « une jungle tiède et tranquille »
Anouk Aimée et Mastro
. Ils emmènent des prostituées quinquagénaires qui font du stop.
 
L’une d’elle les invite prendre un café à su casa. Le sol de son logis est inondé ; on doit marcher sur des planches.
 
Pendant qu’elle fait des préparatifs, le couple se bécote sur le lit dans sa chambre.
Le souteneur arrive et engueule la prostituée.
 
 
2) Matin : Marcello rentre chez lui : Emma, (Yvonne Furnaux) son amie régulière, vient d’avaler des narcotiques. Anxieux, furieux, il  la réprimande violemment,la fait vomir et la conduit à l’hosto.
 
 Emma se sent mal
 
Il téléphone chez Magdalena, pas de réponse.
 
 
3) Le voilà à son travail en compagnie d’une meute de journalistes ( « paparazzi » le mot a été inventé à ce moment-là ) qui viennent accueillir la blonde star américaine, Silvia (Anita Eckberg). Grosse pizza. Questionnaire ultra bête auquel la belle se soumet avec complaisance.
 
Une question de cinéma destinée au spectateur « Croyez-vous que le néo-réalisme est mort ? »
 
4) Emma est remise de sa tentative de suicide avortée ; elle appelle Marcello, jalouse, puis l’invite à rentrer pour manger des raviolis.
 
5) Marcello et Silvia montent dans le clocher de l’église. Corpulente mais rapide  personne ne peut suivre la star, lui excepté. En haut, Silvia perd son chapeau.
 
6) Discothèque ; soir : Marcello lui fait du baratin genre sentimental. Silvia porte une robe noire avec un bustier très décolleté  et une grande abondance de jupons.
Un artiste mime Presley et chante un de ses tubes.
Arrivée de Frankie un ami clown de Silvia.
Elle se montre très bon public.
 
Marcello danse avec Silvia
 
7) plus tard dans la nuit :  Arrivée de Robert qui se présente comme le « promis » de Silvia et, la voyant en galante compagnie,  lui fait une scène.
 
8) Marcello s’enfuit en voiture avec sa conquête. On entend crier une chouette à intervalles réguliers ;  plaisamment, la star imite son cri. Marcello s’arrête pour appeler « Serge » et emprunter son studio. Non, répond Serge, maman est là.
Marcello explique à Silvia qu’ils ne peuvent aller chez lui ; il appelle Magda qui refuse.
 
Silvia trouve un chaton perdu et se le love sur le crâne. Ils marchent dans les rues vides. Silvia dans la fontaine
 
Arrivés à la fontaine Trévi, Silvia se baigne et Marcello la rejoint.
 
  Marcello court après Silvia dans Rome
 
« C’est toi qui a raison, Silvia, dit Marcello, et nous avons tous tort » faisant allusion à son comportement de femme –enfant qui feint l’innocence.
 
  Silvia et son minou
 
9) Aube : Les jets de la fontaine tarissent soudain.
Un livreur en vélo apparaît.
 
10) Marcello et Silvia sont de retour à la discothèque. Robert est endormi dans sa voiture. Des photographes le mitraillent  et le réveillent. Robert gifle Silvia et fout une trempe à Marcello.
 
 
11) Plein jour ; Marcello entre dans une église ; sous les arcades il a rencontré un ami cher : Steiner (Alain Cuny) qui l’a convié. Cet ami feuillette une grammaire de sanskrit. Il lève la tête et interroge Marcello à propos de son livre en préparation. Marcello élude. L’ami se met à l’orgue, joue un morceau de jazz, puis du classique.
 
12Plus tard : Marcello à bord d’une voiture avec un copain et Emma qui lui fourre un œuf dur dans la bouche. Puis une banane.
 
 
13) Marcello arrive en retard à un reportage qu’il doit couvrir : deux enfants ont vu la sainte vierge aux environs de Rome. Ils ont six-huit ans, s’appellent Dario et Maria. Interviewée, la mère reçoit de l’argent. Le père nie le miracle. Sa femme le traite d’alcoolique.
Des gens arrivent en masse accompagnés d’enfants handicapés.
 
14) La nuit est tombée : les enfants courent et  mènent la foule en criant «  Par là par là ! »  Aucun ordre de Rome. Emma suit le cortège ; elle prie la sainte vierge que Marcello redevienne « comme avant »
 
 15) Des projecteurs ont été installés pour mettre en évidence le trajet des enfants ; Marcello monte sur l’un d’eux pour avoir une vue d’ensemble.
 
  Argon
 
Le mot ARGON en grosses lettres rappelle l’installation électrique. Une pluie violente s’abat. Court-circuit sur toutes les lampes.
 
Parapluie soirée vierge
 
un couple âgé prie la vierge
 
 16) Maria et Dario pointent le doigt vers Emma et courent vers elle, criant « la voilà la madone ». La confusion est générale. L’oncle des enfants les récupère.
 
  la fillette désigne la vierge
 
17) Le matin : toujours sur les lieux, Marcello et Emma se querellent devant un photographe.
 
On découvre un mort qu’on enroule sous une couverture.
 Au matin il y un mort
 
  
18) Soirée chez Steiner, l’ami de Marcello. Les invités sont des intellos chrétiens passionnés de sagesse orientale. On cite l’évangile. Des indiennes louent l’amour des « femmes proches de la nature ». Déplorent qu’on ne sache plus faire l’amour ;  la civilisation est responsable.
 
la prétentieuse à la soirée chez Cuny
 
La caméra se déplace vers un Morandi que Steiner commente.
 
Une prêtresse poète âgée dit d’un air inspiré :«  Ne choisis rien » à Marcello ou à Emma. Puis cette dame  lève solennellement son verre empli d’alcool et exhale, avec lenteur une bouffée de son long fume-cigarette.
Steiner enregistre des bruits de la nature. Marcello s’ennuie.
 
19) Les deux enfants Steiner arrivent en chemise de nuit. Steiner dit un poème écrit   par sa fille aînée.
 
famille d'Alain Cuny
 
Musique et chants indiens. Exaltée, Emma dit à Marcello qu’elle veut une famille comme celle-là.
 
trois femmes à la soirée chez Cuny l'amie de Mastro trist
 
20) Il s’éloigne vers le balcon. Steiner l’y rejoint. Il dit à Marcello que lui non plus n’est pas heureux  qu’ils sont tous deux « professionnels chez les amateurs et amateurs chez les professionnels ». Lui propose cependant de le présenter à un éditeur.
Steiner explique que la paix lui fait peur et qu’elle cache un enfer. Il craint l’avenir, les passions.
 
Alain Cuny Soirée
 
Vivre dans l’harmonie totale d’une œuvre d’art. S’aimer idéalement, détaché.
 
 
21) Jour : Marcello au téléphone ; scène de ménage avec  Emma.  Ensuite, il retourne à la table de restaurant en terrasse où il s’attarde,   une machine à écrire  devant lui, décidé à se remettre à son roman. Une jolie serveuse blonde de 13/14ans, nattée, lui parle et demande des conseils pour devenir dactylo ; elle regrette son pays natal. Marcello apprend son prénom, Paola, et  lui dit qu’elle ressemble à un ange.
 
 
Marcello rappelle Emma.
 
22) Marcello  et son père  s’attablent à une terrasse, en ville. Il lui donne une longue lettre de la mère, parle  de son métier avec des louanges forcées. Je connais tout le monde. Le père le questionne sur ses relations avec Emma ; Marcello la  fait passer pour sa femme de ménage.
 
 23) Soir : Le père veut aller en boîte au « chachacha ». Une nuée de photographes les suivent. Là-bas, ils voient des filles avec des masques de lionnes ou tigresses et des maillots léopard en compagnie d’un clown. L’une des danseuses connaît Marcello. C’est  Fanny (Magali Noël) qui vient à leur table.
Numéro de clown triste avec saxo.
Fanny amuse le père de Marcello ; il appelle un soutien-gorge « nid à colombe ». Le vieux monsieur  danse une valse avec Fanny.
 
Le père de Mastro avec la danseuse ( Magali Noël)
 
Marcello raconte que son père était coureur et qu’il n’a rien à lui envier.
 
24) La nuit s’avance et Marcello réussit à décider son père de quitter  le dancing ;   Fanny les invite : à peine arrivés, le papa fait un malaise. Il s’assoit, tourne le dos aux spectateurs et à ses compagnons. Repart en taxi très affecté.
 
vlcsnap-00058
 
25) lendemain  après-midi : Marcello rencontre Nico qui l’emmène dans un château faire la noce.
 
Marcello et NicoMarcello avec deux anciennes maîtresses dont Nico
 
Un jeune homme longiligne à grande mèche et pull trop long qui se présente comme «  le fils cadet » fait les honneurs du propriétaire.
Il présente Marcello à sa mère. Ici on s’ennuie follement promettent-ils.
 
vlcsnap-00061
 
 26) Marcello s’assoit sur une chaise dans une grande pièce. Plus haut , dans une autre pièce, Magdalena qui l’a repéré souffle dans un coquillage qui communique avec le lieu où il est.
 
Anouk Aimée parle dans la vasque
 
Déclaration d’amour, demande en mariage ; Magda, saoule,  se plaint d’être une putain. Un homme la rejoint.
Marcello confirme sur le même registre depuis la pièce inférieure.
 
 
27) Marcello rejoint la troupe des noceurs aux flambeaux qui va se perdre dans un labyrinthe végétal avec des statues.
 
la file des invités se dirige vers la labyrinthe
 
Ils pénètrent dans un souterrain qui mène à une aile abandonnée du château.
Des femmes font tourner une table ; l’une d’elles fait une crise d’hystérie, et en profite pour réclamer le fils du maître de maison : Giulio.
 
 28) Matin : la noce rebrousse chemin ; rencontre de la maîtresse de maison qui va à la messe.
 
la maîtresse de maison parade
 
 
29) Crépuscule : en voiture avec Emma, scène de ménage : Marcello se fait engueuler, son amie lui explique ce qu’est l’amour vrai, façon « foyer pépère et nid douillet » lui reproche de courir les filles. Sort de la bagnole, refuse de remonter. Il la chasse à nouveau lui reprochant son manque d’idéal. Il la gifle,  la sort de la bagnole et démarre.
 
Emma abandonnée sur la route par Marcello
 
Un peu plus tard, il revient la chercher ; elle a pleuré, marché et cueilli des fleurs sur le bas-côté.
Il fait jour.
 
 
30) matinée avancée : Marcello et Emma ont enfin passé la nuit dans le même lit at home et somnolent.
 
Marcello et Emma réconciliés mais le téléphone va sonne
 
Téléphone : il apprend que Steiner a tué ses deux enfants d’un coup de revolver et s’est donné la mort.
 
 
31) Marcello sur les lieux du drame.
 
Marcello apprend la mort de son ami
 
On entend un magnéto. La soirée chez les Steiner était enregistrée.
 
Marcello aperçoit Steiner assis penché avec du sang sur la tempe.
Cadavres des enfants en vêtements de nuit.
 
Alain Cuny suicidé même pas tombé
 
Marcello va sur le balcon.
 
Regarde la ville de jour, paniqué.
 
marcello dans l'ombre
 
32) Partie en courses  la femme de Steiner, qui ignore tout du drame,  arrive à l’arrêt du bus près de la maison. Marcello court vers elle. Hélas les reporters sont là. Ils se précipitent sur la femme qui sourit, amusée : « Vous me prenez pour une star ? » Marcello  peine à les repousser et l’embarque en voiture.
 
 
33) Soir ; nouvelle troupe de noceurs dans un appartement moderne. Très arrosé. Arrivent deux gays.
 
les deux homos déguisés
 
Une femme de 40 ans fait du striptease. Son mari, se fâche. Le proprio Ricardo veut virer tout le monde. Marcello est saoul et casse du matériel en dénigrant les invités, devient cynique, tartine une fille avec des plumes d’oreiller.
 
34) Matin : la troupe sort d’une pinède et s’échoue sur une plage. Un pêcheur a ramené une torpille morte, énorme avec un œil dont Marcello  pense qu’il les regarde.
 
  les yeux du monstre marin
 
35) Vision de Paola la petite serveuse angélique, vêtue de noir qui lui parle et lui fait des signes (sibylle) quelque part loin. Gestes d’adieu de part et d’autres.
 
Paola fait des signesMarcello tente de répondre à Paola
 
Poisson : symbole du christ voir l’ouverture
 
Gros plan sur Paola.
 
dernière image de Paola
Fin.
 
La Dolce vita est un film éblouissant. A travers le quotidien assez banal d'un journaliste "people", fêtard,libertin, mais insatisfait, et
aspirant à produire une oeuvre, Fellini réussit à aborder tous les sujets importants et à les interroger, maniant plusieurs registres, comédie dramatique,comédie, satire, drame...
Les problèmes sentimentaux de Marcello mettent en scène une femme au foyer qui l'attend vainement, une maîtresse aussi libertine que lui, une femme-enfant qui feint l'innocence, tout en paraissant fort naturelle, rien de tout cela n'étant satisfaisant. Chacune de ces femmes joue un rôle  attendu et s'y cramponne.
L'amitié avec Steiner, la soirée avec sa famille, dévoile un monde apparemment plus sérieux et occupé à cultiver de vraies valeurs. Mais à comparer les fêtes alcoolisées clownesques et sexuelles auxquelles participe Marcello et la soirée New Age chez Steiner, on voit bien que l'une comme l'autre ne sont que des mascarades. Le suicide de Steiner ( idéaliste jusqu'au crime) achève de déstabiliser Marcello. Les scènes de satire de la religion sont attendues mais fort réussies.
Le rythme vif alerte endiablé parfois, entraîne le spectateur comme le héros.  les pauses sont toujours source de malaise et font penser à la mort : il y a une pause lorsque le vieux papa se trouve mal, lorsque Steiner est mort, ou lorsqu'il joue mélancoliquement à l'église, lorsque Emma et Marcello se regardent et que Marcello détourne le regard, lorsque Anouk se plaint d'être une putain, lorsque les jets de la fontaine tarrissent et qu'il faut cesser le jeu d'eau, lorsqu'on trouve un mort que la foule a piétiné en suivant les enfants qui ont vu la Madone, lorsque Marcello voit un monstre marin échoué sur le rivage.
La fillette et son désir de devenir dactylo, c'est un monde stable et vrai, mais Marcello ne saisit pas la portée que cela pourrait avoir à son niveau.
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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 19:11
femm057.jpgLe démon de minuit.
Fritz Lang : Le Femme au portrait (The Woman In The Window) film de 1944.

Richard Wanley ( Edward Robinson) est professeur de psychologie criminelle : l’incipit le montre en cours expliquant le rôle de la culpabilité dans l’homicide. Le nom de Freud est écrit au tableau. Est-ce un film didactique ? Cette séquence dure une à deux minutes. Fondu au gris.

On retrouve Richard buvant un verre avec deux amis : Edmond est médecin et Frank inspecteur de police. Ils ont cinquante ans et parlent en plaisantant du »démon de midi » à propos d’un tableau vu dans une vitrine montrant une femme jeune avec un beau décolleté. La nuit est tombée, chacun regagne son logis, Richard sort voir la vitrine et jette un coup d’œil au portrait : ce n’est pas une œuvre d’art mais il le détaille à loisir. Soudain une femme réelle( Joan Bnnett) apparaît, ( hors de la vitrine) la trentaine séduisante, et lui demande du feu. Richard, qui lui trouve un ressemblance (très contestable) avec le portrait s’enhardit : est-elle qui a posé ? Que pense-t-elle de l’image ? C’est, répond-elle, le type d’image qui mérite un sifflement ( « whistle » ) mais vous n’êtes pas homme à le faire.

Défié, Richard se rend chez elle et y prend un verre. L’appartement est cossu douillet et orné d’objets plus ou moins clinquants mais coûteux. Une femme entretenue. Richard voudrait bien que quelque chose se passe mais il ne sait pas y faire. On échange des banalités. Lorsque l’on sonne, elle va ouvrir sans hésiter. Un homme en gabardine, l’air d’un rustre, entre précipitamment et sans manifester la moindre surprise, fonce vers Richard assis sur le canapé et lui demande rudement ce qu’il fait là. Avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche l’adversaire le met à terre et commence à l’étrangler. La jeune femme lui lance une grande paire de ciseaux avec quoi il est contraint de tuer le gêneur. il est décidé que Richard va se débarrasser du corps. Sans rien savoir de la jeune femme ni de l’intrus ( qu’elle a désigné comme « Frank Howard en soulignant que ce nom était sûrement faux) un intrus nous a paru bien peu propre à entretenir cette femme.
Richard part avec dans le coffre le cadavre enroulé dans une couverture, pour l’abandonner dans un bois, processus classique minimal pour se défaire des cadavres. Le chemin est fort long, Richard passe le péage en oubliant de payer se fait arrêter plusieurs fois, songe au mort que l’on aperçoit en de brèves séquences, les yeux ouverts dans le coffre et semblant réfléchir.
Le lendemain : Frank, l’ami flic, commente la disparition de Claude Massard , célèbre homme d’affaire. Richard reconnaît son adversaire ( qui ressemblait fort peu à un homme d’affaires ni par son apparence ni par son comportement). Il ne cesse de se trahir parlant de meurtre avant le flic, montrant sa main blessée par les égratignures des ronces et les barbelés du bois et inventant sur le champ une explication rocambolesque qu’on ne lui a pas demandée. Le corps est rapidement retrouvé et le filet semble se resserrer autour de Richard. Frank plaisante sur les coïncidences mais Richard , terrifié et ne pouvant le cacher ,ne le croit pas dupe.
Un maître chanteur se manifeste comme toujours dans ces cas-là ; le « gorille » de Massard. La jeune femme dont nous savons le nom maintenant ( Alice Reed) le laisse entrer sans méfiance. Comme Richard est son complice, elle prend contact avec lui. Ils décident de se débarrasser du type. Alice doit réussir à l’empoisonner en lui servant un whisky lorsqu’il viendra chercher l’argent, non sans flirter pour donner le change. La manœuvre échoue. Alice rappelle Richard . Sonnerie qui retentit longuement près d’un Richard assis inconscient dans son fauteuil, et que nous avons vu absorber une forte dose du médicament prescrit par son ami médecin. A côté de lui, trônent les portraits d’une femme et de deux enfants ( sans doute les siens) qu’il a regardé plusieurs fois au cours du film, alors qu’il se tenait à cette même place.
Richard se réveille, toujours assis dans son fauteuil ; la sonnerie était celle de la porte d’entrée : ses amis le bousculent, il est en retard pour son cours. En sortant, il sourit en reconnaissant dans l’employé du vestiaire l'aspect qu’il avait attribuée dans son rêve à l’ « amant » d’Alice. Et le groom de l’hôtel qui a servi de modèle pour le maître chanteur.
Richard passe à nouveau devant la vitrine et observe le portrait qu’une étalagiste ( peut-être la femme du rêve) déplace. ( je ne saurais dire ce que l’on vend dans ce magasin). Puis une femme apparaît , apparemment réelle, une blonde qui lui réclame du feu. Richard s’éloigne sans la satisfaire.
On ne devine pas qu’il s’agit d’un rêve même si les invraisemblances sont assez nombreuses. Si l’homme qui fait irruption chez Alice ne colle pas avec l’idée qu’on se fait d’un financier amant d’un femme entretenue, et si son comportement est peu compréhensible (Richard ne flirtait même pas), on imagine une autre identité pour cet homme, on cherche à expliquer pourquoi Alice l’a immédiatement fait rentrer, bref on cherche des explications et l’in fait des hypothèses…
C’est en réalité un film ironique. L’ »inconscient » de Richard a fabriqué un scénario policier exemplaire pour un débutant dans le crime, scénario qui amuse avant même que l’on ne sache qu’il s’agit d’un rêve. Richard est rongé lui-même par la culpabilité sur quoi il disserte à longueur de temps.
On pense au poème de Baudelaire « Le mauvais vitrier » dans « Petits poèmes en prose » : le narrateur s’y plaignait de ne pouvoir fantasmer avec le type de fenêtre qu’il avait devant les yeux.

ll lui aur ait suffi d’arpenter la rue à la recherche d
’une vitrine bien achalandée.
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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 20:36

j'ai horreur de l'amour


1997. Interprètes : Jeanne Balibar Laurent Lucas

 

Un film qui nous montre la société actuelle sans pathos no fioriture inutile, la société vue du côté pathologique, du  mal être, mais lucidement avec efficacité.

Pour commencer le quotidien  d’Annie Simonin (Jeanne Balibar) médecin généraliste, qui se déplce en scooter pour ses visites à domicile. Elle s’efforce d’écouter ses patients, de leur venir en aide. Une vielle dame lu i apprend comment elle a perdu son fils tué par les nazis pendant la guerre, en badcde chez elle ; un vieux monsieur attend la mort de on père très âgé, et qui semble attendre sa fin prochaine avec plus de patience que le fils garde-malade.

Retour à son cabinet, deux patients sont dans la salle d’attente. L’un , Laurent Blondel ( Laurent Lucas)moyennement toxicomane, séropositif, qu’elle tente de convaincre d’aller à l’hôpital y suivre le traitement AZT ; Mi bravade mi angoisse Laurent ne peut s’y résigner. L’autre patient Piotr hypocondriaque, vient régulièrement se plaindre maux imaginaires. Cet après midi-là il a apporté un vaccin contre la grippe, en plein mois d’août. Annie accepte de le vacciner pour le rassurer, et il faut dire aussi que cet homme, qu’elle a déjà rencontré au café, lui plaît physiquement.

Elle est prête pour une relation sexuelle mais Piotr se sauve…

Peu après Laurent se rend à L’Hôpital où les patients semblent attendre depuis l’aube de l’humanité. Il  communique avec les autres séropositifs et finit par se convaincre qu’il peut vivre longtemps de façon « sursitaire ».

Pendant ce temps Annie reçoit un message de Piotr il l’accuse de lui avoir inoculé le virus du sida avec son vaccin, et la menace de mort. Il a su que le patient précédent était séropositif.

Devenu délirant et dangereux, Piotr épie Annie, s’introduit chez ses patients, et chez elle, tente de se pendre, lui bousille scooter, se rend à la consultation du sida.

Très persuasif, il intéresse le professeur spécialiste, et convainc les gendarmes de déposer une plainte contre Annie. Qui n’obtient pas d’aide de la part de ses pairs, que le psychopathe séduit ou terrorise.

Le salut viendra des malades eux-mêmes : le vieux monsieur malade appelle la police, lorsque Piotr entre chez lui, et  Laurent se lance sérieusement à sa poursuite.

Le duel final oppose Piotr et Laurent, le psychopathe renonce à tirer en lançant au jeune homme » vous n’avez pas l’exclusivité du malheur ».

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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 18:29
l-Invraisemblable-v--rit--.jpgL’Invraisemblable vérité (« Beyond The Reasonable Doubt »).
Film de 1956.

Le film s’ouvre sur une exécution capitale : inspection méticuleuse. Un homme vient de perdre la vie sur la chaise électrique.
Spencer, directeur d’un journal y assistait avec Tom Garrett son futur gendre.
Pendant le « spectacle », Spencer fait le procès de la peine de mort : l’assassin est condamné sans preuves réelles par la faute du gouverneur Thompson qui compte servir son hégémonie à l’aide de condamnations plus ou moins abusives.
Spencer et Tom visitent le centre de détention. Nous voyons des prisonniers qui jouent aux échecs à travers les barreaux d’une cellule. L’échiquier est placé à l’extérieur.
Tom Garrett (Dana Andrews) est un auteur de best-sellers. Sa future épouse Susan (Joan Fontaine) est ambitieuse. Victime tragique dans « Lettre à une inconnue » d’Ôphuls, épouse angoissée dans « Soupçons » d’Hitchcock, l’actrice joue ici le rôle d’une femme arriviste sans scrupules. Elle s’inquiète de la stabilité des succès éditoriaux de son amant, espère une réussite plus éclatante, une vraie célébrité. La façon dont ils s’embrassent manque singulièrement de fougue. A ce stade, Tom ressemble à un type sans grande envergure que l’on épouse pour son argent.
Tom reçoit un coup de téléphone privé, et, de retour auprès d ‘elle, décide de repousser la date du mariage.
Spencer apprend un fait divers : une danseuse de cabaret nommée Patti, vient d’être étranglée dans un bar. Il y voit une occasion de démontrer que la condamnation sans preuves réelles est dangereuse et conduit à tuer des innocents. Son plan : livrer à la police un innocent et, le faisant condamner, révéler ensuite, preuves en mains que les juges se sont trompés. Si le plan réussit, on ne condamnera jamais plus sans preuves.
Le journaliste doit trouver un » véritable innocent » innocent pour servir de cobaye. Ce ne peut être que son futur gendre ; Tom accepte immédiatement de jouer le « faux coupable ». Jusqu’ici il ne paraissait pas s’intéresser véritablement à la grande cause que veut servir son beau-père. Maintenant il est prêt à jouer ce jeu dangereux.
Le déroulement de l’enquête : Spencer a fabriqué plusieurs faux indices pour charger Tom : ceux-ci restent vagues mais ils font mouche de suite ; l’assassin est décrit : même s’il ressemble à n’importe qui ce sera tout de suite « quelqu’un ». Recherche d’identification à tout prix. Ensuite Tom, comme prévu, s’accuse du meurtre.
Tom est arrêté. Le procès va commencer.
Spencer fabrique des « preuves d’innocence» : un briquet laissé sur le lieu du crime, un bas dans l’automobile, des photos.
Spencer est tué dans un accident de voiture et ses « preuves » disparaissent avec lui, avant qu’il ait pu les montrer à la cour. L’innocence de Garrett ne peut plus être avérée. Les bonnes intentions de Spencer se sont retournées contre son cobaye.
Susan enquête à son tour avec son amant officieux, membre du District Attorney ; ils découvrent que Patti s’appelait Emma Blooker.
Un ami de Spencer découvre le papier où le récit de la machination est décrit et signé de sa main et le remet à Susan. Tom va être sauvé. Toutefois lorsqu’il en parle avec son épouse il dit « le gouverneur Thompson aurait dû chercher la vrai coupable de la mort d’Emma ». Susan sait le vrai nom de Patti.
Tom s’est trahi pour avoir trop parlé, lui qui n’est pas bavard. Il explique à Susan qu’il avait mise Emma enceinte et s’était vu contraint de l’épouser. Il l’avait abandonnée au Mexique, sans réussir à divorcer. Devenu célèbre, il voit encore revenir cette gênante épouse qui le fait chanter. Il l’a bien tuée.
Susan doit à son père de dire la vérité. D’ailleurs, elle a un autre amoureux. Tom va sur la chaise électrique qui l’attendait depuis le début.
La manigance de Spencer était en dessous de celle de Tom. Ce dernier, se faisant passer pour coupable, avait une chance d’être innocenté. Paradoxe qui fait l’intérêt du film. Qu’est-ce que la culpabilité, qu’est-ce que l’innocence ?
Le spectateur n’éprouve nul regret pour Tom, auteur à succès, sans idées, trop ambitieux. S’il ne servait à démontrer les erreurs de la justice et ne se servait des bonnes intentions de Spencer pour se cacher, il serait inconsistant.
Le coupable a pu se faire passer pour coupable afin d’être reconnu innocent. Il aurait pu réussir : que devenaient alors les généreuses intentions de Spencer ?
Son « nul ne doit être présumé coupable » devient « nul ne doit être présumé innocent. Le gouverneur peut bien être corrompu,la société n’est pas à la hauteur pour l’empêcher de nuire.
Spencer apparaît comme un bon père qui a un mauvais fils, un pauvre type assassin qui ne doit son sort qu’à des critères subjectifs. Pour servir la thèse de Spencer il eût dû être innocent. Pour arranger Susan, qui ne veut plus de lui, il est reconnu coupable. On peut penser qu’inconsciemment Spencer le sait coupable et cherche à l’innocenter.
Nous sommes bien dans un monde où l’on fait sa justice soi-même avant que les lois n’interviennent.
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22 avril 2006 6 22 /04 /avril /2006 14:19
Ziyi Zhang
© Océan Films Galerie complète sur AlloCiné

M.Chow, ( Tony Leung) a aimé autrefois ( dans le film précédent « In The Mood For Love ») une femme mariée Su Li Zhen, à présent disparue de son existence. Il nous relate en voix off son parcours depuis cette aventure malheureuse, cette tranche de vie est plus mouvementée que dans le film précédent. Dans un tripot, il a rencontré une autre femme qui prétend s’appeler aussi Su li-Zhen ; ce beau spectre,tricheuse professionnelle, lui gagne au jeu de quoi se loger. Mais, incorrigible, il veut retourner dans la même chambre, de l’hôtel où il voyait jadis Su li- Zhen. Cependant la chambre n’est plus libre ,il doit prendre la 2047. Pour faire son deuil ,il commence à écrire un roman qui s’intitulera « 2046 » ; on sait que c’est la date prévue pour la fin du statu quo de cinquante ans accordé par Pékin à Honk-Kong depuis l’ abandon de l’ancienne colonie britannique à la Chine ; c’est aussi un train imaginaire dans lequel un jeune homme voyage qui ressemble au narrateur en plus jeune ; c’est l’espace fictif dans quoi M.Chow installe ses créations, personnages et intrigues, délibérément dans le genre de la science fiction, pour lui nouveau territoire à défricher ; c’est un lieu dont on ne revient jamais sauf le narrateur ( et encore…il se contredit à ce sujet) c’est peut-être bien aussi le chiffre de la mort.

Pendant ce temps de la création, M. Chow va avoir de nouvelles liaisons, d’abord avec la nouvelle occupante de la 2046, Bai, une prostituée, liaison mouvementée gaie et triste à la fois puisque la femme s’amourache de lui et qu’il va la repousser ; puis une relation platonique avec la fille du propriétaire qu’il aide à correspondre secrètement avec son amant japonais. Tous deux écrivent un roman de chevalerie, une besogne quelque peu alimentaire mais qui induit une complicité entre ces deux êtres. Cette fois, c’est lui qui tombe amoureux mais la jeune femme approfondit sa relation avec le japonais qu’elle épousera ; c’est alors que Chow imagine la fille du propriétaire sous les traits d’une androïde dans le train fantôme ; et son impossibilité à la toucher.

Le film s’ouvre et se ferme sur le creux d’un tronc d’arbre ; en effet il est répété plusieurs fois dans le film que si l’on a un secret il faut le chuchoter dans le creux d’un tronc et recouvrir de terre. Mais ce creux ressemble aussi à l’ouverture d’un coquillage… de nombreuses répétitions poétiques rythment le récit ; à la fin comme au début, il propose à la mystérieuse joueuse de cartes à la main gantée de noir, de « partir avec lui » chaque fois il tire une mauvaise carte ( un Roi de cœur la première fois, une petite carte la deuxième) tandis qu’elle tire l’as de pique.

Une grande beauté esthétique dans chaque plan. Exemple : Lorsque Chow se met à écrire sur son histoire impossible avec le fille de l’hôtelier, on a un gros plan sur le stylo plume au-dessus de la feuille de papier, qui ressemble à une tête de serpent pourvue d’un œil. Les heures passent et la plume-serpent reste suspendue au-dessus de la page blanche avec des éclairages différents correspondant à divers moments de la journée ; tout cela parait peu de chose mais rend un effet remarquable. Je ne parle pas de la musique du film riche, variée, toujours prenante.

 

 

 

 

 

 

 

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